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Les deux jeunes hommes sont devenus des figures de la contestation lycéenne. L’un marqué à gauche, proche de LFI, l’autre plus près de Renaissance.

LUDOVIC MARIN / AFP
Ryad Rani, deuxième en partant de la gauche, et Nathanaël Combary, quatrième, sont sortis ensemble du ministère vendredi.
EN BREF • Ryad Rani et Nathanaël Combary sont des figures de la mobilisation lycéenne, avec des affiliations politiques distinctes.
• Le premier, président de l’Union syndicale lycéenne, a été candidat aux municipales sur une liste de gauche et a des connexions avec la France insoumise.
• Le second, à la tête du Renouveau lycéen, a été stagiaire d’une députée Renaissance et travaille aujourd’hui avec un proche de Gabriel Attal.
Vendredi 2 octobre. À la sortie de leur rencontre avec le ministre de l’Éducation nationale, en pleine mobilisation lycéenne, les représentants de plusieurs organisations se retrouvent face à une nuée de micros et de caméras dans la cour du ministère. Rapidement, deux clans se forment. Ryad Rani, le président de l’Union syndicale lycéenne, s’éloigne de quelques mètres de Nathanaël Combary, président du conseil d’administration de Renouveau lycéen. Le signe d’une fracture ?
À l’évidence, les deux jeunes hommes campent sur des positions bien différentes. Le premier, marqué à gauche, est proche de La France insoumise, quand le second semble plus près de Gabriel Attal et de Renaissance. Âgé de 19 ans et tout juste titulaire du bac, Ryad Rani est né à Roubaix, l’une des villes les plus pauvres de France. Au printemps, il a été élu à la tête de l’USL, un syndicat lycéen régulièrement présent en manifestation qui se définit comme « antifasciste, écologiste, féministe et collectiviste ».
S’il assure n’être membre d’aucun parti politique, le jeune homme était invité aux dernières universités d’été de LFI en août, où il a participé à un débat sur « l’autonomie des jeunes » avec le député Louis Boyard.
Mieux : Ryad Rani a fait un stage en 2022 dans l’équipe du député insoumis David Guiraud, aujourd’hui depuis maire de Roubaix. « La belle affaire, démine-t-il auprès de Marianne. J’ai envoyé une candidature spontanée à mon député local pour un stage, j’avais 14 ans ! » S’il se dit « foncièrement, évidemment, de gauche », Ryad Rani était candidat aux dernières élections municipales, en troisième position sur une liste « solidaire et citoyenne » à Wattrelos, où il réside désormais. « Elle rassemblait LFI, le PS, le PCF et Génération.s », tient-il à rappeler.
À l’entendre, la mobilisation n’est récupérée par personne à gauche, et par aucun parti politique de manière générale : « Notre mobilisation, elle est par les lycéens, pour les lycéens », a-t-il assuré sur franceinfo. Sous le feu des projecteurs depuis le début de la mobilisation lycéenne, le leader lycéen est victime de nombreuses injures racistes et de menaces de mort.
Une entreprise proche d’Attal
Quant à Nathanaël Combary, il est lui aussi marqué politiquement, mais plus au centre. Il a notamment effectué un stage comme collaborateur parlementaire à l’Assemblée, auprès de la députée Renaissance Julie Delpech, dans la Sarthe. Sur son profil LinkedIn, le jeune homme indique ne plus être lycéen. Il a rejoint il y a peu une entreprise spécialisée dans la communication, créée par Louis Jublin, le conseiller historique de… Gabriel Attal.
Ce qui ne manque pas d’être relevé, non sans ironie, par plusieurs responsables de gauche. Le coordinateur de LFI Manuel Bompard estime « malhonnête de présenter comme représentant des lycéens une personne qui n’est pas lycéenne, qui travaille dans une boîte de com’ dirigée par un proche de Gabriel Attal et qui a été le stagiaire d’une députée macroniste ». À noter que le numéro 2 de Renouveau lycéen, Axel Larrère, est un soutien actif de Bruno Retailleau : il était présent au Campus de rentrée des jeunes LR début septembre. Suffisant pour situer le syndicat lycéen à droite ou au centre ?
Vendredi, à la fin de la rencontre au ministère de l’Éducation nationale, Nathanaël Combary a dénoncé « les violences urbaines » qui ont selon lui pris le pas sur les blocus lycéens et appelé à « s’en désolidariser complètement ». Pas tout à fait les mots employés par d’autres représentants lycéens…


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