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Les infirmières et infirmiers de la Colombie-Britannique ont intensifié leurs moyens de pression, mardi, en érigeant un piquet de grève devant l’Hôpital général de Vancouver.
Sur place, le soutien du public est palpable. Les slogans de solidarité scandés par les centaines de travailleurs de la santé sont accompagnés par la symphonie quasi constante des klaxons des véhicules qui circulent sur la route.
Au vu de la réaction des gens, je pense qu'ils comprennent que nous sommes arrivés à un point de rupture, estime Adriane Gear, présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers de la province.
Le syndicat qui représente plus de 60 000 infirmières et infirmiers en Colombie-Britannique a entamé des moyens de pression le 2 juillet. Depuis, ils refusent de faire des heures supplémentaires non autorisées et d'effectuer des tâches ne relevant pas des soins infirmiers, comme réapprovisionner les stocks, vider des poubelles ou encore répondre au téléphone.
À ces mesures s’ajoute, ce mardi, le piquetage.

Des centaines de membres du Syndicat des infirmières et infirmiers de la Colombie-Britannique se sont rassemblés, mardi, avec des représentants de plusieurs autres groupes, dont le Syndicat des employés hospitaliers et le Syndicat des employés généraux de la province.
Photo : Radio-Canada / Jennifer Magher
Une première en plus de 30 ans
Nous n'avons pas fait cela depuis 1989, précise Adriane Gear à propos du piquet de grève. Ce n'est pas le genre de chose que nous envisagerions ni sur laquelle nous prendrions une décision précipitée. Nous n'avons vraiment pas le choix.
En mai, les infirmières ont voté à 98,2 % en faveur d’une grève. Un accord provisoire a ensuite été conclu entre les employeurs du secteur de la santé et le syndicat. En juin, l’entente a toutefois été rejetée par les deux tiers des membres.
Le Syndicat estime que l’accord n’a pas su répondre aux priorités des infirmières, notamment en ce qui concerne les augmentations salariales, la sécurité au travail et ce qu’elles qualifient de pénurie chronique de personnel infirmier dans la province.
Le syndicat affirme qu’il y a entre 4500 et 6000 postes d’infirmières vacants à l'échelle de la Colombie-Britannique.

Le syndicat demande entre autres des augmentations de salaire, mais aussi une meilleure rétention du personnel, une amélioration de la sécurité au travail et des solutions à la pénurie de personnel infirmier.
Photo : Radio-Canada / Jennifer Magher
Menaces
Ce que les membres ont commencé à signaler avec une intensité extrême, c’est qu’ils étaient menacés par l’employeur et que celui-ci ignorait purement et simplement le fait qu’il s’agit en réalité d’une action syndicale légale, raconte Adriane Gear.
Depuis le début des moyens de pression, le syndicat dit avoir reçu plus de 1400 signalements d’infirmières qui décrivent des tentatives d’intimidation de la part des employeurs du secteur de la santé.

Adriane Gear, la présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers de la Colombie-Britannique, ajoute que « le volume et la régularité des signalements de menaces [...] sont extrêmement préoccupants et témoignent d’un mépris inquiétant pour le processus de négociation collective ».
Photo : Radio-Canada / Jennifer Magher
Pour cette raison, nous intensifions nos moyens de pression.
À partir de jeudi, les piquets de grève seront étendus à l’Hôpital Surrey Memorial et au centre de chirurgie Jim Pattison, lui aussi situé à Surrey.
Reprise des négociations
La partie patronale, l’Association des employeurs de la santé de la province, et le syndicat ont repris les négociations lundi soir, alors que les moyens de pression se poursuivent.
Le dialogue s’est déroulé dans le plus grand respect, a précisé Adriane Gear. Mais [les employeurs de la santé] ont clairement indiqué qu’ils ne pouvaient rien faire qui sorte du cadre du mandat gouvernemental relatif aux négociations dans le secteur public. Nous n’avançons donc pas.
De son côté, le ministère de la Santé de la Colombie-Britannique n’a pas commenté les allégations de tentatives d’intimidation. La ministre Josie Osborne affirme que c’est à la table des négociations que sont conclus les meilleurs accords.
Le ministère précise aussi que la population continuera de bénéficier des soins de santé essentiels.


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