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Les « épiceries alternatives » comme solution à la crise du coût de la vie

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Un chercheur invité à l’ACFAS à Trois-Rivières, qui s’est penché sur les modèles non conventionnels d’épiceries, affirme que l’insécurité alimentaire est un problème qui pourrait nécessiter des solutions qui ne se trouvent pas chez les épiciers traditionnels.

Le professeur au Département d’économie agroalimentaire et des sciences de la consommation de l’Université Laval Ali Romdhani affirme qu'au Québec, de plus en plus de personnes ont du mal à se nourrir depuis la pandémie.

C'est environ 1,6 million de personnes. C'est énorme. Quand on parle d'insécurité alimentaire ou de précarité alimentaire, c'est des gens qui ont du mal à s'alimenter. Ça ne veut pas dire qu'ils mangent mal tous les jours, mais ils ont du mal à prévoir leur repas de demain, ils ont du mal à faire une épicerie complète chaque semaine, a-t-il affirmé en entrevue à l’émission Toujours le matin.

M. Romdhani présente mercredi au 93e Congrès de l’ACFAS à Trois-Rivières un colloque sur la contribution des modèles alternatifs de marchés alimentaires à la sécurité alimentaire.

Au cours de la journée, les personnes qui assistent au colloque auront l’occasion d’entendre parler des différents courants qui existent dans le domaine des magasins d'alimentation non conventionnels. 

Ces magasins, selon M. Romdhani, sont rendus nécessaires par les problèmes qui ne peuvent pas être résolus par le modèle actuel des épiceries.

On parle d'insécurité alimentaire, on pourrait aussi parler des enjeux environnementaux, du suremballage, du gaspillage alimentaire, des émissions de gaz à effet de serre dans la chaîne d'approvisionnement. Ce sont des enjeux auxquels nos épiceries actuelles ont du mal à répondre, affirme-t-il.

Les tablettes d'une épicerie solidaire.

Les épiceries solidaires permettent d'offrir des prix plus abordables à ceux qui ont moins de moyens. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Manon Globensky

Ce modèle ne sera jamais capable de s’attaquer à ces problèmes, selon lui. 

Ce modèle est basé sur un principe très simple : celui des économies d'échelle, d'offrir toujours des produits les moins chers possibles, mais sans égard de la qualité ou des externalités, en fait, que ça engendre ce prix, explique-t-il. 

Épiceries solidaires ou marchés de liquidation?

Parmi les modèles qui seront présentés au cours de la journée, on compte notamment celui des épiceries solidaires, des épiceries de quartier et d’autres initiatives, comme les coopératives régionales, qui favorisent l’accès à des denrées de manière à favoriser un meilleur accès à tous. 

En milieu rural, des fois, on peut faire jusqu’à 50 kilomètres pour aller à l'épicerie la plus proche. Donc, quand une épicerie coopérative se crée, c'est sûr que c'est très apprécié pour répondre à ces enjeux [...] ils font des circuits courts, ils vont travailler avec les producteurs du coin en saison. Donc, on peut trouver des produits, des légumes frais plus abordables, ajoute-t-il

Ces modèles viennent toutefois souvent avec leurs limites.

C'est sûr que, si on cherche des biscuits emballés ou des produits de grande distribution qui viennent de loin, des chaînes d'approvisionnement longues, là on va avoir des prix un peu plus élevés, explique-t-il. 

M. Romdhani met d’ailleurs les gens en garde contre le modèle des magasins de liquidation, qui n’aident pas nécessairement à endiguer la crise. 

Des clients dans l'épicerie.

Les magasins de liquidation attirent beaucoup de clients, mais l'apparition de ces magasins pourrait ne pas aider à résorber la crise. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau

Ils vont vendre les surplus de stock à des prix effectivement dérisoires, on parle d'une bouteille de ketchup à moins d'un dollar, mais, eux, le problème pervers, c'est qu'ils vont enlever de la nourriture aux banques alimentaires. Parce que ces surplus, qui étaient autrefois distribués, sont maintenant commercialisés. On vient finalement monétiser le gaspillage alimentaire, déplore-t-il. 

Parmi les modèles abordés au cours de la journée, il sera également question du retour de la vente des fruits de mer sur les quais.

D'après une entrevue à l'émission Toujours le matin

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