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À quelques heures de la cérémonie d’ouverture, Vincent Boily avoue ressentir une certaine fébrilité. Le joueur almatois de l’équipe nationale de hockey-luge fait partie de la cinquantaine d’athlètes canadiens qui participent aux Jeux paralympiques de Milan-Cortina.
C'est sûr qu’on commence à sentir un peu plus le stress, ça fait 40 jours qu'on est partis sur la route, puis finalement ça va être le début, témoigne le para-athlète en entrevue à l’émission C’est jamais pareil.
Sa route vers Milan-Cortina ne s’est pas faite sans embûches. Ça a été un long huit ans, mais je suis content d'être là où je suis rendu aujourd'hui, confie-t-il.
La vie de Vincent Boily a basculé en 2017, alors qu’il n’avait que 16 ans. De retour dans sa région natale pour célébrer le temps des fêtes avec sa famille, le jeune hockeyeur a été victime d’un grave accident de motoneige au Mont-Fortin, dans l’arrondissement de Jonquière.
Le bilan est lourd pour l’ancien choix au repêchage de l’Océanic de Rimouski : un bras cassé, les deux jambes fracturées, des chevilles sévèrement blessées et une commotion cérébrale. Une vertèbre a éclaté sous l’impact, comprimant sa moelle épinière. Il devient partiellement paralysé.
Après de longs mois à l'hôpital, je voulais reprendre un peu ma vie en main, puis retourner dans le sport. Mais c'est sûr que ça a été long avant que je puisse vraiment trouver le bon sport, mais dès que j'ai commencé à jouer au parahockey, mon mental a vraiment switché, poursuit celui qui a chaussé des patins pour la première fois à l’âge de trois ans.
Loin de s'apitoyer sur son sort, il a voulu prouver qu’il pouvait faire de grandes choses. La volonté d’affronter l’adversité l'a notamment poussée à gravir le Kilimandjaro à l’aide de bâtons de marche.

Vincent Boily a escaladé le Kilimandjaro à l’aide de bâtons de marche.
Photo : Gracieuseté Vincent Boily
Je pense que c'était pour le prouver à moi-même aussi puis inspirer les autres.
Au-delà du résultat sur la patinoire, Boily estime que les Jeux paralympiques sont surtout une bonne vitrine pour inculquer une bonne dose de motivation au public et, surtout, aux plus jeunes personnes en situation de handicap devant leur téléviseur.
La première fois que j'ai regardé les Jeux paralympiques, c'était la première fois que je voyais le sport en vrai. Je pense que c'est vraiment une belle occasion pour les jeunes para-hockeyeurs ou les jeunes personnes qui ont un handicap qui ont un intérêt pour le hockey de regarder, puis, après ça, d'essayer le sport, souligne-t-il, à l’autre bout du fil.
Venger le pays
Boily ne s’en cache pas, même si ce n’est pas la raison ultime de sa participation, venger l’honneur du Canada, dont les équipes de hockey masculin et féminin ont perdu en finale du tournoi olympique contre les États-Unis, est une source de motivation pour la formation.
C’est un peu à l'arrière de notre tête.
Avec ses coéquipiers, ils visent rien de moins que la plus haute marche du podium. L’attaquant reconnu pour sa vitesse espère connaître un tournoi productif sur le plan offensif, devant presque toute sa famille.
Ce sont des trucs qu'on ne peut pas vraiment contrôler pour le moment. On veut quand même aller chercher une médaille d'or au hockey au Canada, on sait à quel point c'est important pour le sport, ajoute-t-il.
Avec des informations de Jean-François Coulombe


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