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Incendies en France: la délicate sécurisation de la forêt de Fontainebleau, prélude à une lente reconstruction

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En France, la forêt de Fontainebleau a subi en juillet des incendies qui ont ravagé environ 2 000 hectares du massif forestier, soit 10% de sa surface totale. L'Office national des forêts (ONF) est revenu dans les zones ravagées par les flammes pour faire un état des lieux. Alors que les reprises des feux menacent, la sécurité et la vigilance sont de mise et la reconstruction désormais centrale.

Un sol de cendres, des arbres morts... Dans ce paysage de désolation, Franck et Clément, bûcherons, tronçonnent un feuillu qui menace de s'effondrer. Un geste qu'ils répètent depuis leur retour dans la forêt qu'ils connaissent bien. « Trente-huit ans que je travaille en forêt de Fontainebleau. Je pense que je ne reverrai plus la forêt comme elle était avant. On a été mandatés il n'y a pas longtemps. La sécurisation des bords de route et de l'autoroute en priorité », confie Franck.

La sécurisation des lieux est toujours en cours et quand la tronçonneuse se tait, l'état de la faune les bouscule quelque peu. « C'est vraiment trop calme. C'est ça qui est le plus bizarre. Il n'y a pas d'oiseaux. Cela fait bizarre. Mardi, quand je suis arrivé, une biche était en train de mourir, brûlée par le feu et en sous-nutrition », témoigne-t-il.

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À proximité, Claire Nowak, de l'Office national des forêts (ONF) et responsable de l'unité territoriale de Fontainebleau, scrute de près « des opérations dangereuses qu'il faut confier à des bûcherons spécialisés, parce qu'on ne sait pas comment le bois brûlé va réagir ». « On ne sait pas à quel point le bois a été modifié par la chaleur. Parfois, on a même des arbres qui, à l'intérieur, sont encore en feu et on ne le voit pas de l'extérieur. C'est un chantier à laisser à des professionnels, évidemment. L'odeur est toujours là, encore très forte. Cela va persister tout autour de nous. C'est de la cendre. Encore une fois, cela continue de brûler à certains endroits au niveau du sous-sol. Malheureusement, ce n'est pas fini », souligne-t-elle, en regardant un camion-citerne « qui se rend sans doute sur le lieu d'une fumerolle ou d'une reprise ».

Les pompiers sont les seuls autorisés sur la zone sinistrée, tout comme l'Office national des forêts. Dans sa voiture, Julien Simon, chef de service Forêts de l'ONF Île-de-France et correspondant Défense des forêts contre les incendies (DFCI), analyse les risques : « Depuis le 12 juillet, les deux feux sont fixés, mais ils ne sont pas considérés comme étant éteints parce qu'à tout moment, on sait que ça peut repartir. Donc on prie pour avoir de la pluie, de façon à essayer de réellement noyer les foyers résiduels pour pouvoir enfin déclarer ce feu comme éteint », précise-t-il.

Les reprises de feu sont encore possibles. C'est ce qu'on appelle un « feu zombie », comme l'indique Claire Nowak. « En raison de la présence de cette végétation particulière, cette tourbe, le feu continue à brûler en sous-sol. On a régulièrement des points qui sont mesurés à caméra thermique à 150°C au niveau de la surface du sol, et 400°C en profondeur. C'est un feu que l'on appelle un feu zombie qui va continuer à brûler jusqu'à ce qu'il y ait une pluie forte », détaille-t-elle.

La saison des feux est encore loin d'être finie. Après seulement, la phase de reconstruction va s'enclencher. Et le chantier sera long, avec le réchauffement climatique en perspective. « Les feux de ce type vont revenir. On a besoin de comprendre comment il s'est comporté pour pouvoir mieux lutter. Et penser à l'avenir de cette forêt en termes d'aménagement du territoire. En raison des sols très sableux, il y a une grosse dominante de pins. Quand on brûle un pin, ce qui repousse, c'est du pin. Donc on sait que si on ne replante pas, on aura une forêt de pins qui risque de rester très combustible à l'avenir. Il y a sans doute un rôle à jouer avec la plantation pour venir diversifier les peuplements forestiers », souligne Julien Simon.

Cette sécurisation n'est pas synonyme de réouverture prochaine des sites touchés, loin de là. Selon l'ONF, il faudra une année avant de permettre à nouveau l'accès des zones sinistrées au public.

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