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Nombreux sont les employeurs dans Chicoutimi-Le Fjord qui ont demandé au gouvernement fédéral d'assouplir ses règles en matière d'immigration temporaire au cours des derniers mois. Des mesures ont été annoncées au printemps, mais elles ne permettent pas de répondre aux préoccupations de l’Union des préfets du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Comment régler la délicate question ? Radio-Canada a interpellé les candidats à l’élection partielle sur cet enjeu.
Ottawa a annoncé des assouplissements au mois de mars à ses politiques en matière d’immigration temporaire. Pendant un an, les employeurs des régions rurales ont le droit de conserver leur nombre actuel de travailleurs étrangers à bas salaire et même augmenter ce nombre à 15 % de leurs salariés.
Or, Saguenay n’est pas considérée comme une région rurale. Le problème demeure entier selon le maire de Saguenay, Luc Boivin, qui est le porte-parole désigné de l’Union des préfets du Saguenay-Lac-Saint-Jean sur la question de l’immigration.
Saguenay est une RMR, une région métropolitaine [de recensement]. Le gouvernement fédéral a des enjeux, parce qu’il y a des taux de chômage qui sont élevés dans les grandes RMR du Canada, entre autres Montréal, il doit appliquer des mesures qui sont à travers le pays.
La mesure peut aussi s’appliquer aux employés déjà engagés dans une démarche avec le Programme de sélection des travailleurs qualifiés du Québec s’ils habitent dans des régions métropolitaines.
Le maire de Saguenay souhaiterait que le gouvernement fédéral se base sur le taux de chômage d’un secteur afin de pouvoir maintenir les possibilités pour les employeurs de conserver un plus grand nombre de travailleurs étrangers temporaires. Il rappelle que le taux de chômage actuel à Saguenay est de 2,9 %.
Les solutions des candidats
Radio-Canada a demandé aux candidats dans Chicoutimi-Le Fjord comment ils entendaient aider les entrepreneurs de la région qui comptent sur l'immigration temporaire pour maintenir leur productivité.
Le candidat libéral se dit sensible à cette question.

Le candidat du Parti libéral du Canada, Daniel Gobeil.
Photo : Radio-Canada
Il faut trouver un équilibre entre l'immigration et répondre aux besoins des entreprises, affirme Daniel Gobeil. En ce moment, tous ceux que je rencontre veulent des politiques au niveau des travailleurs, des gens qui veulent rester ici à long terme, les faciliter pour donner des prolongations en attendant d'avoir des statuts permanents.
Le Parti conservateur du Canada affirme pour sa part qu’il entend remettre de l'ordre dans le système d'immigration canadien.
Régis Gaudreault propose une formule basée sur le taux de chômage.
Si le taux de chômage de la région est de moins de 5,5 %, l’entreprise pourra pendant cinq ans conserver ses travailleurs étrangers temporaires.

Le candidat conservateur, Régis Gaudreault.
Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard
Selon le candidat, un horizon de cinq ans pourrait offrir la prévisibilité nécessaire aux entrepreneurs pour planifier leurs besoins de main-d’œuvre. Il prône une régionalisation économique de l’immigration.
Réforme demandée
Le candidat du NPD affirme que certains domaines, comme la soudure ou l'agriculture, doivent continuer à pouvoir compter sur l'immigration temporaire.

Le candidat néodémocrate dans Chicoutimi-Le Fjord, Raphaël Émond.
Photo : Radio-Canada / Myriam Gauthier
Raphaël Émond croit toutefois que le programme doit être revu.
On voudrait que ce programme-là soit également réformé pour limiter un peu l'impact négatif, entre autres des permis de travail fermés, auprès de certaines personnes.
Du cas par cas
Le Bloc québécois réitère qu’il est un parti indépendantiste et qu’il aimerait que les pleins pouvoirs en matière d’immigration soient redirigés vers le Québec. En ce qui concerne précisément les travailleurs étrangers temporaires, la candidate Caroline Dubé soutient que son parti était relativement en accord avec le fait de resserrer certains critères.
Le Saguenay, la portion Le Fjord, ce n’est pas Montréal. Il faut y aller au cas par cas. La régionalisation de l’immigration, il faut bien la travailler, souligne Mme Dubé.

La candidate du Bloc québécois, Caroline Dubé.
Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard
L’industrie de l’agriculture, des manufacturiers, de la santé. Il faut absolument qu’on ait des travailleurs étrangers temporaires.
Trop d'immigrants, selon le PPC
Le Parti populaire du Canada affirme qu’un trop grand nombre d’immigrants ont été acceptés en sol canadien au cours des dernières années. Le parti maintient ainsi sa position des dernières années par rapport à l’immigration.
Les gens qui ont un permis de travail au Canada peuvent travailler, aucun problème, sauf que quand le travail est terminé, bien ils retournent chez eux , lance le candidat François Sabourin en soutenant qu’il s’agit d’une question de capacité d’accueil.

François Sabourin est le candidat du Parti populaire du Canada pour l'élection partielle dans Chicoutimi–Le Fjord.
Photo : Radio-Canada / Frederica Fortin-Foster
Le Parti populaire du Canada a l’intention de réduire le nombre de travailleurs étrangers temporaires au pays.
La personne qui porte les couleurs du Parti vert du Canada, Nathe Perrone, n’a pas souhaité participer à l’exercice proposé par Radio-Canada.


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