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Comme un goût de victoire… prématurée. L'assassinat de l'ayatollah Khamenei au premier jour des attaques aériennes américaines et israéliennes contre l'Iran doit très probablement avoir grisé les stratèges militaires qui les ont planifiées. En réussissant à viser la République islamique à la tête, leur opération inaugurale n'en est que plus marquante. C'est d'ailleurs la localisation du guide suprême obtenue, selon le New York Times, suite au travail de renseignement conjoint de la CIA et du Mossad, qui a décidé du début de l'opération Fureur épique le matin du 28 février. Le tout au préjudice des négociations en cours entre l'Iran et les États-Unis sur le programme nucléaire iranien, lesquelles étaient en bonne voie d'aboutir à un accord lors de la prochaine réunion, regrettait le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi dans un entretien accordé à la télévision américaine ABC.
Passé ce succès militaire pour l'axe Washington-Tel-Aviv, l'affaiblissement recherché de la République islamique semble loin d'être atteint. Premier signe de sa possible résilience, la composition du triumvirat de responsables nommés dimanche pour assurer l'intérim du guide suprême la révolution constituait déjà un défi aux visées des agresseurs. Il réunit le président de la République Massoud Pezechkian, soit le chef du pouvoir exécutif, Mohseni Ejei, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, un membre du clergé et du Conseil des gardiens de la Constitution, un organe central dans la politique iranienne. Ce dernier, qui était dans les faveurs de feu Ali Khamenei, est sans doute bien placé pour devenir le prochain guide suprême – s'il est élu par l'Assemblée des experts. En associant ainsi ces trois sphères de pouvoir, la République islamique affichait d'emblée sa volonté de montrer que ses structures politiques sont intactes et qu'elles sont bien en état de fonctionner. En outre, la rapidité des nominations aux postes rendus vacants par les attaques est aussi un indice d'une vitalité apparente de l'État iranien. Au grand dam de tous ceux qui, dans la population comme parmi l'opposition en exil, sont convaincus que sa violence, son illégitimité ne peuvent déboucher que son son écroulement.
"Nous n'avons pas commencé cette guerre", assure Pete Hegseth, le patron du PentagoneL'option d'un soulèvement induit
La proclamation par l'ex-prince Reza Pahlavi de "la fin de la République islamique" après la mort d'Ali Khamenei peut-elle galvaniser les foules ? S'il est trop tôt pour le savoir, des actions de contestation, voire d'insurrection, portées par les bombardements peuvent émerger à tout moment dans le pays. Les réseaux sociaux ont relayé une séquence vidéo datée du 1er mars montrant une foule de manifestants célébrant le mort d'Ali Khamenei en abattant un monument dédié à l'ayatollah Khomeini, fondateur de la théocratie iranienne, dans la ville de Galleh Dar, située dans le sud de l'Iran, sur le golfe Persique.

La révolte populaire, généralisée et massive, des Iraniens, c'est le pari que font Donald Trump et Benjamin Netanyahou. C'est pour cette raison qu'ils sont convenus de poursuivre leurs bombardements suffisamment longtemps pour semer la confusion dans les factions et les sphères du pouvoir, désorganiser et affaiblir les dirigeants iraniens actuels. Combien de temps cela peut-il prendre ? Le secrétaire d'État américain à la Défense/Guerre Pete Hegseth, a affirmé lundi ne pas le savoir exactement. "Quatre semaines, deux semaines, six semaines… cela peut avancer ou reculer", a tâtonné lundi le chef du Pentagone. Quant à Donald Trump, il a indiqué le même jour à CNN que les États-Unis n'avaient "même pas encore commencé à les frapper fort"…
Parmi les options concomitantes à ces frappes figure la possibilité de faire évoluer ce régime, foncièrement anti-impérialiste, anti-américain et voué à la destruction d'Israël, vers une version plus modérée, avec le concours de responsables politiques plus "conciliants". Une option que l'actuel secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani (un conservateur modéré), a balayée d'un revers de la main, refusant catégoriquement d'encore négocier avec Washington.
"L'Iran n'a pas les moyens d'un choc frontal avec les Etats-Unis" : après sa riposte, de quelles capacités militaires dispose Téhéran ?Une éventuelle intervention au sol
Après trois jours d'intenses bombardements aériens ayant visé l'architecture politique, militaire et sécuritaire de la République islamique, les opérations avancent bon train. Du moins si l'on en croit Donald Trump, qui affirme que celles-ci sont même "en avance sur le plan prévu". Le président américain a souligné lundi, dans une interview avec le New York Post, qu'il n'hésiterait pas à envoyer des troupes américaines au sol en Iran "si c'était nécessaire", ajoutant que cette perspective ne lui donnait pas "le trac". Toutefois, il a promis prochainement une "grande vague" d'attaques.
Si aucun soldat américain ne se trouve actuellement sur le territoire iranien, a indiqué lundi son secrétaire d'État Pete Hegseth, il est évident que les États-Unis iront "aussi loin que nécessaire". De son côté, Israël a mobilisé 100 000 soldats réservistes pour faire face aux menaces sur tous ses fronts…
En tout état de cause, y compris si une insurrection armée se lève en Iran, tous se retrouveraient face aux Gardiens de la révolution, chargé de la protection du la République islamique. Ceux-ci disposent (avec l'armée nationale) du monopole de la force létale et leur organisation est très structurée et présente dans l'ensemble du pays. Y compris dans la sphère économique, depuis qu'Ali Khamenei les avait renforcés en en faisant des alliés politiques. Ils sont à la tête d'un puissant conglomérat, actif dans tous les secteurs importants de l'industrie iranienne (du BTP à l'énergie, en passant par la pétrochimique, l'aérospatial…). Un empire économique qu'ils ne seront pas près de lâcher.
Les Gardiens de la révolution iraniens, une armée idéologique doublée d'un pilier de l'économie parallèlePour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


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