Deux décès en quatre mois, des injections illégales et des produits d'origine douteuse : face à l'essor des "fausses injectrices", les médecins tirent la sonnette d'alarme. Ils réclament au gouvernement des mesures urgentes pour mettre fin à ces pratiques clandestines aux conséquences parfois dramatiques.
Le fléau des fausses injectrices. Face à la multiplication des drames, le Syndicat des médecins libéraux et le Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique interpellent la ministre de la Santé dans une lettre ouverte. Ils exigent des mesures urgentes pour stopper ces pratiques clandestines qui ont déjà coûté la vie à deux femmes en quatre mois.
"Ce n'est jamais un geste anodin"
Lèvres défigurées, nécroses, infections : voilà le bilan dévastateur de celles que l'on nomme les "fake injectors", ou "fausses injectrices" en français. Ces femmes, sans aucune formation médicale, injectent des produits d'origine douteuse achetés en ligne dans des appartements loués à la journée.
Pour Dominique Bellecour, président de l'Union de la médecine esthétique du Syndicat des médecins libéraux, il faut mieux informer les patients de ces dangers. "Il faut leur expliquer qu'une injection de toxine botulique ou d'acide hyaluronique, ce n'est jamais un geste anodin. C'est un acte médical qui exige une connaissance approfondie de l'anatomie, des indications, des contre-indications et surtout de la prise en charge des complications lorsqu'elles surviennent. Ce que les fake injectors ne sont pas capables de faire", précise-t-il.
Mais si ce marché clandestin explose, c'est aussi parce qu'il devient de plus en plus difficile d'avoir recours à la médecine esthétique légalement. Depuis peu, en effet, les pharmacies refusent d'approvisionner les médecins généralistes formés, ce qui pousse les patients à se tourner vers ces faux praticiens. Les médecins fixent donc deux priorités : traquer les réseaux d'importation illégaux et imposer la traçabilité de ces produits pour assécher le marché noir.


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