Saviez-vous que la glycine sent la saucisse de Morteau? Reniflez, et vous verrez: la seconde partagerait certaines molécules odorantes avec la première, et notre cerveau associe ces odeurs similaires. C’est souvent, en effet, par de telles analogies que l’on arrive à décrire une senteur: «Depuis que nous tenons sur nos deux jambes, nous avons un petit peu perdu le contact avec notre odorat, qui est probablement le plus animal de nos cinq sens», abonde Anne-Cécile Pouant, directrice de l’Osmothèque.
Niché entre une galerie d’art et un cinéma, à Versailles, le conservatoire international des parfums est une bibliothèque d’odeurs qui abrite des milliers de fragrances. Les mots manquent pour décrire leur exquise évanescence, car aucun vocabulaire particulier n’y est dédié: «A moins d’être helléniste et de connaître les Hespérides, ces filles de Zeus qui habitent un verger d’agrumes, on aura du mal à faire le lien entre une essence hespéridée et celle du citron ou de l’orange», illustre, à dessein, Anne-Cécile Pouant. La raison d’être de l’Osmothèque est donc de vulgariser cet univers abscons et de transmettre ce savoir au grand public.


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