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L’imprévisibilité de la politique commerciale américaine a accru l’incertitude pour les entreprises et pourrait freiner les progrès récents de l’économie canadienne, affirme lundi le gouverneur de la Banque du Canada.
Dans un discours à l’attention du Halifax Partnership, Tiff Macklem indique que les entreprises ont passé la dernière année à s’adapter à la hausse des droits de douane et que la croissance a repris.
Mais c’était avant la dernière escalade de la guerre commerciale avec les États-Unis, à la suite de l’échec des négociations commerciales avec ce pays. Le président a imposé des droits de douane de 50 % sur toute une série de produits canadiens, a décidé d’interdire purement et simplement certaines importations canadiennes et a signé un décret visant à renommer le lac Ontario « lac Amérique ».
« L’imprévisibilité de la politique commerciale américaine a fait augmenter l’incertitude pour tout le monde », indique M. Macklem.
« La dernière escalade pourrait une fois de plus amener les entreprises à retarder leurs décisions d’investissement et d’embauche, ramenant certaines au stade de la réévaluation. »
L’économie canadienne a enregistré une croissance de 3,3 % au deuxième trimestre, soit le rythme de croissance trimestriel le plus rapide depuis le début de l’année 2023.
Les derniers droits de douane imposés par Donald Trump touchent près de 28 milliards de dollars de produits canadiens. M. Macklem indique que si ces nouveaux droits de douane américains restent en vigueur, le taux de croissance de l’économie pourrait être réduit de moitié environ au quatrième trimestre, pour passer sous la barre du 1 %.
M. Macklem prévient que cela ne sera pas facile, mais que l’économie fait preuve de résilience.
« La situation ne va pas disparaître de sitôt, mais les gens font face. Ils trouvent des moyens d’aller de l’avant », souligne-t-il lors d’une conférence de presse à la suite de son discours.
Prix de l’essence en hausse
Ces difficultés commerciales surviennent alors que, selon M. Macklem, la guerre au Moyen-Orient continue de faire grimper les prix du pétrole et de l’essence.
« En juillet, à la publication de notre Rapport sur la politique monétaire, on s’attendait à ce que le conflit s’apaise et à ce que les perturbations de l’approvisionnement se règlent peu à peu. Or, des routes maritimes stratégiques restent perturbées et des raffineries ont été endommagées », détaille M. Macklem.
Il ajoute qu’en l’état actuel des choses, si les cours du pétrole se maintiennent autour de 100 $ US le baril, la banque centrale s’attend à ce que l’inflation augmente légèrement au cours des prochains mois.
Statistique Canada a indiqué que l’inflation s’établissait à 3 % en août, soit le même niveau qu’en juillet, ce qui la place dans la partie supérieure de la fourchette cible de la banque centrale.
La Banque du Canada a maintenu son taux d’intérêt directeur inchangé à 2,25 % au début du mois, mais les marchés financiers ont revu leurs prévisions ces dernières semaines et s’attendent désormais à ce que la banque centrale procède à une hausse des taux d’intérêt plus tôt que prévu.
M. Macklem précise que la banque a jusqu’à présent fait abstraction de l’impact direct de la hausse des prix du pétrole sur l’inflation, mais que le risque que celle-ci devienne plus persistante s’est accru.
« Le vrai problème, c’est que plus l’inflation reste élevée pendant longtemps, plus les prix de l’essence et du diesel restent élevés, moins les entreprises sont en mesure d’absorber ces coûts et plus il y a de risques que ces hausses soient répercutées », détaille-t-il.
« C’est donc un élément que nous surveillons de très près. »


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