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La crise des opioïdes est bel et bien arrivée sur la Côte-Nord. Les décès liés aux surdoses ont bondi, les visites à l’urgence liées à leur consommation sont élevées, et Santé Québec Côte-Nord recommande de tester les substances avant de les consommer pour détecter si du fentanyl s’y trouve.
Dans les sept derniers mois, Santé Québec Côte-Nord suspecte que 11 personnes sont décédées d’une surdose dans la région.
Pour l’instant, c’est encore une estimation. Si cela s’avère, c’est presque le double comparé à l’année précédente, 2025, quand six personnes en sont mortes. Et l’année n’est pas encore terminée. On attend les différents rapports issus de l’enquête du coroner qui permet de déterminer les causes, précise Geneviève Villeneuve, à la tête du service en prévention et en promotion à la santé publique, au micro de Bonjour la Côte, le 21 juillet.
Santé Québec Côte-Nord suit aussi avec une grande attention les visites aux urgences. Cette année, il y a eu 33 intoxications aux substances psychoactives, un taux semblable à celui de 2025. Par ailleurs, plus de huit visites sur dix sont reliées à l’usage d’opioïdes ou de cocaïne.
La santé publique de la Côte-Nord se dit également préoccupée par le mode de consommation des substances. Les gens en consomment plus d’une à la fois; ça aussi peut avoir de grands impacts, souligne Geneviève Villeneuve.
Pour le moment, la présence de fentanyl mélangé aux drogues de rue sur la Côte-Nord n’est ni confirmée ni infirmée. C’est pourquoi la santé publique recommande d’utiliser des bandelettes de détection de fentanyl pour connaître un peu mieux ce qui compose la substance. Ces bandelettes sont offertes dans les urgences, les dispensaires, et auprès des travailleurs de rue et des organismes communautaires.
La cheffe du service de prévention recommande par ailleurs à tout le monde de se doter d’une trousse de naloxone, un médicament qui renverse temporairement les effets d’une surdose d'opioïde.
Beaucoup plus accessibles qu’avant, les substances dangereuses nécessitent que les établissements de santé suivent la situation de près.
Il faut être réaliste : trouver des drogues, ça n’a jamais été aussi facile, appuie le président du Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances, Alexander Caudarella, lui aussi de passage à l’émission, lundi. Les services de santé doivent être tout aussi disponibles.
En mai, le Centre a publié un guide destiné aux petites municipalités afin de les aider à faire face à la crise des drogues. Parmi ces outils, on trouve 50 interventions axées sur la prévention, les services de proximité, l’aide au logement et à l’emploi.
Le Dr Alexander Caudarella estime que les petites villes ont besoin de solutions différentes pour aider leurs populations.
Il y a souvent moins de ressources dans les petites municipalités. Monter une nouvelle clinique y est beaucoup plus difficile. Les interventions doivent s’insérer à des services qui existent déjà.
Il existe aussi des avantages dans les petites agglomérations, selon lui, comme l’esprit de communauté. On peut l’utiliser pour accélérer les changements.


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