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Les hauts et les bas d’une première campagne sous la loupe des candidats

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Lorsque le coup de sifflet final de la joute électorale se fera entendre ce lundi, l'heure sera aux célébrations pour certains, tandis que les efforts de beaucoup d'autres auront été en vain. Néanmoins, ces 39 jours éreintants de rencontres, de discussions et de partisannerie laisseront une trace indélébile dans la mémoire des candidats. Rencontre avec cinq d'entre eux qui en étaient à leurs premiers pas en politique active lors de cette campagne.

Climat social tendu

C'est à son local électoral de la rue de la Couronne que nous retrouvons Farnell Morisset, du Parti libéral du Québec (PLQ). Candidat dans la circonscription convoitée de Taschereau, il se dit heureux de la campagne « positive » et « à son image » qu'il juge avoir menée.

Toutefois, un goût amer imprègne rapidement la discussion lorsque l'ex-influenceur s'ouvre sur les moments plus difficiles qui ont teinté son baptême en politique active.

Tous les matins je me réveille et puis, [lors d’]une bonne journée, j'ai juste quelques douzaines de messages hostiles ou hargneux sur les médias sociaux, sur mon téléphone.

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Farnell Morisset, candidat du Parti libéral du Québec dans Taschereau. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Ça a un impact, pas juste sur moi, sur ma famille, sur mes êtres chers aussi. Tous les candidats, tous les politiciens passent par là, soutient-il.

Au-delà de son expérience personnelle, Farnell Morisset estime que la société québécoise gagnerait à avoir une « vraie discussion » à propos des conséquences de la haine en ligne sur la démocratie.

Il affirme tout de même avoir repris, somme toute, « énormément foi en l'humanité » grâce à son engagement. Les gens sont tellement plus humains en personne et on le réalise seulement quand on va sur le terrain pour les rencontrer. Ça fait du bien, constate-t-il.

Après le micro, les projecteurs

Je suis obligé de dire que tout a été pas mal pour le mieux. C'est ainsi que Dominique Dumas, après une courte réflexion, qualifie d'entrée de jeu sa campagne électorale.

Malgré certaines de ses publications controversées et injurieuses sur les réseaux sociaux qui ont refait surface au cours des dernières semaines, le candidat du Parti conservateur du Québec (PCQ) dans la circonscription de Chutes-de-la-Chaudière indique être parvenu à bien gérer les critiques.

Je m'y attendais, j'ai fait 20 ans de radio, rappelle l'ancien animateur. C'est impossible qu'à un moment donné, tu n'aies pas déplu à quelqu'un.

Dominique Dumas, candidat du Parti conservateur du Québec dans la circonscription de Chutes-de-la-Chaudière

Dominique Dumas, candidat du Parti conservateur du Québec dans la circonscription de Chutes-de-la-Chaudière.

Photo : Radio-Canada / William Gagnon

En revanche, certains commentaires du public et des médias ont affecté sa conjointe, en plus de provoquer de la frustration chez certains de ses partisans. J'essayais de calmer un petit peu tout le monde, raconte Dominique Dumas.

Déjà une figure médiatique connue du public de CHOI Radio X, il admet avoir dû s'adapter à un niveau de notoriété d'une toute autre ampleur que ce qu'il avait vécu jusque-là. Le porte-à-porte, les pancartes électorales, mais aussi son activité sur le réseau social TikTok, y ont entre autres contribué.

Des jeunes de 12, 13, 14, 15 ans qui viennent me voir, qui veulent prendre un selfie avec moi. La dernière fois que je suis allé faire l'épicerie, ça m'est arrivé trois fois, illustre-t-il, toujours incrédule.

Le soutien d'une équipe

Tout comme Dominique Dumas, Stéphanie Martin était issue du monde des médias lorsqu'elle a décidé de faire le saut en politique sous les couleurs du Parti québécois (PQ).

Désormais tout près de la ligne d'arrivée de la campagne, la candidate dans Vanier–Les Rivières affirme avoir réalisé que son passé de journaliste l'avait adéquatement préparée au travail de terrain d'un candidat.

L'ampleur de la mobilisation des bénévoles s'est aussi révélée sa plus grande surprise de la campagne. Cette énergie là est très, très précieuse, assure-t-elle.

Stéphanie Martin, candidate du Parti québécois dans la circonscription de Vanier–Les Rivières.

Stéphanie Martin, candidate du Parti québécois dans la circonscription de Vanier–Les Rivières.

Photo : Radio-Canada / Flavie Sauvageau

Pour parvenir à soutenir le rythme électoral, Stéphanie Martin ajoute justement avoir pris soin de bien dormir, de continuer de faire du sport, de bien [s]'alimenter et de [s]e reposer quand c'est le bon moment.

Comblée par l'expérience, elle ajoute que ce sont les rencontres humaines et les leçons personnelles qui resteront gravées dans sa mémoire.

Je n'en tire que du positif. Que je gagne ou que je perde, je vais avoir gagné.

À la découverte de l'humain

Ce portrait brossé par la candidate du PQ résonne également dans le discours de Françoise Faverjon-Fortin, sa rivale de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Vanier–Les Rivières, pour qui « le contact avec les citoyens » et « l'importance des bénévoles » ont été les meilleures découvertes.

Le côté humain, pour moi, a été vraiment formidable, confie-t-elle.

Portrait de Françoise Faverjon-Fortin, candidate de la CAQ dans Vanier-Les Rivières.

Françoise Faverjon-Fortin, candidate de la CAQ dans Vanier–Les Rivières.

Photo : Radio-Canada / Flavie Sauvageau

Contrairement à plusieurs autres candidats, Françoise Faverjon-Fortin explique s'être elle-même épargnée du climat tendu des réseaux sociaux pendant la joute électorale. On n'a pas nécessairement beaucoup de temps pour regarder tous les commentaires. J'ai ciblé plus sur la communication d'un message positif et puis je me suis pas attardée aux autres commentaires, souligne-t-elle.

La candidate caquiste réserve par ailleurs son constat de la campagne à la « surmédiatisation ». Comme société, c'est peut-être quelque chose à laquelle on veut réfléchir : comment on fonctionne en campagne pour quand même garder le message de fond et les priorités, que ça ne soit pas juste des clips?

« Un marathon avec l'allure d'un sprint »

Pour Sonia Tchuembou, c'est avant tout une grande « fierté » de représenter Québec solidaire dans Jean-Talon, sous le regard admiratif de ses enfants.

Issue du milieu communautaire, la candidate explique s'être engagé en politique par désir « d'avoir de l'impact » et les dernières semaines n'ont que confirmé son intuition.

Je pense que quand on se couche le soir en ayant le sentiment d'être en train de réaliser en fait ce en quoi on croit, on dort mieux, même si on est fatigué, raisonne-t-elle.

Portrait de Sonia Tchuembou, candidate de Québec solidaire dans la circonscription de Jean-Talon.

Sonia Tchuembou, candidate de Québec solidaire dans la circonscription de Jean-Talon.

Photo : Radio-Canada / Flavie Sauvageau

Bien qu'elle avait été mise en garde sur l'ampleur du défi, Sonia Tchuembou avoue avoir été surprise par le rythme effrené de la campagne.

Je me suis rendu compte que c'est un marathon avec l'allure d'un sprint, donc c'est très rapide, très saccadé, résume-t-elle.

Quant aux moments plus difficiles, la candidate pointe vers la disparition de certaines de ses pancartes. En tant qu'immigrante, j'ai le sentiment que c'est encore une tentative de m’invisibiliser en tant qu'être humain. C'est sûr que ça vient me chercher.

Avec des informations de Flavie Sauvageau et de Louis-Simon Lapointe

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