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Des entreprises régionales s’attendent à subir les conséquences des contre-tarifs canadiens imposés par le premier ministre Mark Carney pour répondre à la dernière salve tarifaire de l’administration américaine.
Cette réponse du Canada est en vigueur depuis la nuit dernière. Les contre-tarifs imposés par Ottawa depuis lundi touchent une variété de produits, dont les appareils électroménagers, l’acier et le fer.
Le Groupe Proco, dont le siège social est situé à Saint-Nazaire, devra vivre une nouvelle période de bouleversements. Ces contre-tarifs représenteront des centaines de milliers de dollars en coûts pour l’entreprise spécialisée en revêtements et structures métalliques.

Le directeur général de Groupe Proco, Jean-Denis Toupin (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard
Particulièrement pour faire nos poutres de pont qui sont vendues au ministère des Transports, on achète de l’acier américain, tout simplement parce que c’est exigé dans les contrats du MTQ que l’acier vienne de moulins nord-américains. On est donc contraint de l’acheter aux États-Unis. On payait une surtaxe de 25 % qui existait avant aujourd’hui, mais d'après ce qu’on comprend, pour la prochaine plaque qui va entrer au Canada, on devra payer un 25 % supplémentaire, a mentionné le directeur général, Jean-Denis Toupin.
Dans les derniers mois, Proco a reçu de l’aide du gouvernement fédéral pour traverser la crise tarifaire. M. Toupin dit analyser les récents programmes d’aide annoncés par les gouvernements pour vérifier si son entreprise y est admissible.

Basée à Saint-Nazaire, l'entreprise Proco se spécialise en construction métallique. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis
La présidente-directrice générale de la Chambre de commerce et d'industrie Saguenay-Le Fjord (CCISF), Sandra Rossignol, est d’avis que la décision d’Ottawa va nuire aux entreprises régionales.
Ce sont des tarifs qui viennent vraiment affecter les entreprises du Saguenay–Lac-Saint-Jean. On maintient notre position : les contre-tarifs, c’est une mesure risquée, ce n’est pas une victoire. Ça fait grimper le coût de production ici, chez nos entreprises, et pas seulement chez nos concurrents américains, a-t-elle rappelé.
Des consommateurs plus éveillés à l’achat local
L’imposition des contre-tarifs canadiens pour répondre à la dernière salve tarifaire de l’administration américaine est l’occasion de privilégier l’achat local, notamment dans l’industrie du meuble, selon le propriétaire de l'entreprise Meubles Gilles Émond, située à Alma.
Le détaillant de Saint-Coeur-de-Marie dit avoir réduit le nombre de produits américains sur son plancher depuis le début du deuxième mandat du président américain Donald Trump. Aujourd’hui, son inventaire contient seulement 15 % de produits fabriqués aux États-Unis.

Le président de Meubles Gilles Émond, François Émond (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Roby St-Gelais
Nous avons commencé à trouver des solutions pour pouvoir travailler avec des compagnies d'ici et garder ça le plus québécois et canadien possible, explique François Émond au sujet des mesures adoptées par son regroupement d’achats dès les premiers tarifs imposés par les États-Unis.
Selon M. Émond, les consommateurs sont de plus en plus sensibles à la provenance des produits et des appareils qu’ils achètent.
Je pense que ce conflit et ces épreuves, si on veut en tirer du positif, vont conscientiser nos gens et nous pousser à travailler davantage ensemble. Le Canada est un grand pays, mais, avant, on avait l'impression qu'on travaillait plus ou moins ensemble, il y avait beaucoup d'obstacles. Maintenant, le gouvernement en place essaie d'enlever ces obstacles, expose le détaillant en parlant des barrières provinciales.
De l'argent pour les fournisseurs québécois
François Émond ajoute que beaucoup de fournisseurs absorbent une partie des tarifs pour que le choc soit moins important. N’empêche, les personnes qui entrent dans son commerce veulent surtout s’assurer que leurs achats bénéficient aux entreprises québécoises ou canadiennes.
Ils veulent des produits fabriqués ici, parce qu'on sait qu'avec chaque dollar qu'on dépense dans notre coin, l'argent se promène dans le secteur. Tandis qu'un dollar qui s'en va aux États-Unis, il y a de fortes chances qu'on ne le revoie pas, avoue l’homme d’affaires.
Le propriétaire de Meubles Gilles Émond souhaite qu’une entente négociée mette fin à cette guerre commerciale rapidement.
Les gens au gouvernement ont tout intérêt à travailler pour trouver une solution, mais pas une solution à tout prix. Si c'est une mauvaise entente, nous serons pris avec [elle] à l'avenir. La façon dont la Maison-Blanche veut négocier actuellement – nous imposer des choses en disant ''nous sommes les plus forts, nous faisons ce que nous voulons et vous n'avez qu'à signer'' –, je ne suis pas d'accord avec ça, dit-il.


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