Language Selection

Retrouvez votre bien-être dans ces temps dure sur Terre , Essayez le MedBed Quantique!
Cliquez ici pour réserver votre séance

Famille et pour toute la Famille avec Le Medbed Quantique® Orgo-Life® une technologie du Canada

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

Les brumes silencieuses de Tobias Spierenburg

3 month_ago 28

         

NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life®

  Publicité par Adpathway

Il est des lieux qui, par leur simple persistance, défient l'érosion du temps. La Galerie Albert Ier, qui inaugurait ses murs en 1952 (avec une exposition dédiée à Jos Albert), détenant très probablement le record de longévité du paysage artistique bruxellois, accueille aujourd'hui les œuvres de Tobias Spierenburg. Le peintre néerlandais, né en 1977, n'y expose pas des paysages au sens géographique ou topographique. Il y dépose des résidus de conscience, des empreintes rétiniennes sauvées de l'oubli.

Genèse du silence

Le modus operandi de Tobias Spierenburg commence par l'immersion. La marche, plus ou moins longue, plus ou moins éprouvante, constitue le prologue nécessaire avant la rencontre physique avec les cimes des Pyrénées ou l'immensité mouvante des dunes. Pourtant, la toile ne naît jamais sur le motif. Elle surgit bien plus tard, dans le silence de l'atelier, quand le souvenir a eu le temps de décanter, de perdre ses scories pour ne conserver que l'émotion la plus pure.

Parfois, l'artiste réalise sur place quelques photographies, lesquelles ne seront que des béquilles mineures à la mémoire qui conserve la souveraineté. Le peintre nous confie cette lutte avec le réel : "Dans mon atelier, j'évoque des souvenirs d'endroits dans la nature qui m'ont le plus marqué. En fonction des inspirations de la journée, que ce soit celle du roseau au bord de l'étang dans le brouillard ou le reflet du feuillage dans un lac, que ce soient des dunes en plein soleil, le plus souvent se présente à moi l'image d'un arbre solitaire. En peignant, j'essaie tout d'abord de rapprocher l'ambiance de ce souvenir le plus nettement possible, jusqu'à ce que l'image devienne diffuse, qu'il ne reste que de la lumière, et que je sois amené à chercher une autre harmonie de couleurs. Je tente de trouver la bonne composition, je lutte avec les détails qui viennent déranger l'ensemble, et je peins couche après couche afin d'obtenir une profondeur indéfinissable, pour me rendre compte que ce que je peins, c'est mon état d'âme du moment." Cette introspection picturale transforme l'acte de peindre en une quête ontologique où la mémoire, en devenant floue, accède paradoxalement à une vérité universelle.

Un paysage sans paysage

Ce qui frappe d'emblée dans cette série de vallées et de canopées, c'est l'absence de coordonnées. Tobias Spierenburg peint des arbres sans territoire. L'horizon, cette ligne rassurante qui sépare le ciel de la terre, a été congédié. Nous sommes projetés dans une "chambre de brouillard", un espace autarcique où le sol n'est plus lisible et où le ciel ne s'affirme jamais. Cette disparition des repères crée une sensation de flottement, presque d'apesanteur, rappelant les mystères de la peinture extrême-orientale où le vide est aussi plein que le plein.

Tobias Spierenburg, Roseaux II, huile sur toile, 80 x 200 cm.Tobias Spierenburg, Roseaux II, huile sur toile, 80 x 200 cm. ©L'artiste

Nous sommes projetés dans une "chambre de brouillard", un espace autarcique où le sol n'est plus lisible et où le ciel ne s'affirme jamais.

Aucune figure ne domine. La composition repose sur une distribution de présences fragiles, de spectres ascensionnels qui semblent émerger d'un néant pourtant fertile. C'est une esthétique de la disparition où les formes incomplètes suggèrent que tout est en devenir ou en train de s'évanouir.

Pierre Gencey, historien de l'art, analyse magistralement cette perte de repères qui nous force à l'humilité : "Oublions l'ordre des couleurs et la netteté des surfaces que nous dicte notre esprit urbain. L'arbre est venu pour nous sauver, non l'inverse. Il montre l'entre-deux, entre l'immuable et le surgissement, entre le clair et l'obscur. Il nous évoque quelque chose de lointain, d'étranger à l'humanité. C'est assez vague, cela bouleverse l'ordre établi de notre petit monde égotique. Cette forme d'arbre vient au cœur de la composition, dans un espace désorienté où les repères sont gommés. Ses contours se dissolvent dans le sol, dans le ciel, en créant une sensation d'incertitude (la nôtre) et d'éternité (la sienne). Il se fait lumière."

Dans ce face-à-face, le spectateur est invité à une double vision : regarder le tableau, puis le regarder encore, comme on scrute une apparition. L'œuvre ne se livre pas. Elle exige une accoutumance de l'œil pour se laisser apprivoiser par ceux qui acceptent de perdre leurs certitudes géographiques.

Brumes romantiques et sédimentation du temps

La brume, chez Tobias Spierenburg, n'est pas un effet de style. Elle est le sujet même du tableau. On y décèle un héritage romantique évident, celui de Friedrich ou de Turner, où la nature devient le miroir des tempêtes ou des apaisements intérieurs. Mais là où le romantisme visait parfois le sublime spectaculaire, Tobias Spierenburg choisit la suspension. La brume suggère ici la durée, l'attente, la lente métamorphose de la matière. Elle transforme la peinture en une expérience phénoménologique.

Pour atteindre cette vibration, l'artiste use d'une technique de glacis d'une patience infinie, superposant a minima une quinzaine de couches de peinture à l'huile translucide. Cette sédimentation picturale agit comme un filtre : elle donne aux œuvres ces couleurs subtiles, cette profondeur indéfinissable et ce caractère atmosphérique unique, restituant la lumière dans un halo feutré. Cette quête du flou, que certains pourraient qualifier de photographique, est en réalité le fruit d'une intuition purement picturale.

En limitant l'information visuelle à l'essentiel, l'artiste fige la mémoire avant qu'elle ne s'efface totalement, créant un sentiment de calme méditatif, une invitation à la promenade intérieure au milieu des canopées de pins et de cèdres.

guillement

Oublions l'ordre des couleurs et la netteté des surfaces que nous dicte notre esprit urbain. L'arbre est venu pour nous sauver, non l'inverse. Il montre l'entre-deux, entre l'immuable et le surgissement, entre le clair et l'obscur. Il nous évoque quelque chose de lointain, d'étranger à l'humanité. (Pierre Gencey, historien de l'art)

L'essence symboliste

Au-delà du romantisme, c'est une âme symboliste qui habite ces toiles. La palette chromatique, réduite à des bleus délavés, des gris sourds et des verts chlorophylle éteints, évoque parfois la mélancolie des cyanotypes anciens ou des daguerréotypes primitifs, ces captures d'ombres où le temps semble s'être arrêté. Il y a une volonté farouche de dissoudre le paysage pour n'en conserver que l'idée. On navigue ici dans une zone onirique, un Éden sans hommes ni cités, où la nature retrouve sa virginité originelle.

Tobias Spierenburg lui-même semble évoluer dans une forme d'innocence créatrice, où l'instinct l'emporte sur la théorie. Issu d'une famille de peintres, il exerce son art comme on respire, sans s'encombrer des injonctions, indifférent aux modes et aux prescriptions du marché. Cette liberté se manifeste jusque dans le cadrage final de l'œuvre. Travaillant ses toiles sur des supports de bois, l'artiste n'hésite pas à pratiquer quelques "amputations" radicales de ces compositions pour n'en garder que l'équilibre parfait, le cœur battant de l'image.

Avec une humilité qui n'appartient qu'à lui, Tobias Spierenburg n'a définitivement qu'une seule ambition : peindre l'image la plus harmonieuse, la plus calme, la plus apaisante possible… Et il y parvient en nous livrant ces représentations d'endroits à la fois irréels et universels.

Ses œuvres nous livrent un antidote à la saturation du monde, nous offrant la beauté de l'imperceptible, ce qui n'apparaît qu'à ceux qui acceptent de ralentir. Et si ses arbres se dissolvent dans la brume, ce n'est pas pour nier le réel, mais pour nous permettre de le redécouvrir. Ils nous invitent à contempler l'imperceptible et à retrouver, derrière les contours incertains, la fraîcheur d'un regard premier sur le monde.

Tobias Spierenburg

Peintures Galerie Albert Ier, rue de la Madeleine 45, 1000 – Bruxelles www.galerie-albert1er.be Quand jusqu'au 5 avril, du mardi au samedi de 13h à 19h, le dimanche de 14h à 18h

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.

read-entire-article

         

        

Une nouvelle Vibration dans le Monde entier avec les Franchise Medbed Quantique®!  

Protéger toute votre famille avec la technologie Orgo-Life®

  Advertising by Adpathway