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Les résultats d’une étude sur des poissons pourrait aussi concerner l’espérance de vie humaine !

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Une récente étude étasunienne portant sur les cycles veille-sommeil d’une espèce de poisson a permis de conclure que les individus les plus actifs sont ceux vivant le plus longtemps. Or, les chercheurs n’excluent pas que de tels résultats puissent être également valable chez les humains hyperactifs, ce qui pourrait ouvrir la voie vers de nouvelles recherches sur le vieillissement et de traitements relatifs aux maladies liées à l’âge.

Mieux comprendre l’architecture comportementale du vieillissement

Le killi turquoise (Nothobranchius furzeri) est un petit poisson d’eau douce africain, célèbre notamment pour sa durée de vie très courte (4 à 8 mois). Ainsi, ce dernier apparait souvent dans des études sur le vieillissement, comme celle publiée dans la revue Science le 12 mars 2026 par des experts en bioingenierie, en neurosciences et en génétique de l’Université de Stanford (Etats-Unis). Pas moins de 81 killis turquoises ont fait l’objet d’un suivi – de leur adolescence jusqu’à leur décès – à l’aide de caméras immortalisant leurs mouvements 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et d’une plateforme associant un modèle d’apprentissage automatique et la vision par ordinateur. L’objectif ? Observer et analyser le niveau d’activité des poissons, ainsi que leur temps de sommeil.

Selon les auteurs de l’étude, les poissons les plus actifs et dont les mouvements étaient les plus rapides parmi ceux âgés de 100 jours – environ 30 ans chez les humains – allaient bénéficier d’une espérance de vie plus longue. Toutefois, il est nécessaire de souligner qu’il s’agissait également des individus accumulant le plus de sommeil durant la nuit. En effet, les poissons ayant tendance à effectuer des siestes durant la journée n’avaient pas atteint un âge avancé, soit environ 200 jours.

Et si de tels résultats pouvaient se transposer aux humains ? En règle générale, les prédictions existantes quant à l’espérance de vie humaine se basent sur des facteurs génétiques ou environnementaux, plus faciles à cibler. Toutefois, l’analyse des comportements peut se baser sur des critères un peu plus subjectifs mais aussi, des méthodes moins accessibles. En soi, l’enregistrement continu de la vie adulte des humains pourrait offrir une vision complète de l’architecture comportementale du vieillissement. Toutefois, la complexité et la durée du vieillissement ont jusqu’à présent empêché de telles observations. Néanmoins, ces mêmes observations ont été beaucoup faciles chez les killis turquoises.

longévité poisson humainsCrédit : Deisseroth et al., Science., 2026

Vers des recherches ciblées et de nouvelles thérapies chez les humains ?

« Les auteurs ont constaté que chaque individu suivait une trajectoire de vieillissement distincte, caractérisée par des transitions comportementales abruptes. Ces résultats pourraient permettre de mieux comprendre le processus de vieillissement chez d’autres vertébrés, y compris chez l’humain. », peut-on lire dans l’étude.

Selon les scientifiques, l’architecture du cycle de vie décrite chez les killis turquoises contribue à une meilleure compréhension du vieillissement biologique. Surtout, ces travaux pourraient également ouvrir la voie vers des recherches ciblées, relatives aux mécanismes du vieillissement humain et des maladies liées à l’âge, ainsi qu’à des thérapies potentiellement pertinentes. Or, dans la mesure où se développent depuis quelques années des technologies de suivi en continu des activités (sommeil, activité physique etc.) – par exemple les montres connectées – les chercheurs estiment que de telles recherches devraient bientôt voir le jour.

A terme, il sera peut-être possible de prouver par l’étude de l’activité et du comportement que les personnes hyperactives pourraient bénéficier d’une espérance de vie plus longue. Rappelons au passage que l’hyperactivité est assez souvent liée au trouble déficit de l’attention (TDAH). Or en 2025, les chercheurs d’une étude britannique avaient conclu à une espérance de vie réduite chez les personnes concernées par ce trouble, une baisse de près de sept ans pour les hommes et près de neuf ans pour les femmes.

Yohan D

Rédigé par Yohan D

Vulgarisateur scientifique depuis plus de dix ans, je m’intéresse à la géographie, aux technologies et à l’environnement. J’espère attirer votre attention sur des sujets captivants !

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