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À la suite de l’accord sino-canadien conclu en janvier dernier, Pékin a suspendu temporairement les droits de douane appliqués à certains produits canadiens, comme le tourteau de canola. Les producteurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean voient cette mesure d’un bon œil, après avoir été pénalisés par ces tarifs douaniers pendant près d'un an.
La réouverture du marché chinois au tourteau de canola canadien pourrait représenter un moteur économique significatif pour l’industriel, selon le producteur de grains hébertvillois, William Van Tassel.
À moyen terme, ce que ça va faire, ça devrait aider à augmenter le prix du canola. Pourquoi? Parce qu’il y a plus d’usines qui sont ouvertes au Canada qui transforme le canola, où on extrait l’huile. Ça, ça veut dire qu’il y a beaucoup de tourteau. Et ça prend des acheteurs pour ce tourteau-là, a expliqué l’agriculteur.

Le producteur de grains hébertvillois, William Van Tassel, se réjouit des nouvelles ententes avec la Chine sur le canola.
Photo : Radio-Canada / Anissa Leduc
Bien que la suspension temporaire des droits de douane permette d'envisager une diversification des marchés, le retrait des tarifs douaniers jusqu'à la fin de l'année demeure insuffisant pour stabiliser le marché canadien du canola, selon M. Van Tassel.
Ça crée une insécurité pour voir qui va être nos acheteurs, a-t-il précisé. Il y en a qui [achète] aux États-Unis, mais dans le temps, il y en avait beaucoup en Chine. Mais depuis les tarifs, il n’y avait plus d’acheteurs chinois, donc ça va faire un marché pour des résidus de canola, le tourteau.

Le gouvernement chinois n'a cependant pas levé ses droits de douane sur les graines de canola, qui est l'un des principaux enjeux pour le gouvernement Carney dans le cadre de ses efforts de normalisation des échanges commerciaux avec la Chine. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh
L’Union des producteurs agricoles profite de cette occasion pour inciter les agriculteurs à maintenir leur production de canola.
On encourage encore les producteurs à en semer, parce qu’il va y avoir des futurs plus intéressants. On voyait la bourse cette semaine, qui voyait ça très positivement, a assuré le président régional, Jean-Thomas Maltais. C’est quand même très encourageant pour ceux qui en produisent, pour qu’ils puissent continuer d’en produire à des coûts raisonnables.
Se concentrer sur l’ACEUM
Au Bloc québécois, les réactions contrastent avec celles des producteurs de grains. Selon le député de Jonquière, Mario Simard, le gouvernement devrait prioriser la renégociation de l'Accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique (ACUEM), au lieu de chercher à conclure de nouvelles ententes avec la Chine.
Il ne faut pas mettre toutes nos billes dans le même panier, mais j’ai l’impression que le gouvernement accorde moins d’importance à la négociation avec les Américains depuis quelque temps, a rapporté l’élu. Ce serait bien que le gouvernement fédéral s’attarde à ça un peu et à notre relation avec les États-Unis.

Selon le député de Jonquière, Mario Simard, le gouvernement devrait prioriser la renégociation de l'Accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique (ACUEM), au lieu de chercher à conclure de nouvelles ententes avec la Chine.
Photo : Radio-Canada / Marie-Michèle Bourassa
Même si Pékin a levé ses tarifs, les États-Unis ont imposé mardi de nouveaux droits de douane de 10 % sur les produits canadiens qui ne sont pas couverts par l'ACEUM.
L’entrée en vigueur du 10 % aux États-Unis, [ça montre] l’importance de renégocier l’ACEUM, et très rapidement. Plus on aura de produits qui seront dans le cadre de l’ACEUM, moins on portera flanc à de nouveaux tarifs.
Avant que Pékin n'impose d'importants tarifs sur certains produits canadiens, la Chine était le deuxième marché d'exportation pour le canola canadien en 2024.


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