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Une histoire d’amitié entre deux femmes malmenées par la vie, un thriller intime porté par Lionel Erdogan, une comédie rurale en Bretagne signé par deux jeunes réalisateurs... La sélection cinéma du Figaro.
Passer la publicité Passer la publicitéSoudain - On peut voir
Drame de Ryūsuke Hamaguchi - 3 h 15
Elles s’appellent Marie-Lou et Mari, et leur amitié va aller crescendo sur une très courte période. La première est directrice d’un Ehpad proche de Paris, la seconde est une metteuse en scène japonaise venue présenter sa dernière pièce dans la capitale française. Elles se rencontrent au théâtre, le courant passe. Chacune trouve en l’autre une oreille et une épaule. Il faut dire que les problèmes ne les épargnent pas. Marie-Lou tente de mettre en place à marche forcée les préceptes de l’Humanitude au sein de son établissement. Entre une direction financière regardante, des collègues sceptiques et des résidents dépendants, elle est proche du burn-out. L’apparition de Mari dans sa vie agit comme un révélateur. La Japonaise lui apprend qu’elle est atteinte d’un cancer incurable sans se départir de son sourire et d’une forme de douceur qui perce la carapace de sa nouvelle amie.
La justesse des deux actrices a été récompensée par un prix d’interprétation commun lors du dernier Festival de Cannes. Chacune dans son rôle, elles ne déparent jamais même lorsque Virginie Efira s’exprime en japonais. Mais leur implication et leur constance ne parviennent pas à gommer le côté brouillon du film et à éviter que son propos ne se dilue dans une forme de béatitude New Age. F. D.
La note du Figaro : 2,5/4
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Une affaire turque – On peut voir
Thriller de Hüseyin Aydin Gürsoy - 1 h 32
Mathieu s’est éloigné de sa communauté turque pour grimper l’échelle sociale. Avocat déterminé, il a francisé son prénom et travaille dur pour devenir associé dans un influent cabinet d’affaires parisien. Lorsqu’un jeune chauffeur Uber turc, molesté par son passager, lui demande son aide, Mathieu accepte à contrecœur pour faire plaisir à sa sœur. Il ne se doute pas que cette affaire est bien plus délicate qu’il n’apparaît et pourrait le faire dévier de son ascension sans faute. Pragmatisme et valeurs ne font pas bon ménage dans ce thriller intime qui met un homme face à ses non-dits et le ramène à une identité qu’il avait refoulée. Intéressante étude de la violence et de son internalisation, ce jeu de miroirs est moins convaincant dans sa dimension politique. Mais Une affaire turque remet au premier plan un brillant interprète : Lionel Erdogan. « Le comportement de Mathieu, ses difficultés à communiquer avec ses parents font écho à mon enfance et à l’éducation pudique que j’ai reçue. J’ai voulu trouver des choses avec les regards, de faire exister ces silences plus que certains mots », confiait au Figaro le comédien, découvert dans la série Engrenages. En patron et mentor lucide et cynique du héros, Charles Berling apporte à leurs scènes une intensité dangereuse. C. J.
La note du Figaro : 2/4
Un grand raccourci – On peut voir
Comédie de Clément Devilliers et Armand Foëx - 1 h 21
Le film rural a le vent en poupe. Après Vingt Dieux, Chien de la casse et La Pampa pour la fiction, Un été à la ferme et Gabin pour le documentaire, voici Un grand raccourci. Ici pas de ferme, mais un restaurant familial dans le centre de la Bretagne de moins en moins fréquenté. Son propriétaire (Olivier Rabourdin) est fatigué, même s’il est aidé par son neveu Grégoire (François Le Bris). Son fils Corentin (Jules Porier), lui, voit dans la dératisation une bonne façon de gagner de l’argent. Les deux cousins vont user de procédés pas très honnêtes pour lancer ce business. En parallèle, le film de Clément Devilliers et Armand Foëx, deux jeunes réalisateurs débrouillards de 22 ans, suit le parcours de deux jeunes filles qui trafiquent un concours de miss local pour vendre leurs bijoux.
Si l’histoire tissée autour des garçons patine très vite, celle des filles est mieux développée. Mais très vite, il apparaît que le scénario aurait gagné à se focaliser sur un seul duo. L’ensemble donne la sensation d’une apposition de saynètes pour lesquelles les réalisateurs ont pensé une punchline à chaque fois. Mais ceux qui se rêvent en Toledano et Nakache devront mieux ciseler leur humour la prochaine fois. La graine de cinéastes est là, reste à la faire germer. F. V.
La note du Figaro : 2/4
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