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Lecornu donne ses explications au fiasco du 17 octobre, entre renseignements et stratégie policière

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Politique 20/10/2026 17:00 Actualisé le 20/10/2026 17:53

Le Premier ministre promet de « tirer les conclusions assez rapides » de ce qui n’a « pas fonctionné » dans le maintien de l’ordre ce week-end. Il y a tout intérêt.

Renseignements, stratégie policière... Lecornu donne ses explications au fiasco du 17 octobre

XAVIER GALIANA / AFP

Renseignements, stratégie policière... Lecornu donne ses explications au fiasco du 17 octobre

La partie de Cluedo commence. Acculé par les oppositions, et certaines voix au sein même de son propre camp, qui cherchent à comprendre quels sont les dirigeants et les ordres responsables du fiasco du 17 octobre, le Premier ministre a donné quelques éléments de réponse, ce mardi 20 octobre, à l’Assemblée nationale.

À l’évidence, tout n’a pas bien « fonctionné », a d’abord reconnu Sébastien Lecornu, en réponse aux nombreux députés qui s’exprimaient sur les scènes de violence et de pillages qui ont émaillé la mobilisation sociale le week-end dernier et qui occupent, depuis, l’essentiel de l’actualité. Difficile de dire autre chose quand les maires des plus grandes villes du pays évoquent leur sentiment d’abandon face aux exactions incontrôlables.

Or, selon l’exposé du chef du gouvernement ce mardi, les services de renseignement et le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez (dont la démission a été refusée par Emmanuel Macron lundi) sont appelés à rejoindre le banc des accusés. Pour cause, les deux ont lourdement failli, si l’on suit ses explications.

Incapables d’anticiper la fronde

Pour Sébastien Lecornu, tout d’abord, cette éruption de violence remet en cause « la capacité de notre renseignement à tout voir. » « Notre renseignement a vu beaucoup de choses, mais pas tout », a-t-il effectivement lancé, en réponse au député MoDem Marc Fesneau, sans plus de détails. Quelques minutes plus tard, Laurent Nuñez évoquait quant à lui des manquements précis sur « les prévisions et les anticipations » concernant « le volume de manifestants d’une part, et d’autre part, la présence quasi systématique de casseurs et de pilleurs qui sont venus se greffer à ces mouvements. »

Comme le gouvernement, les services de police intérieurs n’ont effectivement pas pris la mesure de la colère, ni de l’ampleur de la contestation sociale à l’œuvre cet automne. De fait, les renseignements tablaient sur environ 150 000 manifestants partout en France, selon une note dévoilée par plusieurs médias jeudi dernier, quand ils étaient finalement 500 000 ou un peu moins d’un million (selon les différentes sources) à se réunir dans les grandes villes.

Ensuite, Sébastien Lecornu a évoqué deux décisions précises venues du ministre de l’Intérieur et ses services, lesquels ont pu contribuer à la chienlit. Toujours à l’Assemblée, il a effectivement évoqué « un dispositif » policier « trop statique et pas assez mobile » pour répondre à de tels événements. Comprendre : trop centré sur les manifestants (sévèrement encadrés dès les premières minutes de leur marche), et pas assez sur les éventuels débordements - pourtant prévisibles.

Nuñez sous pression

« À Paris, c’est la BRAV-M qui a fait preuve de beaucoup d’efficacité, parce que précisément, face aux essaims de délinquants, de pilleurs ou de casseurs, c’est l’utilisation plus mobile des forces qui a été efficace », a ainsi assuré le Premier ministre, conforté quelques minutes plus tard par Laurent Nuñez. Ces individus ont fait irruption « de manière extrêmement éclatée pour disperser les forces et éclater le dispositif policier », a précisé ce dernier.

Dans ce contexte, on comprend enfin qu’un dernier « choix » opéré par Beauvau, selon la terminologie du chef du gouvernement, a été de nature à compliquer la tâche des forces de l’ordre mobilisées : « le fait de ne pas avoir annulé les congés longue durée pour les policiers et les gendarmes qui avaient été largement sollicités en Hexagone et en Outre-mer. » « Un choix que je respecte », a déclaré Sébastien Lecornu devant les députés, en ce qu’il a peut-être évité certaines bavures, mais qui a inévitablement provoqué des manques dans les rues.

Voilà donc pour ce premier retour de (mauvaise) expérience. Force est de constater qu’il en appelle plusieurs autres, dans le climat politique éruptif actuel. Sur le terrain, tout d’abord, le gouvernement promet de tout faire pour que la prochaine journée de mobilisation sociale (samedi 24 octobre) ne vire pas au chaos. Au Parlement, ensuite, ces mêmes protagonistes auront à s’expliquer sur un échec qui fera date.

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