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Le gala culturel des Jeux de l’hiver de l’Arctique a rassemblé neuf contingents du Nord circumpolaire qui ont captivé l’audience en célébrant leur identité et leur créativité.
Jeudi et vendredi, une quarantaine de jeunes sont montés sur la scène du Centre des arts du Yukon à Whitehorse pour présenter diverses performances.
Ils ont offert du chant traditionnel, comme le joik sami et le chant de gorge inuit, ainsi que des danses variées, allant du pow-wow et de la gigue de la rivière Rouge à des chorégraphies mêlant jazz et hip-hop.
Ils viennent de l’Alaska, du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest, du Nord albertain, du Nunavut, du Nunavik, ainsi que du Labrador, du Kalaallit Nunaat (Groenland) et de la région du Sápmi (Norvège, Suède et Finlande).
Les Jeux d'hiver de l’Arctique sont plus qu’une compétition sportive et englobent un important volet culturel où les villes hôtes et les délégations mettent en valeur les arts, les traditions nordiques et autochtones.
Le gala, dont les billets se sont envolés rapidement, est le clou de ces célébrations artistiques.

L'équipe du Nunavik s'est inspirée des constellations pour son spectacle.
Photo : Jeux d'hiver de l'Arctique / Thorsten Gohl
Sarali Angnatuk est de l’équipe du Nunavik, qui compte six jeunes. Elle dit que leur spectacle s’inspirait des constellations visibles au-dessus de leur région. L’idée vient de notre coach et on a tous discuté ensemble pour voir lesquelles on voulait inclure, dit-elle.
Ils ont par exemple choisi l’Ursa Major, la Grande Ourse, qui, pour eux, symbolise un caribou et une autre constellation de trois étoiles représentant, selon un mythe local, des chasseurs poursuivis par un ours polaire.
Chants de gorge et danses du tambour, ainsi que lancers de boules lumineuses et acrobaties dans les airs, ont ainsi rythmé leur interprétation du patrimoine céleste sur fond de lumière bleue.
Sarali Angnatuk se réjouit d’avoir enfin pu apprendre, grâce à sa participation aux Jeux, certaines pratiques traditionnelles avec l’aide de ses coéquipiers. Je l’apprécie vraiment, dit-elle.
Plein la vue
La délégation culturelle du Nord albertain, elle, en a mis plein la vue aux spectateurs avec un pow-wow, ancré dans les traditions de communautés autochtones.

L'équipe d'Alberta Nord a présenté un pow-wow.
Photo : Jeux d'hiver de l'Arctique / Thorsten Gohl
Inti Burnham, a montré ses talents en danse libre traditionnelle, Fancy Dance en anglais, dans un costume multicolore, chargé de perles, de plumes et de rubans. C’est une danse vraiment exigeante. C’est très athlétique. Il faut beaucoup d’endurance et beaucoup d’entraînement, dit-il.
Ma tenue traditionnelle a été entièrement réalisée par mes parents et moi [...] Ma mère a fait l’habit et les perles, mon père et moi avons fabriqué les plumes, la houppe [NDLR : une coiffure] et ce genre de choses. Tout a été fait avec amour.
Inti Burnham raconte que lui et ses cinq amis ont grandi ensemble et qu’ils se sont inscrits pour participer comme délégation culturelle aux Jeux. Il dit que ça a été un gros choc de savoir qu’ils ont été sélectionnés et qu’ils ont travaillé fort pour mettre sur pied leur spectacle. Il décrit son expérience aux Jeux comme étant hors du commun.
Répéter virtuellement
Seules deux jeunes filles ont représenté le Labrador. Le duo Nunatsiavut a interprété des hymnes vibrants créés par des auteurs locaux à travers des chants traditionnels, tambours et danses inuites.

Les deux jeunes filles représentant le Labrador n'ont pas beaucoup joué en présentiel avant le gala.
Photo : Jeux d'hiver de l'Arctique / Thorsten Gohl
Un défi majeur s’est pourtant posé à elles durant les répétitions : tout était en virtuel, n’habitant pas la même communauté. Elles ont chanté pour la première fois ensemble environ trois jours avant le spectacle, affirme l’une des membres du duo, Brooklyn Wolfrey-Allen.
Répéter virtuellement, ce n’est pas pareil parce qu’on n’entend pas sa voix et celle de l’autre au même endroit en même temps, c’était difficile, explique-t-elle.
Sa partenaire, Teagan Michelin, a joué pour la première fois de la guitare devant un large public et affirmé qu’elle était pas mal excitée.
Entre traditions et modernité
Les six danseurs du Yukon, eux, dansent ensemble depuis longtemps avec le centre communautaire Heart of Riverdale. Durant le gala, ils ont mélangé danse contemporaine, hip-hop et jazz et présenté une chorégraphie inspirée de ce que la vie à Whitehorse signifie pour eux.

Danse contemporaine, hip-hop et jazz étaient au coeur du spectacle de la délégation culturelle du Yukon.
Photo : Jeux d'hiver de l'Arctique / Thorsten Gohl
Ce mélange [de danses] montre une forme de connexion, dit Jackson Birss. Mais si on creuse un peu plus, ça représente surtout la connexion entre la communauté et les personnes qui nous entourent.
L’équipe du Kalaallit Nunaat y est allée d’une exploration identitaire et spirituelle où les jeunes artistes ont incarné des figures symboliques, comme l'ours polaire, le corbeau et les aurores boréales.
La région du Sápmi a présenté une prestation mêlant notamment un film sur l’élevage de rennes et un chant traditionnel joik, l’une des plus anciennes traditions musicales vivantes d’Europe.

La région du Sápmi a présenté un spectacle inspiré de sa culture, qu’elle décrit comme magique.
Photo : Jeux d'hiver de l'Arctique / Thorsten Gohl
L’Alaska, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut ont aussi présenté des spectacles hauts en couleur et en son, ancrés dans les traditions, la nature et un héritage à partager.
Les Jeux se terminent samedi avec la cérémonie de clôture qui battra son plein sur la rue Main dans le centre-ville de Whitehorse de 15 h 30 à 18 h, heure locale.


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