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Le sort des collèges et des universités encore loin d’être réglé malgré le gel

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Le gel des subventions aux collèges et universités publiques annoncé mardi ne marque pas la fin des discussions sur l’avenir sur le secteur. Les hauts dirigeants des institutions francophones se disent prêts à discuter, mais demandent au gouvernement de préciser sa vision et ses attentes.

À l’approche du dépôt du budget provincial 2026-2027, la première ministre Susan Holt avait préparé le terrain et demandé aux ministères de chercher des économies de l’ordre de 10 à 15 %.

Dans le secteur postsecondaire, les étudiants et les administrateurs s’attendaient à des compressions. Mais le ministre des Finances n’a finalement pas sorti la tronçonneuse et a annoncé un gel des subventions aux institutions publiques.

Le recteur de l’Université de Moncton, Denis Prud’homme, reconnaît que cela a été une agréable surprise. Dans un premier temps, on a été soulagés, explique-t-il en entrevue au lendemain du dépôt du budget.

Denis Prud'homme pose pour la photo.

Le docteur Denis Prud'homme, recteur de l'Université de Moncton

Photo : Radio-Canada / Pascal Raîche-Nogue

Il explique que, depuis quelques semaines, lui et ses collègues se préparaient à la possibilité que la subvention de fonctionnement de l’institution soit réduite de 10 %. Tout un défi, quelques semaines à peine avant le début de la prochaine année financière.

C’était pour nous très difficile de penser être en mesure d’aller chercher un 10 % dans le budget actuel sans avoir un temps de réflexion, de travail, d’évaluation des différentes options, dit-il.

Denis Prud’homme note toutefois que le gel annoncé par le ministre Legacy va tout de même pousser l’Université de Moncton à réduire ses dépenses et d’envisager une nouvelle hausse des droits de scolarité.

Zéro pour cent pour nous, c’est quand même une coupure dû à l’inflation et aux charges qui sont associées au niveau de conventions collectives. [...] Ce qu’on a fait, c’est qu’on a demandé à l’ensemble de nos services, de nos facultés, de nos campus d’identifier des endroits qui peuvent avoir des gains, des réductions d’investissements, de dépense.

Même son de cloche du CCNB

Le PDG du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB), Pierre Zundel, accueille lui aussi favorablement la décision du gouvernement de faire preuve de patience et de renoncer à l’imposition de compressions dès l’année 2026-2027.

Pierre Zundel devant un bâtiment du CCNB.

Pierre Zundel attend des précisions du gouvernement sur le montant exact de la subvention qui sera accordée au CCNB. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

Ils se sont donné le temps, ils nous tous donné le temps de bien décider. Parce qu’il y a des gros enjeux. Si on coupait de façon bête dans ce secteur-là, étant donné les pénuries de main d’œuvre – pensons au secteur de la santé par exemple, avec toutes les personnes qui peuvent être affectées – ça aurait pu être désastreux, dit-il.

Pierre Zundel attend maintenant plus d’informations de la part du gouvernement provincial sur la subvention exacte que recevra son institution. Et s’il s’avère qu’elle est exactement la même que celle reçue en 2025-2026, des ajustements devront être apportés.

Si c’est bel et bien zéro pour cent, ça va être à peu près le même genre de processus [que l’Université de Moncton]. Parce qu’on a aussi des conventions collectives qui ont été signées cette année. Il va falloir aller chercher des économies pour balancer les livres, si c’est le cas. Alors nous, on attend une confirmation précise de ce qui va venir dans une direction avant de faire des compressions.

Des compressions toujours sur la table

Dans le secteur, les étudiants et les administrateurs s’attendent tous à ce que le gouvernement remette sur la table la possibilité de réduire de 10 % les subventions aux institutions postsecondaires publiques à l’approche du dépôt du prochain budget annuel.

Manifestation, affiches "touche pas à mon campus".

Des étudiants manifestent devant l'Assemblée législative à Fredericton le 17 mars 2026.

Photo : Radio-Canada / Nadia Gaudreau

Les dirigeants de l’Université de Moncton, du CCNB et de la FÉCUM (la Fédération étudiante du Campus universitaire de Moncton) signalent tous que c’est le message qui leur a été communiqué par Fredericton.

Mardi, le ministre des Finances n’est pas allé jusque là. Il s’est contenté de dire que la discussion avec les universités continue et qu’il faut regarder où l’argent est dépensé.

ll a noté que les étudiants paient des droits de scolarité élevés, et ce, malgré le fait que le Nouveau-Brunswick est l’une des provinces qui subventionne le plus les études postsecondaires.

René Legacy se réjouit de voir les étudiants s’intéresser au financement des institutions et aux droits de scolarité élevés et dit qu’il partage leur désir de regarder à différentes façons de faire les choses, en ajoutant que c’est ce dont a besoin le secteur.

René Legacy.

Le ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, René Legacy, a des questions pour les dirigeants des institutions postsecondaires.

Photo : La Presse canadienne / Stephen MacGillivray

Le PDG du CCNB, Pierre Zundel dit qu’il est tout à fait prêt à participer aux discussions et à réfléchir à ce qui peut être fait dans son secteur pour réduire les dépenses et aider les institutions à être plus efficaces.

Il exhorte toutefois le gouvernement Holt à prendre son temps.

C’est vraiment un secteur dans lequel il faut soigneusement étudier les options, comprendre les effets et planifier en conséquence [...] ça touche le secondaire aussi, l’avenir des jeunes. Il y a toutes sortes de facteurs qui viennent en ligne de compte qui font que c’est compliqué et qu’il faut se donner le temps de le faire, dit-il.

Le recteur de l’Université de Moncton abonde dans le même sens. Il souhaite que le gouvernement communique clairement au cours des prochains mois et qu’il n’attende pas à la dernière minute pour présenter ses attentes.

Ce que le ministère nous demande, c’est de revoir l’écosystème du postsecondaire au Nouveau-Brunswick. Ce n’est pas uniquement un exercice financier. Donc, il faut, dans un premier temps savoir quelle est la vision du gouvernement par rapport au secteur postsecondaire, quelles sont leurs nouvelles attentes par rapport au secteur postsecondaire, ajoute Denis Prud'homme.

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