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L'Australie est connue pour les longs trajets entre ses villes et les routes interminables qui traversent les déserts. Les citoyens, adeptes de la van life, adorent explorer le bush, où les bornes de recharge électriques se font encore rares. Rien, a priori, pour les pousser à se tourner vers l'électrique. Mais la guerre en Iran déclenchée par Donald Trump est venue rebattre les cartes.
Les pénuries de carburant, couplées à la fermeture du détroit d'Ormuz, ont donné un nouvel argument aux défenseurs du tout électrique: la sécurité énergétique. «Ce qui était au départ une question d'écologie et de technologie devient de plus en plus une question de sécurité énergétique», souligne Hussein Dia, professeur de technologies des transports à l'université Swinburne de Melbourne.
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Pendant longtemps, les avantages environnementaux de ces véhicules modernes n'ont convaincu qu'une petite partie des conducteurs australiens, principalement ceux qui étaient déjà préoccupés par le changement climatique. Mais avec l'inflation et les pénuries de carburant, les critères ont changé, rapporte le New York Times.
Record de ventes
En 2020, environ 1.770 voitures électriques ont été vendues en Australie, selon les données de la Chambre fédérale des industries automobiles. À la fin du mois de juillet de cette année, 127.370 véhicules électriques avaient trouvé preneur, un record. En août, les ventes de voitures électriques ont même dépassé celles des modèles à essence pour la première fois, rapporte le gouvernement australien.
Mi-septembre, les prix de l'essence étaient environ 30% plus élevés que l'année dernière. Canberra importe 90% de son carburant, notamment depuis les raffineries asiatiques qui s'approvisionnent en pétrole brut du Moyen-Orient, via le détroit d'Ormuz.
Adrien Camilleri a dû changer de voiture après la naissance de son bébé. Si opter pour un modèle électrique plus écologique le tentait, la flambée des prix du carburant a également pesé dans la balance. «Constater à quel point un événement si lointain [la guerre au Moyen-Orient, ndlr] pouvait avoir un impact aussi spectaculaire et aussi rapide sur les prix au niveau local» a achevé de le convaincre. Dans les prochaines semaines, il partira camper en famille dans les Blue Mountains, à environ quatre-vingt-dix minutes de Sydney. Il emportera un réfrigérateur, qui peut fonctionner grâce à la batterie de son véhicule.
L'Australie a «clairement pris du retard» par rapport à d'autres pays en matière d'adoption des voitures électriques, souligne Aman Gaur, responsable des affaires juridiques au sein de l'Electric Vehicle Council, l'organisme sectoriel du pays. Plusieurs facteurs l'expliquent: absence de mesures incitatives, manque de bornes de recharge et prix élevés de certains modèles.
La situation s'est toutefois améliorée: les stations de recharge se sont multipliées ces dernières années et les constructeurs automobiles, en particulier chinois, ont lancé des modèles plus abordables. «Nous devons faire en sorte que la transition énergétique soit accessible à la grande majorité des Australiens pour qu'elle soit couronnée de succès», précise Aman Gaur. Un enjeu qui dépasse les voitures particulières: Canberra devra également réfléchir à l'électrification du transport routier, notamment des camions, qui comptent parmi les plus gros consommateurs de carburant.





























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