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Grand-Sault a accepté une demande de modification de zonage dans le but d'accueillir un centre de transbordement ferroviaire. Alors que la municipalité néo-brunswickoise espère que le site lui permettra de devenir un centre névralgique de transport ferroviaire entre Moncton et Montréal, un éleveur voisin affirme que le projet a entraîné la morte de plusieurs de ses bêtes.
Les travaux en lien avec le projet, qui permettra de charger et décharger des trains de marchandises, vont bon train depuis plusieurs mois déjà.
L'aménagement du terrain a été la première étape. Quand Gagnon Construction a fait l’acquisition du terrain, il n’avait besoin de faire changer le zonage pour l'aménagement du site, explique la mairesse adjointe de Grand-Sault, Josée Rioux-Walker.
C'était vraiment un champ qui était vide. Il y avait un peu de foin, mais pas vraiment d'agriculture qui se faisait là. Il a aménagé le terrain, incluant le dynamitage. Il avait tous les permis, a-t-elle expliqué en entrevue, mercredi.

Josée Rioux-Walker est mairesse adjointe de Grand-Sault.
Photo : Radio-Canada / Allyson Dubé
Lorsque le projet est passé à l’étape de la construction, une demande de modification du zonage agricole à un zonage industriel a été soumise à la ville.
Le conseil a décidé d'accélérer le processus, indique Josée Rioux-Walker. On essaie de pouvoir accommoder l'économie.
Des centres comme ça, ça attire d'autres types d'industries, soutient-elle.
Grâce à ce lieu stratégique, la ville souhaite devenir une plaque tournante pouvant desservir les grands comme McCain, Irving [...] pour transporter de la marchandise qui n’est pas périssable, explique Mme Rioux-Walker.
Bien que Grand-Sault est d'avis que le nouveau centre de transbordement aura des retombées économiques intéressantes pour la municipalité, le projet ne fait pas l'unanimité.
Les travaux de dynamitage menés sur le site ont mis en furie Mathieu Cyr, le propriétaire de la ferme voisine.
Ses chevaux ont été épouvantés, dit-il.
Cette année, y'a pas un poulain à côté des juments. Les juments ont toutes avorté, dit l’éleveur.

Selon Mathieu Cyr, les chevaux de sa ferme n'ont pas eu de petits cette année en raison des travaux de dynamitage effectués afin d'aménager un nouveau centre de transbordement à Grand-Sault.
Photo : Radio-Canada / Allyson Dubé
Elles donnent habituellement naissance à une quinzaine de poulains par an, précise-t-il.
Il accuse Gagnon Construction d’avoir causé la mort de ses animaux.
L'année passée, on a perdu des juments dans le clos, ici. Elles sont tombées raides mortes après un blastage, affirme Mathieu Cyr.
On n’a pas juste des chevaux, on a des bêtes à cornes, poursuit-il. On a un cheval qui nous a coûté 15 000 $, un cheval pur-sang qui vient du Manitoba. On l'a perdu.
Ce que vous voyez dans la neige, c'est des roches, a-t-il expliqué cette semaine, lors d’une visite de sa propriété. Ç’a revolé. La shed est tout poquée.
Tout était autorisé, dit l’entreprise
Aucun dynamitage n'a été effectué sans les autorisations appropriées, souligne Gagnon Construction. Le projet progresse conformément aux quinze conditions adoptées par le conseil municipal. Les opérations de dynamitage devraient cesser d'ici la fin de 2027.

Les locaux de Gagnon Construction à Saint-André, au Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Allyson Dubé
Gagnon Construction affirme dans une lettre adressée aux médias que, si des dommages légitimes et documentés ont été occasionnés, tout a été remis par l’entreprise dans un état équivalent ou supérieur.
La lettre ne fait cependant pas mention des chevaux de M. Cyr.
La mairesse adjointe de Grand-Sault affirme toutefois que des mesures ont été prises pour accommoder l'éleveur.
On sympathise avec ça, c'est pour ça qu'on a trouvé des façons d'atténuer ça, déclare Josée Rioux-Walker. Les plus importantes, on a la clôture, mettre des barrières de son, aussi remettre de la verdure.
Pas à vendre
L'entreprise Gagnon Construction affirme avoir proposé de relocaliser la ferme et les animaux de M. Cyr, mais cette offre a été refusée.
Soixante ans que je prends soin de ces terres, clame Mathieu Cyr. On a assez de respect pour nos ancêtres et nos grands-parents, on n’est pas prêt à donner notre butin pour s'en aller.

Les chevaux de la ferme familiale centenaire de Mathieu Cyr, à Grand-Sault, au Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Allyson Dubé
Sa propriété n’est pas à vendre, ajoute-t-il.
Tu peux acheter ce qui est à vendre, mais t'achèteras pas ce qui est pas à vendre. Je marche pas avec un signe For Sale dans le dos, s’insurge-t-il.
Malgré les doléances de Mathieu Cyr, maintenant que les changements de zonage ont été acceptés par la municipalité, le projet ira de l'avant
On a quand même suivi les procédures. On a laissé le temps à la communauté d'agir, assure la mairesse adjointe.


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