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Autour du Mont-Saint-Michel, Lait Baie & Bocages veut faire de son ancrage territorial un atout commercial et multiplier les débouchés pour sécuriser les producteurs.
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Par Arnaud Marlet Publié le 22 oct. 2026 à 18h18
Après quinze années d’existence, l’organisation de producteurs (OP) Ouest’Lait devient Lait Baie & Bocages. Présentée aux éleveurs le mardi 20 octobre, cette nouvelle identité traduit une ambition : s’appuyer sur un territoire laitier historique pour mieux valoriser l’origine du lait et consolider les débouchés de ses adhérents.
« Le Mont-Saint-Michel est le trait d’union entre les Bretons et les Normands. Qui mieux que nous pour représenter l’image de la baie ? C’est nous, les exploitants, qui en façonnons le paysage », souligne Aude Gaillard, présidente de l’OP et productrice à Saint-Brice-en-Coglès, en Ille-et-Vilaine. « On est un territoire laitier historique et on veut le préserver collectivement. »
Lait Baie & Bocages rassemble aujourd’hui environ 300 exploitations, pour un volume annuel de 280 millions de litres. Parmi ses adhérents, 57 % sont installés en Ille-et-Vilaine et 40 % dans la Manche. Un collectif qui s’est resserré au fil des années, alors que l’ancienne organisation CLEPS comptait environ 800 producteurs. Pour ses responsables, l’enjeu est désormais de préserver ce volume de production tout en donnant davantage de poids aux éleveurs dans la commercialisation de leur lait.
Diversifier les acheteurs pour sécuriser les débouchés
Cette stratégie repose notamment sur Ouest’Lait Prod, une société commerciale créée en 2024. Le contentieux avec Savencia, qui ne souhaite plus signer de contrat-cadre avec l’OP, a accéléré cette démarche.

« Depuis plusieurs années, on se posait la question de la diversification, pour trouver d’autres clients et amener de la concurrence », explique Sébastien Fesnoux, producteur à Bazouges-la-Pérouse et président de la SAS. La structure achète le lait à l’OP avant de le commercialiser auprès des industriels. Ce transfert de propriété permet notamment d’appliquer une même politique de prix aux producteurs, quel que soit le client final.
Un premier contrat a été conclu en 2024 avec les Maîtres laitiers du Cotentin, portant sur 6,5 millions de litres par an pour six producteurs. En juillet 2026, Ouest’Lait Prod a franchi une nouvelle étape avec Danone, pour 50 millions de litres annuels et 42 producteurs. Au total, 48 éleveurs livrent désormais leur lait par l’intermédiaire de la SAS. Les autres adhérents de l’OP continuent de livrer Savencia.
La société organise la collecte avec un prestataire, contrôle la qualité et négocie les volumes ainsi que les formules de prix. Pour les producteurs concernés, le prix de base s’établissait à 463 euros les 1 000 litres en octobre, après 452 euros en septembre, selon la grille interprofessionnelle bas-normande citée par la SAS.
« Pour une OP, avoir plusieurs clients, c’est sécurisant », résume Sébastien Fesnoux. L’objectif est maintenant d’élargir encore les débouchés et de donner davantage de visibilité aux producteurs sur leurs perspectives commerciales.
Un levier pour faciliter les installations

Au Gaec Piron, à Parigné, cette diversification prend une dimension très concrète. Xavier Piron, installé en 1994 sur l’exploitation familiale, prépare l’arrivée de son fils Baptiste, qui doit s’installer à la fin de l’année. Après ses études agricoles, et quelques année de salariat, celui-ci a souhaité rejoindre son père. Pour donner davantage de place aux vaches laitières, un bâtiment destiné aux génisses a été construit en 2023.
L’exploitation a commencé à livrer son lait à Ouest’Lait Prod. « Comme Savencia ne voulait pas garantir un volume, c’est grâce à la SAS que l’installation a été possible pour sécuriser les banques », explique Xavier Piron. Au-delà de la sécurisation commerciale nécessaire au projet, l’éleveur apprécie de retrouver une capacité d’action sur la vente de sa production. « C’est aussi une satisfaction de reprendre la main sur la commercialisation et c’est une façon de mieux valoriser mon travail. »
Pour Lait Baie & Bocages, la nouvelle identité et l’outil commercial répondent ainsi à un même objectif : défendre collectivement les producteurs, pérenniser la production laitière sur le territoire et faire de son origine un argument de négociation. L’OP entend également ouvrir le dialogue avec les autres organisations de producteurs.
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