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Par Le Figaro avec AFP
Le 17 juillet 2026 à 00h37
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Se disant «indignée» par cette décision, l’ONG Reporters sans Frontières (RSF) a relevé qu’elle risquait de «priver les journalistes internationaux de la possibilité de couvrir l’actualité depuis les États-Unis».
L’idée était en réflexion, c’est désormais officiel. Le gouvernement Trump a décidé de limiter la durée de séjour aux États-Unis des étudiants et journalistes étrangers, selon un document administratif rendu public jeudi, nouvelle étape dans sa politique migratoire très restrictive.
Selon les nouvelles règles, prévues pour entrer en vigueur d'ici deux mois, sauf blocage au Congrès, les ressortissants étrangers détenteurs d'un visa étudiant ne seront pas autorisés à rester plus de quatre ans sur le territoire américain.
Les journalistes étrangers seront, pour leur part, limités à des séjours de 240 jours, soit environ huit mois, tout en pouvant solliciter des renouvellements pour des périodes identiques. Les journalistes chinois seront soumis à un cadre particulièrement restrictif, avec des visas limités à 90 jours. Jusqu'à présent, les États-Unis octroyaient des visas pour la durée du programme d'un étudiant et jusqu'à cinq ans pour un journaliste.
Trump et sa guerre contre les médias
Cette mesure, qui doit entrer en vigueur 60 jours après sa publication dans le registre fédéral (l'équivalent du Journal officiel) attendue vendredi, va affecter les journalistes accrédités pour des centaines de médias étrangers aux États-Unis. Elle avait été proposée dès l'an dernier par le gouvernement, ce qui avait ouvert une phase de consultations. Une centaine de médias et organisations de presse internationaux, dont l'AFP, avaient estimé dans une lettre ouverte que cela «amoindrirait la quantité et la qualité de la couverture» de l'actualité américaine.
Le président Donald Trump a juré de mettre fin à l'immigration illégale et de limiter l'immigration légale. Le Congrès, où son parti est majoritaire, s'oppose rarement à ses initiatives.
Depuis son retour au pouvoir, son gouvernement a expulsé massivement des immigrés illégaux et imposé une série de restrictions parfois draconiennes à l'entrée légale aux États-Unis des ressortissants étrangers, limitant les filières (asile, carte verte etc...) voire bannissant les étrangers de certains pays en développement. Il s'en prend, par ailleurs, régulièrement aux journalistes et à la couverture de certains médias qu'il accuse de propager des fausses informations.
«Une démocratie en déclin»
Se disant «indignée» par cette décision, l'ONG Reporters sans Frontières (RSF) a relevé qu'elle risquait de «priver les journalistes internationaux de la possibilité de couvrir l'actualité depuis les États-Unis et rend extrêmement difficile, voire impossible, le fonctionnement des médias internationaux sur le territoire américain». «Le cycle incessant des renouvellements de visa restreint la liberté de la presse», a ajouté l'organisation, pour qui cela constitue une «violation directe» de la liberté d'expression et de la presse, appelant le Congrès à agir.
Pour l’association CPJ, qui œuvre à protéger les journalistes, la mesure annoncée représente «la dernière escalade en date» de la part du gouvernement Trump, qui «fait suite à une série de violations de la liberté de la presse profondément inquiétantes». «C’est le comportement d’une démocratie en déclin, pas du pays aux avant-gardes de la liberté de la presse à l’international», ajoute le CPJ dans un communiqué.
Justifiant sa décision, le ministère de la Sécurité intérieure, qui gère les flux migratoires, a parlé dans ce document d'une «augmentation significative» ces dernières années du nombre d'étudiants et de journalistes bénéficiant de ces visas. Cela «représente un défi pour la capacité du (ministère) à surveiller et à contrôler ces non-immigrants pendant leur séjour aux États-Unis», a-t-il ajouté. En 2024, le ministère a recensé plus de 1.8 millions d'entrées sous le visa étudiant, en hausse de 11% par rapport à l'année précédente.


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