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L'important port minéralier de Sept-Îles tourne à plein régime en ce réveillon de Noël. Depuis plus de 50 ans, les bénévoles du foyer des marins s'affairent à accueillir des travailleurs des quatre coins du monde, qui viennent apprécier un moment sur la terre ferme.
L’équipage du Cape Lily, un énorme vraquier de 300 mètres qui bat le pavillon singapourien, est tout sourire au foyer des marins de Sept-Îles.
Par un froid mordant, la moitié de l’équipage a décidé de descendre à terre pour se réchauffer et se ravitailler avant de reprendre la mer.
James Duldulao, originaire de Sugpun, une petite ville de la province de Ilocos Sur, au nord des Philippines, est en mer depuis août dernier pour un contrat de neuf mois.

James Duldulao est un ingénieur mécanique à bord du Cape Lily.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
L’ingénieur mécanique, loin de sa famille, commence à ressentir le mal du pays. Bière en main et tout de même enjoué, il entend rester quelques heures à Sept-Îles pour faire des provisions.
Le discret Jhune Emma, originaire de la province de Laguna, en mer depuis septembre, a hâte de voir ses deux enfants et sa femme. Il ne croit pas que ce sera possible avant quelques mois. J’espère les voir en mars, parce que souvent nos contrats sont prolongés, ajoute-t-il.

Les marins en ont profité pour jouer au billard et aux échecs avant d'explorer Sept-Îles.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
L’équipage philippin est à Sept-Îles pour charger le navire de minerai de fer de Rio Tinto IOC, en provenance de la mine de Carol Lake, à Labrador City. Le navire devrait lever l’ancre en direction de l’Asie avant Noël.
D'ici là, Jhune Emma veut célébrer avec le reste de l’équipage et appeler sa famille par visioconférence à bord du navire.

Le Cape Lily, accosté au quai de Rio Tinto IOC, débutera un périple de 52 jours avant d'atteindre la Chine.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Ouverture sur le monde
Ces rencontres avec des marins des quatre coins du globe, c'est le quotidien de la bénévole Lucie Lessard depuis près de 25 ans.
Bientôt âgée de 83 ans, l’ancienne infirmière originaire des Bergeronnes se donne pour mission d'offrir un refuge aux marins après de longs mois en mer.

Lucie Lessard s'implique au Foyer des marins depuis près de 25 ans.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Je viens d'apprendre qu'ils s'en vont en Chine et ils vont être quatre mois en mer avant d'arriver en Chine. C'est terrible, hein? C'est pour ça que c'est un lieu de détente, ici. On répond à leurs besoins
Elle s'est toujours émerveillée devant l’enthousiasme des matelots lorsqu’ils profitent de quelques heures de pause pour s’amuser ou correspondre avec leur famille.
Mardi matin, elle est allée remettre des cadeaux de Noël aux marins du Cape Lily incluant des produits d'hygiène, des friandises, des gants, des tuques et des bas chauds.

Médéric O'Brien est originaire du Labrador et a enseigné en Basse-Côte-Nord pendant plusieurs années.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Pour l’ancien enseignant Médéric O’Brien, 79 ans, accompagne les marins de leur navire au foyer des marins, le bénévolat est une occasion de rencontrer des gens du monde entier.
Une ouverture sur le monde lui permettant de se familiariser avec les différentes cultures. D’ailleurs, il reste en contact avec plusieurs marins qu’il a rencontrés dans les dernières années.
Il a hâte d'offrir ses services de l’autre côté de la baie de Sept-Îles. Dès janvier, après une pause causée par la pandémie de COVID-19, les bénévoles du foyer de marins vont reprendre leurs activités au quai de la Relance, qui accueille plus d’une centaine de navires par année.
Après des décennies de bénévolat, un congé bien mérité
Pour l’instant, Lucie Lessard se tient debout et droite, mais la retraite approche. Je leur ai dit que dans deux ans, je vais commencer à me retirer, confie-t-elle.
Méderic O’Brien, qui entend en faire autant, réfléchit à l’avenir de l’institution.

Le Foyer des marins offrent ses services depuis 1974.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Bien que le Foyer des marins ait accueilli quatre nouveaux bénévoles dans les dernières années, ces derniers ne sont pas aussi disponibles que les deux autres, plus âgés.
De plus, il est difficile de recruter des bénévoles qui parlent couramment anglais, un atout essentiel afin de pouvoir échanger avec les marins ukrainiens, russes, chinois et philippins.
N’empêche, il ne perd pas espoir. Je suis sûr qu’il y a des gens qui vont s’impliquer, conclut-il.


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