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Après un été où elle a profité d’un véritable repos, Courtney Sarault est arrivée à Vancouver en se disant que ça ne se passerait pas si bien que ça. Or, ça s’est passé si bien que ça. Trois médailles plus tard, la championne en titre du globe de cristal a dépassé ses propres attentes.
La quadruple médaillée olympique est-elle de retour au sommet? Sans doute pas, admettait-elle dimanche dernier. Mais forcément, quand elle sautera sur la glace de l’aréna Maurice-Richard, ce week-end, pour la deuxième étape de la saison du Circuit mondial de courte piste, un public conquis d’avance s’attendra à beaucoup d’elle — probablement à plus que ce à quoi elle s’attend d’elle-même.
Le contexte, en ce début de cycle olympique, est nécessairement différent. N’empêche, on ne peut s’empêcher de soulever le contraste avec l’automne dernier, quand l’entraîneur-chef de l’équipe nationale, Marc Gagnon, avait annoncé qu’à Milan-Cortina, son équipe pouvait battre le record de six médailles lors d’une seule édition des Jeux olympiques. Elle en avait finalement gagné cinq.
La chose principale que j’ai quand même apprise dans la dernière année sur la gestion des attentes, c’est que les gens sont capables de se faire donner des objectifs et de courir après ces objectifs-là, a souligné Gagnon en entrevue, mercredi.
Certains sont même prêts à se mettre des objectifs super difficiles. Même si la réalité, c’est qu’ils ne sont peut-être pas tout à fait rendus là. Ils ont envie d’aller chercher plus haut. Ce genre d’attitude va te faire progresser plus rapidement.
Par contre, il y a des gens qui ont besoin d’avoir des objectifs plus réalisables, plus courts, qu’ils se sentent capables de réaliser et qui, eux, vont les emmener à performer encore plus. Il faut savoir lire les athlètes que tu as.

Courtney Sarault célèbre après avoir remporté la médaille d'or au 1500 m, lors de l'étape du Circuit mondial de courte piste de Vancouver.
Photo : La Presse canadienne / ETHAN CAIRNS
La prudence est donc de mise avec les athlètes susceptibles d’être insécures, et ça peut même arriver à ceux qui gagnent, précise Gagnon. L’entraîneur a cependant découvert avec le temps que, même dans cette situation délicate, certains athlètes peuvent être poussés à en donner davantage.
Sarault en fait partie, et c’est ce qui s’est produit au cours du dernier week-end à Vancouver. De vendredi à dimanche, elle s’est rapprochée de la meilleure version d’elle-même, voire de cet alter ego nommé Bruce qui surgit dans les grands moments.
Un retour en force
Maxime Laoun, lui, a simplement trouvé une façon d’être véritablement Maxime Laoun. Après une année éprouvante marquée par une fracture à quelques mois à peine des Jeux olympiques, il a célébré son retour sur le Circuit mondial avec une superbe médaille d’argent sur 500 m, un exploit qu’il aimerait répéter à Montréal pour montrer au monde que ce n’était pas un coup de chance.
J’ai réalisé qu’en tant que patineur, à part les blessures qui m’ont toujours ralenti, j’ai de la difficulté à arriver dans une course de manière relaxe et à patiner comme je patine à l’entraînement. J’ai tout le temps été considéré comme un gars d’entraînement, jamais un gars de compétition.
Cette année, en étant moins en forme, je réalise que… finalement, est ce que j’avais vraiment besoin d’être aussi en forme chaque année? Je fais juste patiner de manière relaxe et m’amuser, et je fais mes meilleures courses depuis des années. Je pense que, l’an dernier, j’ai eu un déclic, mais je n’ai pas pu le montrer parce que je me suis cassé la jambe à deux mois des Jeux olympiques. Mais c’était prometteur, a expliqué Laoun.

Maxime Laoun
Photo : Kevin Light/Patinage de vitesse Canada
Comme Sarault, Laoun a passé une saison morte sous le thème il y a autre chose que le patin dans la vie, notamment en renouant avec le golf. À le voir se déhancher sur ses patins en attendant certaines courses, le week-end dernier, on s’en veut presque de ne pas lui avoir demandé s’il s’était aussi mis à la danse.
À l’inverse, Victoria Jean-Baptiste, qui a atteint la finale B du 500 m avec sa remarquable explosivité, notamment en quarts de finale, a mis toute la gomme pendant l’été, du haut de ses 21 ans.
Ceux qui revenaient des Jeux olympiques, comme Will [Dandjinou] qui prend congé pour les deux premières Coupes du monde, leur été était vraiment différent du mien. Je veux performer et me qualifier. Ç’a été un de mes étés d’entraînement les plus durs que j’ai eus jusqu’ici, a-t-elle assuré. Je voulais être certaine de pouvoir me qualifier.
Une lecture plus compliquée
On en revient à la lecture des athlètes à laquelle faisait référence Gagnon, une lecture forcément plus compliquée au début d’un cycle olympique qu’à la fin.
Même pour sa vedette Courtney Sarault, l’entraîneur assure qu’il ne devra rien relâcher sur le plan de l’encadrement ce week-end, qu’importe qu’on soit maintenant rentré à la maison.
On a quand même de la fatigue qui a été créée, a indiqué Gagnon. On revient, et déjà, mardi matin, ce n’était pas si facile que ça, parce qu’on patinait tôt.
Avec la fatigue, l’été d’entraînement va recommencer à jouer là-dedans. Il y a encore une grosse gestion à faire en fin de semaine. Ce ne sera pas la fille fonceuse qui veut tout défoncer qu’on voit, des fois, à répétition. J’anticipe quand même qu’on va partir plus tranquillement et que je vais avoir du travail de motivation à faire, mais on pourra utiliser ce qui s’est passé à Vancouver.
On ne devrait donc pas voir Bruce vendredi, mais attendons voir dimanche.


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