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La législation votée lundi soir par le Parlement israélien constitue « un crime et une dangereuse escalade », a déclaré le ministère des affaires étrangères palestinien.

Le ministre de la sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite), à la Knesset, le Parlement israélien, après le vote à Jérusalem, le 30 mars 2026. Le ministre de la sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite), à la Knesset, le Parlement israélien, après le vote à Jérusalem, le 30 mars 2026.

L’Autorité palestinienne a dénoncé, lundi 30 mars dans la soirée, la loi votée par le Parlement israélien instituant la peine de mort pour « les terroristes », une législation taillée sur mesure pour ne s’appliquer qu’à des Palestiniens.

Cette loi constitue « un crime et une dangereuse escalade dans les politiques de l’occupation [par Israël, qui] n’a aucune souveraineté sur la terre de Palestine », a écrit, sur X, le ministère des affaires étrangères palestinien pour qui cette législation « révèle une fois de plus la nature du système colonial israélien » en cherchant à « légitimer des exécutions extrajudiciaires en leur donnant une apparence légale ».

L’adoption de la loi « reflète la nature sanguinaire de l’occupation [Israël] et son approche fondée sur le meurtre et le terrorisme, et met à nu le caractère mensonger de ses affirmations répétées selon lesquelles elle serait civilisée et attachée aux valeurs humaines », a fustigé le mouvement islamiste palestinien Hamas dans un communiqué.

« Les Etats-Unis respectent le droit souverain d’Israël à fixer ses propres lois et sanctions à l’encontre des personnes reconnues coupables de terrorisme », a affirmé, de son côté, un porte-parole du département d’Etat américain.

Recours en urgence

Le texte a été adopté par le Parlement israélien, lundi soir, en troisième lecture par 62 voix contre 48 (avec une abstention). Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, chef du Likoud (droite), a voté en sa faveur.

Quelques minutes après son adoption à la Knesset, l’Association pour les droits civiques en Israël (ACRI) a annoncé avoir déposé un recours en urgence devant la Cour suprême « demandant l’annulation de la loi », qu’elle qualifie d’« inconstitutionnelle, discriminatoire par nature et, pour les Palestiniens de Cisjordanie, adoptée sans base juridique ». Le Parlement « n’a pas le pouvoir de légiférer pour la Cisjordanie », où Israël « n’exerce aucune souveraineté », fait-elle valoir.

Ram Ben Barak, député de l’opposition et ancien directeur adjoint du Mossad (le service de renseignement extérieur israélien), a exprimé son indignation. « Comprenez-vous, a-t-il demandé, ce que cela signifie qu’il y ait une loi pour les Arabes de Judée-Samarie [Cisjordanie] et une loi différente » pour les citoyens israéliens ? « Cela signifie que le Hamas nous a vaincus. Il nous a vaincus parce que nous avons perdu toutes nos valeurs [et que] nous commençons malheureusement à nous comporter comme eux. Pleins de haine. Et de vengeance », a-t-il scandé devant les députés.

Le principal chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a dénoncé « un coup de pub tordu qui exploite cyniquement la douleur et la colère légitimes des citoyens israéliens afin de mener à bien une manœuvre politique ».

En février, Amnesty International avait exhorté les députés israéliens à rejeter ce texte, estimant qu’il « permettrait aux tribunaux israéliens d’élargir leur recours à la peine de mort avec une application discriminatoire à l’encontre des Palestiniens ». La peine capitale existe en Israël, mais elle n’a été appliquée que deux fois : en 1948, peu après la création de l’Etat, contre un capitaine de l’armée accusé de haute trahison, et en 1962, lorsque le criminel de guerre nazi Adolf Eichmann a été pendu.

Le Monde avec AFP

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