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Par Le Figaro avec AFP
Le 18 juin 2026 à 17h07
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Le procès a montré que ces deux hommes compilaient diverses informations sur des opposants aux régimes de Hong Kong et de Pékin. Leurs ordres leur parvenaient de Hong Kong et de Chine.
Passer la publicité Passer la publicitéDeux ressortissants britannico-chinois ont été condamnés jeudi 18 juin à huit et dix ans de prison par la justice britannique pour assistance aux services de renseignement chinois et hongkongais, dans une affaire qui a alimenté les tensions entre Londres et Pékin. Chung Biu (Bill) Yuen, condamné à huit ans de détention, et Chi Leung (Peter) Wai, condamné à dix ans, avaient été reconnus coupables début mai d'avoir mené des opérations secrètes de police visant des opposants à Pékin, pour le compte des autorités de Hong Kong, et donc de la Chine, à l'issue d'un procès de plusieurs mois devant la cour criminelle de l'Old Bailey à Londres. Bill Yuen, 66 ans, est un ancien haut gradé de la police de Hong Kong à la retraite qui travaillait au bureau officiel de représentation commerciale du gouvernement de Hong Kong à Londres, tandis que Peter Wai, 41 ans, était un policier de la City de Londres et travaillait également pour les services de contrôle aux frontières du Royaume-Uni.
Leur procès a montré que sur les ordres de Bill Yuen, qui lui-même recevait des instructions de Hong Kong, Peter Wai compilait des renseignements sur diverses cibles, notamment des opposants aux autorités de Hong Kong vivant au Royaume-Uni, et sur des élus britanniques, notamment le député conservateur Iain Duncan Smith, virulent critique de Pékin. Ils avaient été arrêtés en mai 2024 et étaient aussi accusés d'avoir organisé des opérations de surveillance visant des personnes ayant des liens avec Hong Kong.
«Avertissement sévère»
«Wai et Yuen visaient des militants prodémocratie au Royaume-Uni et envoyaient aux autorités de Hong Kong des informations hautement sensibles les concernant, eux et leurs familles», a souligné dans un communiqué Helen Flanagan, chef de la police antiterroriste à Londres, jugeant que leur condamnation doit constituer un «avertissement sévère». Après 2020 et l'adoption par le gouvernement hongkongais d'une loi très répressive sur la sécurité nationale, le Royaume-Uni avait accueilli des dizaines de milliers de ressortissants de Hong Kong parmi lesquels des militants prodémocratie recherchés par les autorités chinoises.
«Nous continuerons à demander des comptes à la Chine et à prendre des mesures contre tout ce qui met en danger la sécurité des personnes dans notre pays. Cela inclut le recours par la police de Hong Kong aux mandats d'arrêt et aux primes, qui encouragent des comportements illégaux sur le sol britannique», a réagi dans un communiqué Angela Eagle, secrétaire d'État chargée de la Sécurité. Un porte-parole du gouvernement de Hong Kong a dénoncé dans une déclaration transmise à l'AFP des «accusations sans fondement» et a estimé que les autorités britanniques avaient «manipulé les procédures judiciaires pour obtenir les condamnations».
Durant le procès, les deux hommes avaient nié les faits qui leur étaient reprochés. Après leur arrestation en mai, le gouvernement conservateur alors au pouvoir avait convoqué l'ambassadeur chinois à Londres, dénonçant des actions «inacceptables». Le gouvernement travailliste de Keir Starmer, qui cherche depuis son arrivée au pouvoir à réchauffer les relations bilatérales avec Pékin, a fait de même début mai, après que les deux hommes ont été reconnus coupables, afin de protester contre «une atteinte à la souveraineté» du Royaume-Uni. De son côté, l'ambassade de Chine au Royaume-Uni avait dénoncé en 2024 des «manœuvres politiques antichinoises».


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