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Au pouvoir depuis seize ans, le Premier ministre hongrois sortant, Viktor Orban, a reconnu sa défaite dimanche, et a appelé son adversaire pour le féliciter.
Après 16 ans au pouvoir, Viktor Orbán tire sa révérence. Le conservateur pro-européen Peter Magyar a remporté les élections législatives en Hongrie dimanche, avec probablement une supermajorité des deux tiers qui devrait lui laisser les mains libres pour défaire le système installé par le nationaliste Viktor Orbán qui a concédé sa défaite.
«Les résultats des élections, bien que non encore définitifs, sont clairs. Pour nous, ils sont douloureux mais sans ambiguïté. Nous n’avons pas reçu la responsabilité ni la possibilité de gouverner», a dit Viktor Orban depuis son QG de campagne, ajoutant avoir «félicité le parti vainqueur». Selon les données du Bureau électoral, après dépouillement des bulletins dans quelques 72% des bureaux de vote, le parti Tisza de Peter Magyar pourrait se prévaloir de 138 des 199 sièges de l’assemblée hongroise contre 54 pour le Fidesz de Viktor Orban.
«Nous sommes optimistes, ou plutôt prudemment optimistes», avait déclaré en début de soirée Peter Magyar dans son QG de campagne où sont réunis plusieurs milliers de supporters. Parmi eux, Orsolya Rozgonyi s’est dit «vraiment très excitée». «Je suis venue à cet événement pleine d’espoir, donc je pourrais résumer en disant que je suis optimiste quant au changement, bien sûr», ajoute la responsable des ressources humaines de 28 ans.
«Je suis là pour gagner»
Le taux de participation qui n’est pas encore définitif à ces élections dont le résultat est scruté par de nombreuses capitales à travers le monde, en particulier en Europe et aux États-Unis, était de 77,80% à 18h30 (16h30 GMT), dépassant le précédent record de 70,5% établi lors des législatives de 2002, selon la commission électorale. Le surcroît de mobilisation a concerné surtout les villes moyennes et les jeunes, selon des analystes.
Novice en politique, Peter Magyar a réussi en deux ans à construire un mouvement d’opposition capable de faire tomber Viktor Orbán qui a forgé un système à son service et celui de ses proches depuis son retour au pouvoir en 2010. Après avoir voté en début de matinée à Budapest, Peter Magyar, 45 ans, avait appelé les Hongrois à se mobiliser pour cette «élection décisive». «Nous choisissons entre l’Est ou l’Ouest, la propagande ou un débat public honnête, la corruption ou une vie publique intègre (...)», a-t-il dit, ajoutant plus tard dans la matinée: «ce soir, le cauchemar que nous avons vécu ces dernières années prendra fin».
«Je suis là pour gagner», avait déclaré de son côté Viktor Orbán après son vote à Budapest, mettant en avant ses amitiés à travers le monde «des États-Unis à la Chine, en passant par la Russie et le monde turc» et envoyant une énième pique à Bruxelles, qu’il accuse de vouloir priver la Hongrie de «sa souveraineté». Le dirigeant nationaliste a reçu le soutien très appuyé du président américain, Donald Trump qui a multiplié les messages vendredi, promettant de mettre la «puissance économique» des États-Unis au service de son «ami» anti-immigration comme lui. Son vice-président, JD Vance, est venu à Budapest cette semaine vanter ses mérites et critiquer l’ingérence des «bureaucrates de Bruxelles».
Stagnation et corruption
Viktor Orbán, qui a érigé son pays de 9,5 millions d’habitants en modèle de démocratie illibérale, est considéré comme un exemple par de nombreux mouvements d’extrême droite à travers le monde. Il est aussi proche du président russe, Vladimir Poutine, et a régulièrement critiqué les sanctions de l’Union européenne contre la Russie depuis qu’elle a envahi l’Ukraine en 2022.
L’UE, dont la Hongrie fait partie depuis 2004, a gelé des milliards d’euros de financements, l’accusant de saper l’État de droit. Durant sa campagne, Viktor Orbán a promis de poursuivre sa répression contre les «fausses organisations de la société civile, les journalistes vendus, les juges (et) les politiciens». Viktor Orban s’est aussi présenté comme un rempart contre l’Ukraine, qu’il accuse de vouloir entraîner les Hongrois dans la guerre. Mais face à la stagnation de l’économie et une corruption devenue trop flagrante, l’argument n’a pas pris, selon des analystes.


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