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Le phragmite progresse avec les changements climatiques

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Vous l’avez certainement aperçu au bord des cours d’eau et des fossés routiers : le phragmite exotique, aussi appelé roseau commun, est bien présent au Québec. Si les efforts pour l’éradiquer semblent porter leurs fruits dans certains milieux, sa propagation demeure toutefois en augmentation.

Originaire d’Eurasie, le phragmite est une plante envahissante assez agressive, précise Jérôme Guay, biologiste à la Direction générale de la Capitale-Nationale du ministère des Transports et de la Mobilité durable, en entrevue avec Radio-Canada.

La plante, qui peut atteindre une hauteur de cinq mètres, aurait été introduite au Québec il y a un peu plus d’une centaine d’années, note le biologiste, mais elle est restée assez discrète avant de commencer à se propager dans les années 1960 et 1970.

roseau commun

Le roseau commun est une plante envahissante qui menace la biodiversité lorsqu'elle s'implante sur un territoire. (Photo d'archives)

Photo : Gracieuseté : Comité ZIP-du-Sud-de-l'Estuaire

Dans les 30 dernières années, on voit une grande progression, surtout en termes de volume, dit-il, sans toutefois avancer de données puisqu'aucune gestion précise de la plante n’est effectuée au Québec. La progression augmente à la faveur des changements climatiques, parce que les saisons de croissance de la plante augmentent, ce qui lui permet de prendre de plus en plus de place, d’envahir de plus en plus de milieux sensibles.

En quoi le phragmite est-il dommageable?

C’est que la plante émet des toxines dans le sol qui nuisent aux plantes compétitrices, et qui pourraient, disons, utiliser les ressources qu’elle recherche, explique Jérôme Guay.

Chaque tige produit 300 graines qui sont ensuite dispersées dans l'environnement par le vent ou les cours d'eau. On les retrouve à des distances impressionnantes, [parfois] à 10 kilomètres de la plante d’origine, précise le biologiste.

C’est aussi une plante qui a une reproduction qu’on dit "végétative" qui est très efficace. C’est-à-dire qu’il y a un clone qui peut repousser d’un fragment de plante qui a été abîmé et qui s’est retrouvé, pour une raison ou pour une autre, sur un autre terrain.

Un groupe de roseau en commun sur le bord de l'autoroute,

Le phragmite arrive à tolérer «les conditions difficiles de bord de route, notamment la présence de sels de déglaçage», précise Jérôme Guay. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Chantal Dubuc

Les abords des autoroutes correspondent exactement à l'habitat de prédilection du phragmite. La plante cherche des milieux ouverts, ensoleillés, peu ombragés. Il lui faut des endroits qui sont drainés, mais qui contiennent une bonne quantité d’eau régulièrement.

Le phragmite arrive également à tolérer les conditions difficiles de bord de route, notamment la présence de sels de déglaçage, ajoute M. Guay.

Les endroits où on en trouve dans les environs de Québec :

  • Beaupré, sur la route 360;

  • Boischatel, sur la route 138;

  • Sainte-Famille-de-l’Île-d’Orléans, sur la route 368;

  • Saint-François-de-l’Île-d’Orléans, sur la route 368;

  • Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans, sur la route 368;

  • Saint-Laurent-de-l’Île-d’Orléans, sur la route 368;

  • Saint-Pierre-de-l’Île-d’Orléans, sur la route 368;

  • Stoneham-et-Tewkesbury, sur la route 175.

Source : Ministère des Transports et de la Mobilité durable

Le gouvernement du Québec signale d’ailleurs sur son site internet que la vente de cette espèce et sa culture à des fins de multiplication sont interdites au Québec en vertu du nouveau Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes.

De son côté, la Ville de Québec la décrit comme l'une des espèces envahissantes les plus difficiles à contrôler, rappelant sur son site web que le phragmite ne doit jamais être composté ou jeté dans la nature. Il doit être placé dans des sacs à ordures robustes et jeté aux ordures.

En 2013, après avoir constaté que la plante commençait à envahir les berges restaurées de la rivière Saint-Charles, la Ville a déployé un programme d'élimination du phragmite exotique comprenant un ensemble de mesures annuelles, dont l'extraction manuelle, le bâchage, la coupe répétée, l'emploi raisonné d'herbicides, et la plantation d'arbres et d'arbustes.

Ces mesures doivent être répétées sur plusieurs années, mais elles présentaient déjà en 2015 des résultats encourageants.

Avec des informations d’Alexandre Painchaud

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