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L’entente entre Québec et Ottawa pour la protection du caribou est une bonne nouvelle, selon la forestière Boisaco et la Société pour la nature et les parcs (SNAP) Québec. Toutefois, plusieurs éléments devront être éclaircis, notamment au sujet de l'accompagnement des communautés forestières, selon les deux organisations.
En 2023, le gouvernement fédéral s’est saisi du dossier, arrivant avec ses gros sabots dans l’intention d’instaurer un décret d’urgence pour protéger l’habitat du caribou, souligne le président de Boisaco, Steeve St-Gelais.
Selon lui, l’entente conclue cette semaine est une reconnaissance de la compétence de Québec en la matière.
Le provincial [est] l'instance qui a le plus la capacité de bien intégrer l'ensemble des préoccupations et des enjeux, particulièrement des communautés forestières et des citoyens et des citoyennes qui y habitent, estime-t-il. C'est clair que pour nous, on trouve que ça va dans une bonne direction.
Concilier coupe et caribou
Une portion des territoires où s’approvisionne Boisaco, dans le secteur du réservoir Pipmuacan, empiète sur l’habitat du caribou forestier. La communauté innue de Pessamit réclame la création d’une aire protégée dans ce secteur depuis 2020.
Cependant, aucune mesure n’a été prise en bonne et due forme pour soustraire les zones concernées du calcul de possibilité forestière, rapporte le président de Boisaco.
L’entreprise se contente pour le moment d’éviter certains secteurs. Pour l'instant, on est comme un peu dans une situation d'entre-deux en attendant que les choses puissent s'éclaircir un peu plus, indique Steeve St-Gelais.

Steeve St-Gelais est le président de Boisaco. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin
Ce dernier estime que l’aménagement forestier et la protection de l’habitat du caribou forestier ne sont pas incompatibles. Il appelle les différentes parties prenantes à être dans un esprit un peu plus de conciliation et non pas plus dans une vision parfois extrémiste qui veut tout exclure.
Or, les intérêts de l’industrie, des communautés forestières, des groupes autochtones et des organisations de protection de l’environnement doivent être considérés, selon lui. L'ensemble des communautés, à notre avis, sont concernées.
L’entente entre les deux paliers de gouvernement manque d’ailleurs de clarté à ce sujet, selon le directeur général de SNAP Québec, Alain Branchaud.
Je dirais que l'angle mort de cette entente-là, c'est vraiment les communautés forestières. On sait que protéger le caribou va avoir des conséquences. Il faut le nommer, il faut l'accepter. Et comment on fait face à ça? On n’en parle pas du tout dans cette entente-là, argue-t-il au micro de C'est jamais pareil.
Le dossier du caribou est complexe et ne se limite pas juste à des mesures de protection, de conservation, mais à des impacts sociaux aussi sur la population, les communautés forestières entre autres.
Une maigre somme
Bien qu’il salue lui aussi la fin de la querelle entre Ottawa et Québec, Alain Branchaud trouve le financement accordé décevant. L’entente prévoit le versement de 25 millions de dollars de fonds fédéraux à la province sur cinq ans. Ces sommes s’ajoutent aux investissements provinciaux, pour un total de 59,5 millions de dollars pour 2024-2028.
C’est peu, selon M. Branchaud, surtout que là on ne vise pas seulement le caribou forestier, ce sont les trois écotypes. C'est positif pour le caribou migrateur mais ça montre à quel point ce montant-là va être dilué dans le temps.

Alain Branchaud, directeur général de SNAP Québec (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Comme l’entente signe la fin des procédures du décret d’urgence fédéral, il faudra s’assurer d’avoir une stratégie réelle dans ce nouveau contexte, selon lui.
Beaucoup d'argent dans un contexte où tu n’as pas la stratégie complète pour pouvoir aligner ces financements-là, ça peut faire en sorte que les sommes [...] vont être utilisées de façon moins efficace.
C'est pas avec ces sommes-là qu'on va réussir à faire la véritable restauration à grande échelle, tranche-t-il. Le Québec s'est engagé à protéger 30 % [de son territoire] d'ici 2030. Donc ça, on souhaite voir des résultats concrets.
Avec les informations de Michel Gaudreau et Jean-François Coulombe


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