Faut-il désormais qu’un film soit «inspiré de faits réels» pour rencontrer le succès? La profusion récente de films ayant trait à l’Occupation et à la Seconde Guerre mondiale prouve en tout cas que les épisodes les plus marquants de notre histoire fournissent une inépuisable matière à la fiction. En mars dernier, Les Rayons et les Ombres, de Xavier Giannoli, jetait une lumière inédite sur la trajectoire de Jean Luchaire, ce journaliste pacifiste devenu un ardent partisan de la collaboration avec les nazis. En juin, le diptyque La Bataille de Gaulle (L’âge de fer puis J’écris ton nom), réalisé par l’ancien diplomate Antonin Baudry, s’attachait de son côté à décrire l’épopée du général de la débâcle de juin 1940 à la libération de Paris.
En septembre, ce sont pas moins de trois fictions qui ont tenté de raconter, sur les écrans, les soubresauts de la période: dans Les Héros du Louvre (inédit en Suisse), Elie Chouraqui adapte sur grand écran la BD qu’il avait consacrée à l’exfiltration, en 1938, de plusieurs chefs-d’œuvre par son grand-père, veilleur de nuit du musée. De son côté, c’est la figure de son arrière-grand-père que convoque le réalisateur Emmanuel Marre dans Notre salut. S’appuyant sur la correspondance de ce dernier avec son épouse et sur des échanges avec l’historien Marc-Olivier Baruch, il brosse avec finesse le portrait d’un petit fonctionnaire qui voit dans le projet incarné par le maréchal Pétain l’occasion de sa propre ascension professionnelle.


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