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Une autre page se tourne sur la rue Racine, au centre-ville de Chicoutimi. Après 40 ans, le restaurant Café Croissant fermera ses portes à la fin de l'année. La baisse d'achalandage et des mises à jour nécessaires à la cuisine ont eu raison de la propriétaire, qui s'est finalement résignée à fermer après la période des fêtes.
Les clients réguliers se font plus rares au Café Croissant depuis quelques années, avec les fermetures successives au centre-ville jusqu'au déménagement du CLSC, plus bas sur la rue Racine, l'année dernière.
Dans le contexte, le restaurant était déjà devenu à peine rentable, donc lorsque les assureurs ont exigé la mise aux normes de la hotte de cuisine en septembre, ç'a été le coup de grâce.
Avec la main-d'œuvre, c'est autour de 100 000 $. Ça m'a coupé les jambes. Je me suis dit: "C'est sûr que non".

Annie Guillemette est propriétaire du Café Croissant depuis une quinzaine d'années.
Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis
Une décision crève-cœur
Sa décision est définitive, même si elle est toujours crève-cœur. Si ça n'avait pas été de l'histoire de la hotte, probablement que je serais restée ouverte, je n’aurais jamais pris la décision de fermer, parce que je me sentais coupable.
Il y a deux semaines, Annie Guillemette a pris un de ses clients réguliers à part avant de lui servir son repas du midi pour lui annoncer la fermeture du restaurant.
J'ai braillé, je vais le dire honnêtement. Ça fait deux ans que je viens dîner ici tous les midis, que je parle à ces femmes-là tous les midis, je pense qu'Annie connaît mieux que ma propre mère comment j'aime mon repas. Je déteste le pâté chinois, je noie ça dans le ketchup, pas le sien, tu ne mets pas du ketchup dans le pâté chinois d'Annie, a raconté Justin Riverin.

Jacob Riverin est un client régulier du Café Croissant et le directeur de la librairie indépendante Les Bouquinistes.
Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis
Jacob Riverin y a trouvé bien plus que de la nourriture. Il y a trouvé une nouvelle famille.
C'est ça, le Café Croissant, c'est débarquer chez ta tante. C'est pour ça que je viens. [...] j'ai eu un mauvais matin, ce n'est pas grave, je vais aller dîner, puis ça va bien aller. Il n’y a pas ça ailleurs.
Les employées ont pleuré depuis la semaine dernière.
Moi, c'est surtout de perdre mon employeur, des employeurs comme ça, il n'y en a plus beaucoup dans la vie. Une job comme ça, je vais en trouver une, mais un employeur comme ça, il n'y en aura pas un autre, a partagé Johannie Tremblay, une des serveuse du restaurant.
Baisse d’achalandage
En plus d'être un client régulier du Café Croissant, Jacob Riverin est directeur de la librairie indépendante Les Bouquinistes, située tout près. Il se désole qu’un autre commerce ferme au centre-ville. Plus il y a de fermetures, moins il y a de gens qui vont se déplacer pour être sur la rue, moins il va y avoir de clients. Ça va être compliqué pour tout le monde, c'est déjà compliqué sur la rue Racine, déplore-t-il.
La fermeture annoncée du Café Croissant ramène à l'avant-plan la désertion du Carrefour racine, où ce sont presque juste des locaux vides qui meublent l'endroit.


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