NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Des jeunes Népalais qui renversent leur gouvernement sur TikTok aux trolls russes qui exacerbent les tensions lors des élections américaines, la « guerre mémétique » (ou memetic warfare en anglais) transforme nos réseaux sociaux en champs de bataille invisibles.
Derrière l'humour d'un simple mème se déploient désormais de réelles stratégies d'influence visant à déstabiliser, ou au contraire, à défendre les démocraties.

1:52
VIDÉO | Quand le mème devient une arme
Photo : .
Depuis quelques années, certains chercheurs et analystes s’intéressent à leur rôle potentiel dans les dynamiques politiques et informationnelles.
La guerre mémétique, c’est une sous-dimension de ce qu’on appelle les guerres cognitives, où on essaie d’avoir un impact sur la cognition humaine, explique David Morin, professeur à l’Université de Sherbrooke.
Dès 2005, bien avant l'omniprésence des réseaux sociaux actuels, le major des Marines américains Michael Prosser a publié une thèse (nouvelle fenêtre) suggérant la création d'un Centre de guerre des mèmes pour cibler les idéologies ennemies.
Il avance que les États-Unis doivent reconnaître le besoin croissant de disciplines émergentes dans la guerre idéologique en militarisant l'information culturelle, sa transmission et sa reproduction, autrement dit en utilisant les mèmes comme des armes.
Plus tard, le Centre d'excellence de l'OTAN (StratCom (nouvelle fenêtre)) commencera même à étudier sérieusement la militarisation des mèmes, allant jusqu'à définir la guerre mémétique comme une compétition pour les récits, les idées et le contrôle social sur le champ de bataille des médias sociaux .
L’utilisation des mèmes est à la guerre cognitive ce que les drones sont à la guerre classique : des outils souvent peu coûteux qu’on peut lancer en grand nombre.
Dans le concept de guerre cognitive, l’arme, c’est nous, rappelle David Morin. Autrement dit, ce sont souvent les internautes eux-mêmes qui amplifient ces messages en les partageant.
L’ère des mèmes Molotov
Si tout devient un mème, c'est parce que cela correspond parfaitement à notre nouvelle manière de consommer l'information, indique Samuel Tanner, directeur et professeur à l'École de criminologie de l'Université de Montréal.
Il parle de mèmes Molotov.
L'idée, c'est vraiment d'incendier les esprits, ou en tout cas de les faire réagir.
Sur des plateformes qui sont devenues de véritables usines à mèmes, l'information se doit désormais d'être brève et percutante, remplaçant la réflexion longue et nuancée.
La politique découle de la culture, affirme Samuel Tanner. Pour influencer politiquement une démocratie aujourd'hui, il ne faut plus nécessairement passer par les discours politiques traditionnels, mais plutôt utiliser la culture pop, comme les codes d'internet.
Au Népal, les mèmes et la mobilisation en ligne a eu raison d’un gouvernement. L'ampleur d’un mouvement en ligne qui dénonçait la corruption a contraint le gouvernement à bloquer les réseaux sociaux. Des manifestations massives ont finalement mené à la démission du premier ministre K. P. Sharma Oli au lendemain du blocage.

Après la chute du gouvernement, le choix de la nouvelle première ministre par intérim, l'ancienne juge en chef Sushila Karki, s'est même fait via un sondage sur un serveur Discord.
Photo : Tiktok
Aux États-Unis, le mème Pepe the Frog fut détourné par l'extrême droite américaine en mascotte raciste. Cet humour absurde et décentralisé a permis d'introduire des idéologies extrêmes dans le discours politique classique.
On est vraiment dans quelque chose de l'ordre de la fenêtre d'Overton, dit Samuel Tanner. Cette fenêtre définit les idées acceptables dans le débat public et explique comment des idées marginales, comme celles de l'extrême droite, sont progressivement tolérées, assouplissant les normes du débat social et politique.
Dans le contexte des mèmes et de la guerre de l'information, saturer l'espace public d'informations et de blagues peut désensibiliser l'audience. Quand tout devient mème ou blague, la frontière entre humour, opinion politique et propagande peut parfois devenir plus floue.

Pepe the Frog devenu, malgré lui, figure de l'extrême-droite américaine.
Photo : Knowyourmeme.com
L'usine à trolls russeInternet Research Agency avait même exploité les publicités Facebook lors des élections présidentielles américaines de 2016 en ciblant précisément divers groupes et communautés pour exacerber les tensions sociales.
De quoi s'inquiéter?
Faut-il pour autant céder à la panique? David Morin nuance : On n’a pas tant d’études que ça qui démontrent un lien de causalité entre l’exposition à des mèmes et des changements de comportement.
C’est assurément un phénomène qui mérite qu’on s’y intéresse… parce que ça fait partie de la culture populaire et parce que quand des gouvernements ou des groupes radicaux s’en emparent, ça amplifie leur capacité à rejoindre les gens, dit-il.
Face à ce constat, Samuel Tanner refuse le fatalisme et la vision dystopique selon laquelle nous serions des victimes passives totalement dominées par les algorithmes. Il met en garde contre le réflexe conspirationniste que chaque mème cache une manipulation d'État. Les mèmes ont aussi une grande valeur culturelle et servent permet de relativiser des situations qui semblent parfois hors de notre contrôle.
Je pense que c'est important aussi de que que de de comprendre que l'usager a un rôle en fait à jouer dans la manière dont il consomme la chose.
Pour éviter que notre cerveau ne s'épuise et ne perde sa capacité à distinguer le vrai du faux, il préconise l'hygiène numérique : il faut trianguler ses sources afin de remettre la réalité en perspective.


3 month_ago
47



























.jpg)






French (CA)