NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Un aéroport paralysé, des dizaines de milliers de touristes, hommes et femmes d'affaires bloqués, des images d'explosion dans les quartiers les plus huppés de la ville… L'image de Dubaï en a pris un coup ces derniers jours suite aux attaques de l'Iran sur son territoire. Et cette crise coûte cher à l'émirat, surtout depuis l'arrêt (quasi) total des vols de son aéroport international, le deuxième plus fréquenté au monde après Atlanta aux États-Unis. "C'est le véritable gagne-pain de Dubaï", analyse Wouter Dewulf, professeur en économie à l'Université d'Anvers.
Un million de dollars par… minute ?
Cette fermeture coûterait un million de dollars par… minute, selon certains médias se référant à des estimations des autorités locales datant de 2019. À l'époque, c'était un drone qui avait paralysé l'aéroport pendant une heure et la facture avait déjà été salée. Mais ces chiffres, Wouter Dewulf les estime "exagérés". "D'après mes calculs, cette perte est de 50 millions d'euros par jour. Il ne faut pas oublier que les touristes bloqués à Dubaï continuent de dépenser en ville. J'ai une amie sur place et elle me dit que tous les restaurants, les hôtels, les shoppings malls sont pleins."
"Imaginez un moment qu'un avion Emirates se fasse abattre en plein vol, ce serait une catastrophe absolue pour toute la région. Plus personne ne leur ferait confiance".
Reste que Dubaï veut sortir le plus vite possible de cette crise. Cette semaine, les autorités ont rouvert partiellement leur ciel pour effectuer quelques vols de rapatriement opérés par des compagnies commerciales. "Je trouve ces vols très risqués", commente un pilote expérimenté.
"Je suis certain qu'ils savent ce qu'ils font, qu'ils savent organiser des couloirs sécurisés pendant quelques heures, rétorque Wouter Dewulf. Imaginez un moment qu'un avion Emirates se fasse abattre en plein vol, ce serait une catastrophe absolue pour toute la région. Plus personne ne leur ferait confiance."
Nuir à l'image de Dubaï peut coûter cher
Cette image de stabilité et de sécurité, Dubaï y tient comme à la prunelle de ses yeux. Et elle veut la contrôler le plus possible, à l'heure des réseaux sociaux. Publier toute image, information ou rumeur "avec l'intention de nuire à l'image" de l'émirat est ainsi punissable d'une forte amende, de plusieurs dizaines de milliers d'euros, voire de peine de prison. Une campagne nationale a aussi été lancée pour "faire bannir tous les comptes sur la plateforme X qui répandent délibérément des rumeurs et des mensonges" sur le conflit actuel.
La folie Dubaï, pour le meilleur et pour le pireIl est ainsi difficile de trouver des résidents critiquant ouvertement la famille régnante Al Maktoum, au pouvoir depuis 1833. "Il y a certainement des gens qui ont à redire sur la gestion de cette crise, mais moi j'ai l'impression que le gouvernement fait tout pour nous protéger", explique Arnaud Meulemeester, qui s'occupe du développement international du studio d'art digital belge Dirty Monitor.
"On voit finalement qu'en cas de problème dans un pays voisin, on se retrouve dans une île dont il est impossible de s'échapper"
L'homme, qui vient tous les deux mois à Dubaï, est actuellement bloqué dans la ville qu'on surnomme "la Suisse du Moyen Orient". "La bulle de protection dont Dubaï se targue – et qui est une réalité – a éclaté", conçoit le jeune Belge. "On se croyait être dans l'endroit le plus sûr du monde. Mais on voit finalement qu'en cas de problème dans un pays voisin, on se retrouve dans une île dont il est impossible de s'échapper."
Cette promesse de stabilité et de sécurité – en plus du paradis fiscal – c'est justement ce que l'émirat met en avant pour attirer ces étrangers, de plus en plus nombreux à poser leurs valises à Dubaï. Avec plus de 80 % de sa population née à l'étranger, la ville de quatre millions d'habitants est la plus cosmopolite au monde, devant Bruxelles.
À Dubaï, les barons de la drogue sont mis sous pression par le conflit au Moyen-OrientUne sorte de mirage dans une région historiquement explosive. "Il n'y a pas de racisme ici, poursuit M. Meulemeester. On voit des gens du monde entier, de toutes religions, se côtoyer de manière paisible. Il y a beaucoup de libertés : l'alcool y est, par exemple, autorisé quasiment partout maintenant." Le Carolo sourit. "Pour moi, c'est une ville de science-fiction, utopique où tout est beau et moderne."
"S'il existe une criminalité à Dubaï, c'est une criminalité en col blanc. Des bonnes comme des mauvaises personnes viennent y placer leur fortune et il y a du blanchiment d'argent".
D'après lui, Dubaï est "le paradis pour beaucoup de monde" : les sportifs, les familles, les entrepreneurs, les stars, les gens riches, les influenceurs… "On parle beaucoup de ces derniers car ils font beaucoup de bruit, mais ils ne représentent qu'une partie minime des expatriés."
Peu regardant sur l'origine de l'argent
Mais il n'y a pas que le soleil qui attire toute cette population : la fiscalité à Dubaï est minime, voire inexistante pour le revenu des personnes physiques. Les Émiratis ont compris, depuis longtemps, qu'ils devaient diversifier au maximum leur économie pour ne pas dépendre du seul pétrole, comme beaucoup de leurs voisins. Avec succès, puisque l'or noir ne représente quasiment plus rien comme manne financière pour l'émirat.
Mais pour y arriver, les autorités n'ont pas été très regardantes sur l'afflux d'argent qui arrivait sur leur territoire. "S'il existe une criminalité à Dubaï, c'est une criminalité en col blanc, reprend le cadre belge. Des bonnes comme des mauvaises personnes viennent y placer leur fortune et il y a du blanchiment d'argent. Mais la situation s'améliore : Dubaï a été retiré de la liste noire de l'Union européenne. Je dirais qu'on est en zone grise."
Une ville à deux visages
Une zone grise dont profitent beaucoup de trafiquants de drogue internationaux, venus s'installer ces dernières années dans l'émirat. Les autres côtés sombres de Dubaï sont connus : l'empreinte écologique de ce développement est désastreuse et la ville a un double visage.
Bien loin des quartiers huppés, une grande partie des expatriés, souvent sous-payés, logent dans des conditions plus précaires. Il s'agit des centaines de milliers de "petites mains" ouvrières venues du sous-continent indien pour assurer la construction de Dubaï. "Je suis conscient que cela existe aussi à Dubaï, même si ces personnes sont beaucoup mieux payées qu'elles ne le seraient dans leur pays d'origine", relate Arnaud Meulemeester.
Chaos dans le ciel du Golfe : des centaines d'avions cloués au sol dans les énormes hubs aériens de Dubai ou DohaPetit port de pêche devenu en quelques dizaines d'années un centre mondial d'affaires, un géant immobilier et du tourisme avec le plus grand hub aérien international au monde, Dubaï résistera-t-il à ce nouveau choc ? Tout dépendra de la longueur de la crise, selon Wouter Dewulf. "En ce qui concerne l'aérien, si l'aéroport de Dubaï rouvre complètement cette semaine, les voyageurs vont vite oublier, insiste le professeur. C'est comme avec une grève chez Ryanair, les gens disent : 'plus jamais avec eux', mais quelques semaines après ils rachètent un billet."
Combien de temps va durer la crise ?
Par contre, l'impact pourrait être "considérable" si cette crise devait durer "un ou deux mois". "Pour beaucoup de voyageurs européens, passer par Dubaï ou un autre hub du Golfe pour se rendre plus à l'est en Asie est devenu le premier choix : les prix de ces compagnies sont bas et leur service est bon", développe M. Dewulf. Mais si ces voyageurs se rendent compte que ce choix est risqué, ils n'hésiteront pas une seconde à choisir une autre option. Cela pourrait avoir des conséquences énormes pour l'économie de Dubaï."
Tant que la guerre durera, c'est l'ensemble des vols vers l'Asie qui verront leurs prix s'envoler, rajoute le spécialiste. "C'est aussi pénalisant pour notre économie car nous n'avons plus d'accès rapides à des marchés importants, comme le Vietnam ou l'Indonésie."
"Je leur fais totalement confiance"
Arnaud Meulemeester est, lui, plus optimiste. "Je comprends que les gens qui ont été bloqués ici en transit ne feront pas spécialement la pub de Dubaï à l'étranger. On sent aussi que certains nouveaux arrivants sont plus critiques et veulent partir, lance-t-il. Mais pour ceux qui, comme moi, sont là depuis longtemps, cela nous conforte à rester ici. On a vécu le Covid, cette crise actuelle et, à chaque fois, on a senti que le gouvernement gérait très bien ces situations critiques."
L'entrepreneur belge dit "faire totalement confiance" aux autorités locales. "Ils ont une vision à long terme qui est cohérente. En Europe, beaucoup se sont moqués des projets pharaoniques qu'étaient la tour Burj Khalifa ou les îles artificielles. Mais on voit que ce sont désormais des véritables moteurs économiques pour Dubaï, que cela attire énormément de touristes et d'argent. Le Dubai Mall est, par exemple, le lieu le plus fréquenté de tout le Moyen-Orient."
Le sera-t-il encore après la fin de cette guerre avec l'Iran ? Lundi, le Sheikh Hamdan Al Maktoum, prince héritier de la couronne, s'est empressé, tout sourire, de visiter ce haut lieu du shopping dans la région. Alors même que son émirat faisait face à des tirs iraniens. L'importance des images, on vous le disait.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


3 month_ago
118


























.jpg)






French (CA)