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Au nord de Sfax, les migrants subsahariens sont régulièrement agressés par des bandes qui tentent de capter la manne financière dont ils disposent pour effectuer les traversées vers l’Italie. Fin octobre, deux Gambiens en ont été victimes.
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Lors du démantèlement d’un camp de migrants subsahariens à El-Amra, en périphérie de Sfax (Tunisie), le 24 avril 2025. Une nuée de poussière, les moteurs qui pétaradent et des cris. Il est midi, le 22 octobre, lorsqu’une bande de jeunes Tunisiens, montés sur six motos, fait irruption dans le camp du « kilomètre 19 », près du petit village de Ktetna, à 10 kilomètres au nord de Sfax. Les visages couverts de foulards, ils foncent vers deux jeunes hommes qui tentent de s’enfuir dans les oliveraies. Les coups pleuvent. De cannes d’abord, puis de couteaux. L’une des victimes a le crâne profondément entaillé, l’autre une balafre au bras. Tous les deux sont Gambiens.
« On est habitué à se faire frapper par les Tunisiens ou les autres Africains, mais c’est la première fois que je les vois entrer directement dans le camp pour agresser », témoigne Yao K., un jeune Ivoirien vivant au « kilomètre 19 ». Plusieurs migrants assurent, sous le couvert de l’anonymat, qu’un différend avait opposé les victimes à des Tunisiens connus pour arpenter les camps à moto avec des denrées à vendre. Impossible d’en savoir plus. Mais le constat est unanime : la violence dans les camps augmente, symptôme d’une criminalité qui se répand.
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