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Un nouvel examen indépendant du système d’éducation du Yukon suscite des critiques chez des intervenants du milieu.
Le gouvernement a annoncé mercredi dernier (nouvelle fenêtre) qu'il avait nommé un comité indépendant pour réaliser un examen approfondi du ministère de l’Éducation. Le Parti du Yukon en avait promis la refonte lors des élections de l’automne dernier.
Tosh Southwick, consultante ayant contribué à un rapport d’étape du ministère de l’Éducation en 2023, affirme avoir levé les yeux au ciel en apprenant que ce nouvel examen aura bel et bien lieu.
Selon elle, il y a déjà de nombreux rapports sur l’éducation qui disent essentiellement la même chose encore et encore.
On n’a pas besoin de plus de rapports. On a besoin d’action, ajoute-t-elle.
Ted Hupé, président de l’Association des professionnels de l’éducation du Yukon, est du même avis.
Des rapports du vérificateur général publiés en 2009 et en 2019 ont déjà mis en lumière des écarts persistants en matière de réussite scolaire, surtout chez les élèves de régions rurales, autochtones et à besoins particuliers.
Le rapport d’étape de 2023 faisait d’ailleurs le point sur les progrès du ministère pour répondre aux recommandations de 2019.
Le ministre de l’Éducation, Scott Kent, défend toutefois la démarche, évoquant sa promesse électorale.

Le ministre de l'Éducation, Scott Kent, en 2020. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Chris Windeyer (CBC)
D'après lui, la grande expertise en matière d’éducation des quatre membres du comité chargé de l’examen garantira qu’il sera approfondi [et] inclusif. Il a aussi assuré que les rapports du vérificateur général joueront un rôle important.
Le rapport final du comité est attendu d’ici la fin de l’année, avec des bilans intérimaires en juin et en septembre.
Ministère en expansion, écoles en recul
Au-delà de cet examen, des critiques visent aussi la structure du ministère de l’Éducation.
Ted Hupé montre du doigt un décalage croissant : la bureaucratie du Ministère s’étend, alors que sa charge diminue. En effet, poursuit-il, la Commission scolaire des Premières Nations au Yukon gère désormais un tiers des écoles du territoire.
C'est devenu une bureaucratie tellement grande [...] qu’elle s’éloigne de plus en plus de son objectif principal, soit les élèves, affirme-t-il.
Tosh Southwick croit aussi que la structure actuelle pose un problème.
On sait que le Ministère est trop lourd, dit-elle, ajoutant qu’il faut recentrer les priorités sur les établissements scolaires.
Contrairement aux provinces, le ministère de l’Éducation du Yukon agit à la fois comme décideur et comme commission scolaire.
Le mandat du comité chargé de l’examen souligne d’ailleurs que cette double fonction constitue un problème structurel à examiner.
Questions concernant le comité
Ted Hupé s’inquiète également de la composition du comité. Trois de ses membres sont d'anciens employés du ministère de l'Éducation, et aucun d'eux n’a enseigné au Yukon, souligne-t-il.
L’une des quatre membres du comité, Judy Arnold, a dit que cette préoccupation était raisonnable, tout en ajoutant qu'ils avaient tous une certaine expérience en enseignement.
Elle a affirmé que l’objectif final est un plan de mise en œuvre pour aller de l’avant.
Avec les informations de Cali McTavish (nouvelle fenêtre)


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