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Le réchauffement du climat devrait entraîner les migrations de nombreuses espèces dangereuses, parfois vers des zones plus densément peuplées, selon ce travail de l’OMS. Aucun continent n’est épargné.
Passer la publicité Passer la publicitéChaque année, environ 138.000 personnes décèdent et 400.000 se retrouvent en situation de handicap après une morsure de serpent, selon l’OMS. Problème, le nombre de morsures augmente et devrait encore augmenter dans les prochaines décennies sous l’effet du dérèglement climatique, selon une étude internationale de l’OMS publiée dans PLOS Neglected Tropical Diseases. Les chercheurs ont étudié 508 espèces de serpents venimeux dont la morsure et potentiellement grave pour l’homme et ont très précisément cartographié leur présence sur le globe, au kilomètre carré près.
À partir de ces éléments, l’étude constate que de nombreuses espèces pourraient se rapprocher de l’extinction, comme les vipères heurtantes en Afrique, les serpents corail en Amazonie ou encore les têtes de cuivre en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Australie. Un grand nombre d’espèces pourrait en tout cas migrer vers des villes et des zones plus densément peuplées. En cause, la destruction de leurs habitats naturels - forêts, zones humides, prairies, espaces agricoles intensifs - sous l’effet du réchauffement. Le nombre de morsures sur des humains devrait donc mécaniquement augmenter, avec l’augmentation des zones de cohabitation entre les hommes et ces animaux rampants.
Inde : les morsures causent 60.000 décès par an
Le continent asiatique est le plus affecté. Sur environ 4 millions de personnes mordues chaque année dans le monde, près de 2 millions vivent en Asie du Sud. Sachant que les données sont très incomplètes, puisque beaucoup de morsures se produisent dans des régions pauvres où elles sont peu ou mal recensées. Une chose est sûre, plus la région est pauvre, plus le risque est élevé : dans ces zones, les habitants travaillent parfois pieds nus dans les champs et ne disposent pas de structures de soin adaptées à proximité. À l’inverse, certains pays plus développés, même s’ils comptent beaucoup de serpents dangereux, comptabilisent moins d’accidents. C’est le cas, par exemple, de l’Australie.
En Asie, les scientifiques estiment que certaines espèces de kraits devraient se rapprocher des forêts du Myanmar et de la province chinoise du Yunnan, vers les villes centrales et nordiques densément peuplées de la Chine. Cobras communs et les vipères de Russell devraient aussi migrer vers le nord de l’Inde, plus densément peuplé. Sachant que les morsures sont déjà à l’origine d’environ 60.000 décès par an dans le deuxième pays le plus peuplé du monde. L’Afrique, où vivent plusieurs espèces particulièrement dangereuses, est concernée. Le mamba noir, ou la vipère heurtante par exemple, devraient se rapprocher des régions peuplées par l’homme.
L’Europe et la France concernés
Mais ni l’Europe ni la France ne font exception. La vipère péliade, présente sur le Vieux Continent mais aussi en Amérique du Sud, devrait être amenée à croiser plus souvent des humains. Fort heureusement, sa morsure n’est pas nécessairement mortelle, à condition qu’elle soit prise en charge rapidement. L’étude souligne par ailleurs que certaines populations pourraient être confrontées à des espèces qu’elles ne connaissent pas. En Amérique du Nord par exemple, le mocassin à tête cuivrée pourrait gagner des zones comme l’État de New York, où ils ne vivaient pas auparavant.
Les chercheurs espèrent que les autorités sanitaires se saisiront de ces travaux pour cibler les zones concernées et anticiper les risques, pour l’homme bien sûr, mais aussi pour les serpents. «Nos prédictions peuvent être utilisées pour décider où stocker quel antivenin, comment garantir une capacité adéquate des établissements de santé individuels, comment améliorer l’accessibilité aux soins de santé des communautés éloignées à risque, et où concentrer les efforts de conservation pour les espèces de serpents menacées», ont déclaré les auteurs dans un communiqué.


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