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Les élus de Paspébiac divisés sur l’implantation d’une 2e épicerie

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Un projet de résolution visant à faciliter l'implantation d'un deuxième supermarché à Paspébiac, par l’entremise d’un pouvoir d’expropriation, a mené à un vote serré, lors de la séance du conseil municipal lundi soir.

Le maire a dû utiliser son droit de vote pour faire adopter un projet de résolution visant à obtenir des soumissions pour la conception d’un plan particulier d’urbanisme (PPU) dans le secteur du Canadian Tire.

Trois conseillers municipaux ont voté pour la résolution, trois autres ont voté contre; c'est donc le maire qui a tranché en faveur du projet de résolution.

Le dossier est controversé, puisque la mise en place d’un PPU donnerait le pouvoir à la Ville de Paspébiac d'acquérir des immeubles par expropriation, en vue de les revendre à des promoteurs.

En vertu de l’article 85 de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, une municipalité peut, par règlement, adopter un programme d’acquisition d’immeubles, de gré à gré ou par expropriation, à l’égard de tout ou partie du territoire visé par un plan particulier d’urbanisme, en vue d’aliéner ou de louer les immeubles aux fins prévues par le plan particulier d’urbanisme .

Source : Gouvernement du Québec

Le maire Jérémy Laplante estime qu’il est nécessaire de « débloquer » ce pouvoir municipal d’expropriation pour favoriser l'arrivée d'une seconde épicerie à Paspébiac.

M. Laplante argue que très peu de terrains commerciaux sont disponibles au centre-ville de Paspébiac et qu’un promoteur désirant implanter un supermarché ne parvient pas à acheter un lot de gré à gré.

Actuellement, dans le dossier de la deuxième épicerie, s’il n’y a pas de plan particulier d’urbanisme, les chances de succès de ce projet-là sont réduites considérablement.

M. Laplante précise que le droit d’expropriation lié à l’implantation d’un projet particulier d’urbanisme serait un ultime recours et non une carte blanche.

La décision d’aller en acquisition d’immeuble par expropriation doit toujours se prendre par résolution, souligne-t-il. Chaque fois, le conseil aura à se positionner.

Le maire de Paspébiac, Jérémy Laplante, affairé à son bureau.

Le maire de Paspébiac, Jérémy Laplante, présente l'expropriation comme un dernier recours, lors d'impasses entre parties privées. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Le maire de Paspébiac mentionne que l’intention de la Ville n’est pas d’agir en cowboy et d’exproprier des familles qui habitent dans des résidences principales.

M. Laplante souligne aussi que l’encadrement législatif entourant l’expropriation prévoit des compensations justes pour les propriétaires, selon la valeur marchande.

On préfère ne pas se rendre là et que les gens acquièrent des terrains de gré à gré entre parties privées, précise le maire de Paspébiac. Toutefois, lorsque les négociations achoppent et que les discussions deviennent déraisonnables, c’est là qu’une intervention des pouvoirs publics pour favoriser l’intérêt du plus grand nombre devient intéressante.

Le centre-ville de Paspébiac.

Le plan particulier d'urbanisme cible le secteur entourant le Canadian Tire, de la Banque Nationale jusqu'à la rue Maldemay, et la rue Castilloux au nord. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Une étude de marché commandée par la Ville de Paspébiac et déposée en janvier concluait que l'espace de l'actuel IGA ne suffit pas à répondre aux besoins des ménages du secteur. Le rapport laisse ainsi entrevoir une occasion d'affaires s'élevant à 15,7 millions de dollars pour un commerce de 2924 mètres carrés (31 473 pieds carrés).

Des conseillers s’opposent

Deux des trois conseillers défavorables ayant voté contre le projet de soumission pour concevoir un plan particulier d’urbanisme ont pris la parole lors de la séance publique.

La conseillère Gina Samson a plaidé que la Ville devrait d’abord mettre à jour son plan général d’urbanisme qui date de 2009 avant d’en créer un particulier pour le secteur commercial.

Elle a également mentionné qu’à ses yeux, l’implantation de lieux d’hébergement est davantage prioritaire que celle d’une épicerie.

Le conseil a été élu récemment et n’a pas eu le temps encore de regarder ses priorités, déplore-t-elle. Pour moi, ce n’est pas l’épicerie. On n’a pas d’hébergement à Paspébiac. Dans ma tête à moi, on peut choisir autre chose que le marché alimentaire parce qu’on en a déjà un. […] L’épicerie n’est pas une priorité.

Trois conseillers municipaux durant une séance municipale.

Les conseillers municipaux Gina Samson, Nancy Anglehart et Dany Cyr ont voté contre le projet de résolution visant à lancer un appel d'offres pour concevoir un plan particulier d'urbanisme.

Photo : Tiré d'une vidéo publiée sur la page Facebook de Jérémy Laplante

De son côté, conseiller Dany Cyr a fait part de son malaise face au pouvoir d’appropriation que la Ville souhaite s’arroger.

Moi, il y a un mot qui me fait peur là-dedans, c’est exproprier des gens. J’ai bien de la misère avec ça. Je ne veux pas embarquer là-dedans.

Selon M. Cyr, la Ville de Paspébiac n’a pas à s’ingérer dans les démarches entre promoteurs et propriétaires privés.

Le conseiller a également expliqué craindre que l'arrivée d'une deuxième épicerie fragilise les activités commerciales du IGA déjà en place sur le territoire de Paspébiac.

Si, un moment donné, la propriétaire ne fait plus d’argent, elle va fermer, affirme Dany Cyr. C’est ce qui s’est passé à Sainte-Anne-des-Monts. Il y avait deux épiceries, pour un secteur de 12 000 personnes, mais le IGA a fermé.

Le maire estime avoir l’appui populaire

Selon Jérémy Laplante, la dissension au sein du conseil municipal n’est pas représentative de l’opinion de la population sur le projet d’implantation d’un deuxième supermarché.

Dans la population, je pense que le taux d’appui est beaucoup plus élevé qu’à l’intérieur du municipal, affirme-t-il. Quand j’ai fait du porte-à-porte durant la campagne électorale, dans 700 ou 800 maisons, c’était un sujet qui revenait constamment et l’appui pour ça était très élevé.

M. Laplante estime que l’arrivée d’un deuxième joueur en alimentation serait plus que bienvenu dans un contexte de forte inflation des prix des denrées. Les gens ont de la difficulté à remplir leur panier d’épicerie et constatent une diminution de leur pouvoir d’achat, rapporte-t-il.

Il croit également que la mise en place d’une nouvelle épicerie générerait d’importants revenus en taxation, en plus d’endiguer les fuites commerciales vers les bannières à rabais de New Richmond ou Chandler.

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