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L'Université de la vallée du Fraser (UFV), en Colombie-Britannique, a mis à pied plus d’une cinquantaine de personnes et laissé vacants 51 postes, selon le Syndicat des employés de l’établissement.
Ces mesures ont également entraîné l'annulation d'environ 450 sections de cours.
En 2024, Ottawa a décidé de réduire le nombre d’étudiants internationaux en mettant un plafond d'approbation de permis d'études au Canada.
L’UFV est l'une des dernières universités en date à en subir les conséquences.
L'université prévoit un manque à gagner de 22,5 millions de dollars en droits de scolarité pour 2026-2027.
Quant à son déficit, l'établissement s'attendait initialement à ce qu'il soit de 21,9 millions de dollars en 2026-2027. Cependant, celui-ci a été revu à la baisse pour atteindre 2,4 millions après les mesures de compression, affirme le syndicat.
Le moral est à son plus bas à la suite des annonces de congédiement d'employés et de professeurs de longue date, déplore le président du syndicat, Greg Mather.
Le processus a été précipité, ce qui a augmenté l’anxiété , rapporte-t-il.
Une centaine d’employés contractuels n’ont pas été rappelés après l’annulation de cours, un processus qualifié de licenciement silencieux par le syndicat.
Pour Cole Reinbold, secrétaire-trésorière de la Fédération des étudiants de la Colombie-Britannique, l’impact de ces mises à pied se ressent déjà dans la vie au quotidien des étudiants.
Nous constatons une diminution du nombre de cours disponibles. La conséquence, c’est que cela retarde l’obtention du diplôme. Selon les conseillers d'orientation, faire ses études en cinq ou six ans est en train de devenir la norme.
Janae Lamb, étudiante en biologie, dit avoir voulu s’avancer dans ses études en s’inscrivant cet été à un cours d’introduction en chimie.
Il n’était pas disponible, ce que j’ai trouvé étonnant, puisqu’il s’agit du type de cours auquel on aurait accès, même l’été , déplore-t-elle.
L’UFV pointe du doigt une baisse de l’allocation des permis pour étudiants internationaux. Cette baisse entraîne moins de revenus pour l'université, laquelle faisait face à un manque à gagner d’au moins 22,5 millions de dollars en droits de scolarité en janvier, selon un bulletin d’information du bureau du recteur de l’université, James Mandigo.
En 2026, le nombre d'étudiants internationaux était de 928, soit une diminution de 48 % par rapport à 2025.
Or, Ghizlane Laghzaoui, vice-présidente pour l’équité du syndicat, qualifie cette situation de catastrophe .
Je ne comprends pas qu'on puisse prendre une telle décision du jour au lendemain, sans ménager un processus d'adaptation pour les universités sur au moins deux ou trois ans , dit-elle.
Le dilemme des licenciés
Aakash Dean, responsable des échanges étudiants, a été licencié le 22 mars à son retour de vacances.
Chaque fois que j'arrive au travail maintenant, j'ai en tête que, dans moins de 30 jours, je ne serai plus à ce poste. C'est difficile d'accomplir des tâches en sachant que je ne serai plus là pour les mener à bien. D'autant plus qu'une grande partie de ce que je fais en ce moment, c’est de la planification pour septembre.
Trois options lui ont été présentées : une indemnité de départ, l'inscription sur une liste de rappel ou le bumping , autrement dit, qu'il prendrait la place d'un employé qui a moins d'ancienneté. Aakash Dean a 25 jours pour prendre une décision.
Or, puisqu’il détient un permis de travail fermé qui le lie à l’Université de la vallée du Fraser, quitter l’organisation l'empêcherait de travailler au Canada.
« En prenant la place d’un autre employé, l’idée qu’il pourrait perdre sa place à cause de moi…. Je trouve que c'est une décision très lourde à porter », explique-t-il.
Il s’est dit surpris de passer à la trappe, puisqu’après trois ans et demi dans l’établissement d’autres collègues ont moins d’ancienneté que lui.
Plusieurs licenciements n’ont pas tenu compte de l'ancienneté, déplorent le président et la vice-présidente pour l’équité du Syndicat des employés de l’UFV.
Les gouvernements doivent payer
Afin de sortir l’université de son marasme financier, les gouvernements doivent délier les cordons de la bourse, estiment plusieurs parties prenantes.
Seul un financement de fonctionnement provenant à 75 % du gouvernement provincial peut résoudre ce problème , dit Mme Reinbold.
Un porte-parole du ministère de l’Éducation postsecondaire estime que, depuis 2017, le gouvernement a augmenté le financement de 1,2 milliard de dollars par année pour atteindre 3,2 milliards de dollars, malgré la stagnation des inscriptions nationales et la chute rapide du nombre d’étudiants internationaux .
La ministre responsable du dossier, Jesse Sunner, a rencontré depuis des responsables fédéraux du ministère de l’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada pour revoir les questions d’immigration.
Avec des informations de Kier Juno


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