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Les hôpitaux de London veulent lutter contre l’épuisement professionnel des médecins

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Une étude publiée lundi dans le Journal de l’Association médicale canadienne révèle que les médecins urgentistes font face à des niveaux élevés d’épuisement professionnel. Les hôpitaux de London s’efforcent d’y remédier, mais d’autres estiment qu’un changement systémique est nécessaire.

Selon le rapport, un médecin urgentiste canadien sur 10 abandonne sa spécialité en raison de l'épuisement professionnel. Plusieurs autres choisissent également de réduire leurs heures de travail afin de préserver leur santé.

Ces conclusions ne surprennent pas Peter Bergmanis, coprésident de la section de London de la Coalition ontarienne pour la santé et aide-soignant à la retraite. Il décrit le quotidien des travailleurs des urgences à London comme un véritable cercle de douleur et d'agonie.

Des urgences sous pression constante

Salon M. Bergmanis, les soignants ne peuvent jamais profiter d’un moment de répit, une réalité qui risque, à la longue, de les rendre insensibles à la détresse des autres.

Le Dr Adam Dukelow, vice-président chargé des affaires médicales et universitaires chez St Joseph's Healthcare et au London Health Sciences Centre (LHSC), déclare que les deux hôpitaux de London font tout leur possible pour s’attaquer au problème de manière proactive.

Selon lui, les travailleurs des urgences subissent les conséquences de plusieurs problèmes bien connus : pénurie de personnel, manque de lits en soins de longue durée et vieillissement rapide de la population.

Malheureusement, les conditions sont souvent loin d’être idéales : il n’y a pas assez d’espace ni assez de personnel pour prodiguer les soins comme on le souhaiterait [...] et cela peut causer un préjudice moral à tous les types de prestataires de soins de santé.

Pour mieux soutenir les médecins, les deux établissements ont récemment créé un poste de responsable du bien-être des médecins. Cette personne veille notamment à orienter les membres du personnel vers les ressources disponibles et à développer des stratégies visant à prévenir l'épuisement professionnel avant qu'il ne s'installe.

C’est un défi commun que nous nous efforçons de relever, et cela me rend optimiste quant à notre capacité à améliorer la situation actuelle. Mais je reste réaliste, car les exigences de notre système de santé continueront de croître à mesure que notre population vieillit, déclare le médecin.

Des réformes du système jugées indispensables

Les initiatives en matière de bien-être des médecins font partie de la solution, selon la Dre Rebecca Hicks, présidente de l’Association médicale de l’Ontario. Toutefois, des changements à un niveau plus élevé sont également nécessaires, ajoute-t-elle.

Ce dont nous avons vraiment besoin, c’est de pouvoir modifier la façon dont les patients sont admis et dont ils sont pris en charge au service des urgences afin d’en faire un milieu plus viable.

Pour la Dre Hicks, les programmes de mieux-être ne peuvent à eux seuls régler le problème. Il existe de véritables mesures systémiques que nous pourrions mettre en œuvre pour apaiser les tensions et simplifier les choses, affirme-t-elle.

Portrait de la Dre Rebecca Hicks.

Selon la Dre Rebecca Hicks, présidente de l’Association médicale de l’Ontario, le problème étant systémique, la résilience ne suffira pas à préserver la santé et l’intégrité des soignants.

Photo : Avec l'autorisation de l’Association médicale de l’Ontario

Dans l'immédiat, la Dre Hicks estime qu'il faut continuer d'investir dans le bien-être des médecins, offrir des horaires de travail mieux adaptés et assurer un accès aux ressources de soutien. À plus long terme, elle juge toutefois indispensable de travailler avec le gouvernement afin d'apporter des changements structurels qui rendront le système de santé plus durable.

On récolte ce qu’on a semé

La situation des salles d’urgence dévoilée dans le rapport est le reflet de problèmes qui couvent depuis des décennies, déclare M. Bergmanis.

Avec toutes les restructurations qui ont eu lieu à l’échelle de la ville, et toutes les mesures de soutien et les ressources financières qui ont été perdues au fil des décennies, on récolte ce qu’on a semé, ajoute-t-il.

M. Bergmanis souligne que la réduction importante du nombre de lits disponibles dans les hôpitaux de London depuis le début de sa carrière dans les années 1980, le manque de personnel, et la fermeture d’établissements de santé comme l’Hôpital psychiatrique de London, sont des facteurs contributifs.

À ses yeux, la première étape consiste à réaliser une véritable évaluation des besoins en lits hospitaliers, un exercice qui n'a selon lui pas été mené depuis des décennies.

Tant que nous n’aurons pas enfin cerné le nombre de lits dont nous avons réellement besoin, et que nous ne commencerons pas à en construire et à augmenter ce nombre, nous ne pourrons rien faire pour régler notre problème aux urgences, conclut l’aide-soignant à la retraite.

Avec les informations de Jack Sutton de CBC

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