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Dans l’intérieur de la Colombie-Britannique, le niveau moyen du lac Okanagan n'a jamais été aussi bas pour un mois d'octobre depuis le début de la collecte de ses données hydrométriques par Environnement Canada, en 1943.
Cette situation préoccupe Nelson Jatel, directeur principal des sciences de l’eau et de l’intendance à l’Office des eaux du bassin de l’Okanagan.
Nous sommes nettement en dessous du niveau auquel nous devrions nous attendre à cette période de l’année, déclare-t-il.
Le niveau moyen du mois d’octobre 2026, une donnée provisoire, puisque le mois n'est pas encore terminé, se situe à 341,38 m au-dessus du niveau de la mer. C’est près d’un demi-mètre en deçà du niveau moyen du lac Okanagan de tous les mois d’octobre depuis 1943.
À titre indicatif, le niveau cible de pleine capacité du lac se trouve à 342,48 m, soit 1,1 m de plus que le niveau moyen du mois d’octobre de cette année. Le niveau le plus bas du lac jamais enregistré remonte néanmoins à avril 1974, avant la crue printanière, tombant alors à 341,24 m.
Une cinquième année de sécheresse à l’horizon
Nous sortons d’une période de quatre années consécutives de sécheresse [dans l’Okanagan] et nous pourrions faire face à une cinquième année consécutive en 2027, lance M. Jatel.
Il explique que les principaux facteurs qui influencent le niveau du lac Okanagan sont le manteau neigeux et la pluie des mois de mai et juin, les deux ayant été particulièrement faibles en 2026.

Le fond du lac Okanagan est visible à plusieurs endroits près de la rive, à Kelowna, à la fin du mois d'octobre 2026.
Photo : Radio-Canada / Charlotte Groulx
Le directeur de l’Office des eaux du bassin de l’Okanagan note que la demande en eau du lac n’a pas augmenté de façon notable dernièrement. La demande la plus importante provient de l'agriculture pour la production fruitière et elle est restée relativement constante.
Les poissons et la navigation touchés
Ce niveau historiquement bas du lac survient alors que la période de septembre et d’octobre est la plus importante pour les besoins en eau du secteur agricole, en plus de correspondre au moment de fraie de certains poissons, comme le saumon sockeye.
Cette espèce peut désormais remonter le fleuve Columbia jusqu’au lac Okanagan pour s’y reproduire, grâce à un passage pour poissons construit aux abords du barrage de Penticton et inauguré l’année dernière par l’Alliance des Premières Nations de l’Okanagan.

L'Alliance des Premières Nations de l’Okanagan a construit un passage, en marge du barrage de Penticton, qui permet aux saumons sockeye de se jeter librement dans le lac Okanagan.
Photo : CBC / Curtis Allen
En période de sécheresse, non seulement le volume d’eau diminue, mais cette eau a également tendance à se réchauffer davantage, explique M. Jatel. Ces barrières thermiques ont un effet négatif sur certaines espèces, souligne-t-il.
Le directeur ajoute que la navigation dans le lac Okanagan est également pénalisée. Par exemple, certains usagers de bateaux à coque profonde ont signalé avoir de la difficulté à accéder à leur quai cette année.
Une danse annuelle
Le barrage de Penticton, situé au sud du lac Okanagan et géré par le gouvernement provincial, est la principale infrastructure de régulation du niveau de l'eau de ce bassin, indique Nelson Jatel.
Il parle d’un exercice d’équilibre permanent pour atténuer les effets négatifs de la sécheresse, dont les feux de forêt, tout en essayant de prévenir les inondations, comme les crues historiques survenues en 2017 et 2018 dans l’Okanagan.
C’est une sorte de danse annuelle pour tenter de concilier ces deux côtés d’une même médaille.
Avec les informations de Daybreak South


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