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Devant l’annonce que l'Alberta déposera jeudi son projet d'oléoduc d'une capacité de 1 million de barils par jour traversant la Colombie-Britannique, des groupes environnementaux se sont rassemblés à Vancouver pour ériger une immense bannière qui dénonce ce nouveau projet d'énergie fossile vers la côte Pacifique.
Des militants des groupes Frack Free BC, Stand.earth et Wilderness Committee affirment qu'ils veulent profiter de l'achalandage à Vancouver causé par la Coupe du monde pour lancer un message clair au premier ministre du Canada, Mark Carney : ils ne veulent aucun nouveau pipeline de pétrole brut vers la Colombie-Britannique.
Pour Isabel Siu‑Zmuidzinas, du groupe Wilderness Committee, ce projet est inacceptable.
Elle accuse Ottawa de se servir des menaces posées par le président américain Donald Trump pour justifier la hausse des exportations d'hydrocarbures.
Les premiers ministres Danielle Smith et Mark Carney se sont entendus, sans la Colombie-Britannique, sur un projet de pipeline qui irait vers la côte britanno-colombienne. Des documents obtenus par CBC/Radio-Canada indiquent que l'Alberta étudie trois tracés possibles dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique et un vers le sud de la province.
Mme Siu‑Zmuidzinas estime que ce projet est un paradoxe, alors que les feux de forêt ravagent déjà certaines provinces et certains territoires, comme le nord de la Saskatchewan et le sud des Territoires du Nord-Ouest.
Notre premier ministre [du Canada] pousse pour des oléoducs qui sont destructeurs. Je veux dire, la Colombie-Britannique souligne présentement les cinq ans du dôme de chaleur qui a causé la mort d'environ 600 personnes. L'expansion de projets d'énergie fossile n'a aucun sens.
Elle croit qu'Ottawa devrait plutôt se concentrer sur les énergies renouvelables, comme l'éolien et le solaire, pour faire avancer l'économie canadienne.
C'est aussi ce que demande la cheffe du Parti vert de la Colombie-Britannique, Emily Lowan. Elle dénonce le fait que les négociations en lien avec ce projet de pipeline se sont faites sans le gouvernement de la Colombie-Britannique, les Premières Nations et les communautés touchées par le pipeline.
Après la signature de l'entente en novembre, l'Alberta a procédé à des consultations avec certaines communautés autochtones.
Emily Lowan craint que les Premières Nations soient forcées d'aller devant la justice, au lieu d'investir leur argent dans des projets renouvelables.
Elle donne en exemple la Première Nation Haïda à Haïda Gwaii, qui s'oppose au projet de pipeline albertain. Elle a lancé son projet Solar North, une centrale solaire de 2 mégawatts. Il s'agit du premier parc solaire entièrement détenu et exploité par des Autochtones dans une région non connectée au réseau électrique principal de la province.
Emily Lowan explique que Haïda Gwaii voulait se défaire de sa dépendance au carburant, qui lui coûte très cher, vu qu'il s'agit d'un territoire insulaire.
La cheffe verte craint aussi que la Colombie-Britannique soit utilisée comme monnaie d'échange politique.
[Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David] Eby pourrait utiliser ses projets de gaz naturel liquéfié pour obtenir plus de soutien d'Ottawa en échange d'un positionnement moins ferme contre le projet de l'Alberta.
David Eby a affirmé le 25 juin qu'un accord entre la Colombie-Britannique et Ottawa serait dévoilé au début du mois de juillet.
Le premier ministre britanno-colombien sera de retour de sa mission commerciale en Chine le 2 juillet, le même jour que le dépôt du projet d'oléoduc par l'Alberta.


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