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Les moustiques ne piquent pas au hasard : ce que vous buvez en terrasse cet été vous rend 35 % plus attirant qu’un autre

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Une bière à la main, en terrasse ou en festival, et voilà les moustiques qui rappliquent. Ce n’est pas une impression : une étude néerlandaise menée en conditions réelles a mesuré que les buveurs de bière se sont révélés plus attractifs pour les moustiques que ceux qui n’en avaient pas consommé, avec une hausse de risque avoisinant les 35 %Les participants qui avaient bu de la bière se sont révélés 1,35 fois plus attractifs pour les moustiques que ceux qui n’en avaient pas consommé. De quoi jeter un froid sur les afterworks estivaux.

À retenir

  • Une étude réalisée dans les conditions réelles d’un festival démontre scientifiquement ce que chacun soupçonnait
  • La bière serait un aimant chimique invisible, mais pas pour la raison que vous pensez
  • Plusieurs autres comportements festifs augmentent drastiquement votre risque de piqûres, tandis qu’une simple habitude vous protège à 48 %

Sommaire

  1. Un laboratoire improvisé au cœur d’un festival
  2. La bière, un aimant chimique plus qu’un simple hasard
  3. Le vrai coupable n’est pas le groupe sanguin

Un laboratoire improvisé au cœur d’un festival

Pour comprendre pourquoi certaines personnes finissent la soirée couvertes de boutons quand d’autres ressortent indemnes, des chercheurs de l’université Radboud de Nimègue ont eu une idée pour le moins originale. Plutôt que d’enfermer des cobayes dans un laboratoire aseptisé, ils ont préféré conduire une expérience sur des festivaliers assistant au festival de musique Lowlands aux Pays-Bas, sur trois jours, en 2023. Sur place, quatre conteneurs maritimes soudés entre eux ont formé une station de recherche improvisée, au milieu des concerts de Billie Eilish et Underworld.

Le protocole était simple mais redoutablement efficace. Chaque volontaire remplissait un questionnaire sur sa santé générale, son alimentation et son hygiène pendant le festival, avant de glisser le bras dans une cage grillagée. À l’intérieur, des moustiques pouvaient sentir mais pas piquer le bras, avec le choix entre ce bras et un distributeur de sucre. Une caméra filmait ensuite combien de fois les moustiques choisissaient de se poser sur le bras du participant, en croisant ces images avec les réponses au questionnaire. Au total, 465 festivaliers ont participé, en répondant à un questionnaire sur l’hygiène et le comportement pendant l’événement, en soufflant dans un éthylotest, puis en plaçant leur bras gauche contre une cage transparente abritant 20 à 35 moustiques femelles. Un détail amusant : l’espèce utilisée, l’Anopheles stephensi, est justement un vecteur majeur du paludisme dans d’autres régions du monde.

La bière, un aimant chimique plus qu’un simple hasard

Le résultat le plus marquant concerne bien la bière. D’après les chercheurs, la consommation de bière a augmenté de manière significative l’attraction des moustiques, un constat cohérent avec des travaux antérieurs menés sur des échantillons plus restreints et une consommation d’alcool bien plus modeste. Ce qui rend l’affaire intrigante, c’est que ce n’est pas l’ivresse en elle-même qui semble en cause. Les scientifiques ont noté que le taux d’alcoolémie mesuré n’avait pas d’effet observable sur l’attraction des moustiques, ce qui suggère que ce sont des composés liés au métabolisme de la bière, ou son odeur caractéristique, qui jouent le rôle de signal olfactif plutôt que le degré d’intoxication.

Certains chercheurs avancent même une explication plus prosaïque, liée au verre lui-même : un verre de bière ouvert dégage littéralement du CO2 en surface et reste humide, créant un environnement idéal pour qu’un moustique femelle suive ce panache de CO2 jusqu’au verre, se retrouvant ainsi tout près de la personne qui le tient. Une piste qui expliquerait aussi pourquoi le vin ou certains cocktails, moins gazeux, ne produisent pas le même effet.

La composition du microbiote cutané entre également en jeu. Les analyses ont montré que les bactéries du genre Streptococcus présentes sur la peau étaient liées à des scores d’attraction plus élevés, et que les buveurs de bière figuraient parmi les scores les plus hauts. l’alcool ne fait pas que parfumer l’haleine : il modifie discrètement la signature chimique globale que la peau envoie dans l’air, un cocktail de molécules volatiles que les moustiques savent lire à distance.

Le vrai coupable n’est pas le groupe sanguin

L’étude démolit au passage une idée reçue tenace, celle du groupe sanguin protecteur ou au contraire attractif. Les chercheurs n’ont trouvé aucun lien avec le groupe sanguin, l’âge, le genre, le régime alimentaire ou la consommation de café, balayant plusieurs mythes largement répandus dans les conversations estivales. En revanche, d’autres comportements festifs se sont révélés bien plus déterminants que prévu. Les buveurs de bière se sont montrés 44 % plus attractifs que ceux ayant évité l’alcool pendant au moins douze heures, les consommateurs de cannabis 35 % plus attractifs, et les personnes ayant partagé leur lit la nuit précédente 46 % plus attractives. À l’inverse, bonne nouvelle pour les hygiénistes : les festivaliers qui s’étaient douchés et avaient appliqué de la crème solaire étaient 48 % moins attractifs. Le vin, longtemps soupçonné du même effet, n’a finalement pas résisté à l’analyse statistique une fois les autres variables prises en compteLes buveurs de vin attiraient initialement eux aussi davantage de moustiques, mais ce résultat n’a pas atteint la significativité statistique une fois les autres variables ajustées.

Reste que cette expérience, aussi spectaculaire soit-elle, n’a rien d’un verdict définitif. Les auteurs eux-mêmes rappellent que leurs résultats, publiés en prépublication sur bioRxiv, n’ont pas encore été relus par d’autres scientifiques, et que le contexte très particulier d’un festival (chaleur, alcool en quantité, promiscuité, nuits courtes) ne se généralise pas forcément à un simple apéro entre voisins. Il n’empêche : la prochaine fois qu’un moustique s’acharnera sur votre bras alors que votre voisin de table sirote un jus de fruits tranquillement, la bière posée devant vous ne sera peut-être pas totalement étrangère à l’affaire. Douche fraîche et crème solaire, en tout cas, restent la meilleure parade documentée, bien plus fiable que n’importe quelle légende sur le sang sucré ou le groupe sanguin.

Sources : bladi.info | futura-sciences.com

L'équipe Sciencepost

Rédigé par L'équipe Sciencepost

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