Cet article vous est offert

Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous.

Se connecter

Vous n’êtes pas inscrit sur Le Monde ?
Inscrivez-vous gratuitement

Chronique

auteur

Alain Frachon

Chroniqueur au « Monde »

Après deux ans avec un Congrès à la main de Donald Trump, les Américains ont fait le choix, mardi, lors des élections de mi-mandat, d’un retour à la pratique voulue par les Pères fondateurs des Etats-Unis, souligne Alain Frachon, chroniqueur au « Monde ».

Publié aujourd’hui à 14h00 Temps de Lecture 3 min.

Article réservé aux abonnés

Les Pères fondateurs tiennent leur revanche. Les institutions de la démocratie américaine vont fonctionner à nouveau comme ils le souhaitaient. L’exercice du pouvoir présidentiel va être contrôlé par les assemblées parlementaires. La mécanique des poids et contrepoids, ce savant équilibre destiné à empêcher la tyrannie de l’exécutif ou celle des législateurs, se remet en marche. Les élections de mi-mandat, mardi 3 novembre, sonnent la fin du césarisme à la Donald Trump.

Car depuis deux ans, il n’y avait plus de Congrès à Washington. Au Sénat et à la Chambre des représentants, la majorité républicaine s’était couchée devant la Maison Blanche. A d’infimes exceptions près, sénateurs et représentants du parti présidentiel ont abdiqué l’essentiel de leur responsabilité, le cœur de leur mandat : contrôler, et non pas appuyer aveuglément, la Maison Blanche. S’assurer qu’elle agit en conformité avec la loi. Enrayer toute tentative de dérive autoritariste de la présidence.

Mais maraboutés, sinon terrorisés, par un Donald Trump vengeur et maître du financement de leurs campagnes électorales, les élus républicains se sont transformés en un groupe de godillots soumis et serviles. De ce gourou narcissique tenant cour quotidienne dans le bureau Ovale, ils ont tout endossé. Les coûteuses foucades et les violations répétées de la loi et des décisions de justice, le népotisme et l’enrichissement personnel et familial, le rejet des traités signés par le pays et la trahison de ses alliés, le compagnonnage avec Vladimir Poutine et le piratage des prérogatives du Congrès – notamment celle d’imposer des droits de douane… Le roi Donald n’avait de compte à rendre parce que personne dans la majorité parlementaire n’osait le lui en demander.

C’est fini. Dominé, à la Chambre et au Sénat, par une majorité démocrate, le 120e Congrès de l’Union américaine, qui se réunira le 3 janvier 2027, sera celui d’un rééquilibrage institutionnel. Il marque le retour à la pratique voulue par les Pères fondateurs : entre le Congrès et le président, on négocie – on est dans une formule hybride mi-présidentialiste, mi-parlementariste. On sort d’un « campisme » polarisant, on n’exclut pas de légiférer avec des majorités composites bipartisanes.

Il vous reste 61.52% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.