NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Lorsqu'il était jeune journaliste spécialisé dans les affaires criminelles au Los Angeles Times, Michael Connelly admirait les enquêteurs capables de poursuivre une affaire sur la durée, bien après que les indices se soient refroidis. Il les décrivait comme des hommes «intrépides et infatigables», pour qui le renoncement n'était pas une option. Cette détermination a largement inspiré Harry Bosch, le célèbre détective qu'il a créé et utilisé dans de nombreux romans.
Dans l'un d'eux, un capitaine explique à Bosch qu'une ville qui oublie ses victimes est une ville perdue. La formule a tellement marqué certains policiers de Los Angeles qu'ils l'ont faite inscrire sur une plaque installée dans l'unité des affaires non résolues de la police municipale. Lorsque les bureaux ont déménagé, les enquêteurs ont offert la plaque à Connelly.
NEWSLETTER
Recevez le meilleur de Slate directement dans votre boîte mail.
À 70 ans, l'écrivain est devenu l'un des auteurs américains de polars les plus populaires au monde avec plus de quarante ouvrages publiés et environ 90 millions d'exemplaires vendus. Dans son bureau lumineux des Hollywood Hills, des affiches rendent hommage aux acteurs ayant incarné ses personnages, notamment Titus Welliver dans le rôle de Bosch, Matthew McConaughey dans celui de Mickey Haller et Maggie Q dans celui de Renée Ballard.
Connelly a quitté depuis longtemps les nuits passées au Short Stop, un bar fréquenté par les policiers d'Echo Park. Pourtant, son obsession demeure intacte: une ville ne peut véritablement tourner la page tant qu'un meurtre reste inexpliqué. C'est pourquoi, lorsque d'anciens policiers et collaborateurs de confiance lui ont affirmé qu'un enquêteur amateur de Virginie-Occidentale avait résolu le meurtre le plus célèbre de l'histoire de Los Angeles, il a décidé de reprendre l'affaire comme au temps de ses débuts de journaliste. Le New York Times revient sur cette étrange affaire qui fait couler beaucoup d'encre, et ce depuis des décennies.
D'une pierre deux coups?
Cette enquête de Connelly a donné naissance au podcast Killer in the Code. Sa deuxième saison s'intéresse à l'hypothèse selon laquelle Marvin Margolis, un ancien infirmier militaire de la Seconde Guerre mondiale, pourrait être responsable de deux crimes emblématiques de Californie: le meurtre d'Elizabeth Short, surnommée le «Dahlia noir», en 1947, et les cinq assassinats attribués au tueur du Zodiaque dans la région de San Francisco à la fin des années 1960.
Connelly affirme n'avoir aucun doute sur la culpabilité de Margolis et juge les éléments réunis «totalement convaincants». Pourtant, cette thèse est loin de faire l'unanimité. Margolis avait déjà été évoqué comme suspect dans l'affaire Elizabeth Short, mais jamais avec une telle assurance. Son rapprochement avec les crimes du Zodiaque est, lui, entièrement nouveau et a provoqué une vive réaction dans la communauté des passionnés de faits divers.
Le point de départ de l'enquête est le travail d'Alex Baber, un autodidacte obsédé par les cryptogrammes envoyés par le tueur du Zodiaque aux journaux. Avec l'aide de l'intelligence artificielle, Baber affirme avoir résolu le célèbre code Z13, composé de seulement treize caractères. Après avoir examiné des dizaines de millions de noms possibles, il aurait identifié Marvin Merrill, un pseudonyme utilisé par Marvin Margolis.
Le parcours de Margolis nourrit également cette théorie. Ancien infirmier de combat, il aurait été profondément marqué par la bataille d'Okinawa, au cours de laquelle il serait resté enseveli pendant près de 24 heures. Après la guerre, il aurait suivi des cours de médecine, pratiqué des dissections et vécu avec un ancien cryptographe militaire. Elizabeth Short aurait séjourné chez eux pendant douze jours, quelques semaines avant sa mort. En 1949, un enquêteur de la police de Los Angeles le décrivait déjà comme un suspect «possiblement très sérieux», même s'il n'a jamais été inculpé.
Des spécialistes pas bien convaincus
Elizabeth Short avait 22 ans lorsqu'elle a été retrouvée morte, le 15 janvier 1947, dans un terrain vague du quartier de Leimert Park. La presse s'était emparée de l'affaire, exposant son corps mutilé en une, et donnant naissance au surnom du «Dahlia noir». Pour Connelly, cette légende a souvent éclipsé la réalité d'une jeune femme vulnérable, seule et confrontée à une violence extrême. Il estime que l'affaire continue de hanter Los Angeles parce qu'elle incarne le destin de ceux qui viennent dans la ville avec l'espoir d'y trouver une nouvelle vie.
Les critiques sont toutefois nombreuses: des spécialistes de l'affaire contestent la solidité des preuves avancées par le romancier, tandis que des cryptographes jugent le code Z13 trop court pour permettre une solution fiable. David Oranchak, qui avait participé au déchiffrement d'un autre message du Zodiaque, accuse l'équipe du podcast de sélectionner les indices favorables à sa théorie, mettant de côté tout le reste. D'autres chercheurs soutiennent que Margolis se trouvait ailleurs au moment des crimes du Zodiaque et que son changement de nom pouvait s'expliquer par l'antisémitisme de l'époque plutôt que par une volonté d'échapper à la police.
Malgré ces objections, Connelly assume le risque pris pour sa réputation. La police de Los Angeles examinerait actuellement certains éléments médico-légaux susceptibles de relier Margolis au meurtre d'Elizabeth Short, même si les autorités n'ont pas confirmé officiellement cette information.
Près de 80 ans après les faits, le mystère demeure entier. Pour Connelly, l'objectif est pourtant clair: raviver l'attention, faire émerger un nouvel indice et, peut-être enfin, rendre à Elizabeth Short son statut de victime réelle, trop souvent effacé par le mythe qui s'est construit autour de cette tragique affaire.





























.jpg)






French (CA)