La vie qui surgit au moment où la mort frappe. Alors que Beyrouth est sous les bombes, Nino et Yasmina naissent à une minute d’intervalle dans le même hôpital de la capitale libanaise. Ils ne le savent pas encore, mais c’est comme si leurs premiers cris de nouveau-nés qui ne connaissent encore rien du monde, alors que résonnent les hurlements d’une population qui a peur, les avaient à tout jamais liés.
Il y a dans les premières minutes d’Un Monde fragile et merveilleux, premier long métrage de fiction du documentariste Cyril Aris, une maîtrise formelle et narrative qui instantanément nous saisit. Après que des images d’archives ont posé le contexte d’un pays à l’histoire douloureuse mais qui rêve en même temps de conquête spatiale, le réalisateur libanais passe de l’effervescence de l’hôpital à celle d’un restaurant. C’est celui de Nino, qui s’est spécialisé dans des plats italo-libanais aux noms évocateurs, comme cette «fontana de houmous» ou ce «kefta alla polpette».


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