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Le maire de Matane, Eddy Métivier, est intervenu mercredi auprès du Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités concernant le port de Matane pour réclamer un investissement de la part d’Ottawa.
Eddy métivier a plaidé pour qu’Ottawa revoie son apport à la réhabilitation des installations portuaires.
Le maire disposait de cinq minutes pour faire état de la situation du port de Matane dont les activités pourraient être paralysées d’ici 2033, selon la Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie.
Le port de Matane fait partie des quatre ports de l’Est-du-Québec rétrocédés par Ottawa en 2020. Cette rétrocession venait avec un montant de 148,8 M$ pour couvrir les coûts futurs d'exploitation et d'entretien des quatre installations.
Deux ans plus tard, en 2022, Québec annonçait le versement de 81,3 M$ pour assurer la mise à niveau des seules installations portuaires de Matane. Ces travaux devaient se réaliser entre 2022 et 2026, mais Québec n’a jamais donné son feu vert.

Le maire de Matane, Eddy Métivier, a comparu devant le Comité permanent des transports pour demander un réinvestissement d'Ottawa dans les infrastructures portuaires régionales comme celle de Matane. (Photo d'archives).
Photo : Radio-Canada / Myriam Ouellette
Les sommes se sont rapidement avérées insuffisantes compte tenu de l’augmentation post-pandémie du coût des travaux. C’est ce qu’a fait valoir le maire de Matane devant les membres du Comité permanent des transports. Ma demande, c’est qu’Ottawa s’assoit à nouveau avec Québec pour arriver à contribuer davantage à l’élaboration de ce projet.
Selon les dernières estimations des travaux, la réfection du port coûterait 220 M$. Il manquerait encore 130 M$ pour boucler le financement.
Pour le maire, même si les temps sont difficiles dans un contexte d’économie en transition, c’est le bon moment pour investir. C'est le temps d'entretenir nos équipements, nos infrastructures, c'est le temps d'investir, de moderniser, de sorte qu’on pourra surfer au-dessus de la vague économique lorsqu'elle va repasser.
Un port jugé essentiel
Un des enjeux de la rénovation des infrastructures portuaires est la construction d’un autre quai avant la restauration du port commercial. On ne peut pas, martèle le maire, mettre sur pause l'économie de Matane pendant trois ans ou quatre ans, le temps que se refasse l'entretien et la modernisation du quai numéro un actuel. Ce qu'il faut faire en parallèle un quai, le quai numéro deux, perpendiculaire au quai numéro un ouest actuel.

Quelque 80 entreprises gravitent autour des activités du port de Matane. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Eddy Métivier estime que 80 entreprises et plus de 1100 emplois sont liés directement ou indirectement aux activités du port. Le port est essentiel à des entreprises comme l’usine de pâte Sappi, Habitations Mont-Carleton, Duravit, les entreprises du domaine de l’éolien comme Marmen, souligne le maire. C’est une nécessité ce port-là!
Il ajoute que ces entreprises qui utilisent le port en eaux profondes de Matane ont établi des liens très forts avec l’Europe et l’Asie ce qui, dans le contexte de la guerre tarifaire avec les États-Unis, peut constituer un atout.
Le maire estime que ce qui est bon pour Matane est bon aussi pour tous les autres ports situés en région.
Il a fait valoir devant le Comité qu’Ottawa ne devrait pas investir seulement dans les grands ports d’importance majeure, mais se soucier aussi des infrastructures locales et régionales.
Le projet du port de Matane est inscrit au Plan québécois des infrastructures (PQI) pour sa phase de planification. Si les travaux étaient autorisés cette année, au printemps, la Société portuaire évalue qu’elle pourrait lancer le chantier en 2028 pour une fin prévue en 2033.


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