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Le départ annoncé de la radiologue interventionnelle Alessandra Cassano-Bailey du Centre des sciences de la santé (HSC), à Winnipeg, soulève des inquiétudes au sein de la communauté médicale manitobaine.
Dans une lettre adressée à la direction de Soins communs et d’ActionCancer Manitoba, 14 médecins et membres du personnel médical qualifient sa démission de nouvelle dévastatrice pour les patients et le système de santé.
Selon les signataires, la spécialiste a consacré plusieurs années à tenter d'implanter au Manitoba un traitement avancé contre certains cancers du foie, sans succès. Ce sera une perte énorme pour la province, écrivent-ils, ajoutant que le Manitoba risque de continuer à perdre des professionnels compétents si les frustrations persistent.
Une expertise rare
La Dre Cassano-Bailey est reconnue pour avoir contribué à l'introduction de nouvelles procédures en radiologie interventionnelle, une spécialité qui utilise l'imagerie médicale pour réaliser des interventions peu invasives. Elle n’a pas expliqué les raisons de son départ.
Le chef de section en hépatologie à l'Université du Manitoba, Dr Kelly Kaita, estime que peu de médecins possèdent une expertise comparable.
Sans elle, nous devrons probablement envoyer certains patients à l'extérieur de la province, voire à l'extérieur du pays
Le médecin s'inquiète également de la pression qui pèse sur les spécialistes toujours en poste. Selon Docteurs Manitoba, il ne restera que cinq radiologues interventionnels spécialisés dans les interventions corporelles après ce départ. L'organisme estime que la province en aurait besoin d'au moins neuf pour répondre adéquatement à la demande.
Un traitement toujours absent au Manitoba
Au cœur des frustrations figure un traitement appelé radioembolisation transartérielle (TARE), utilisé pour certains cancers du foie. Cette intervention consiste à administrer directement des radiations à une tumeur, tout en bloquant son apport sanguin.
D'après les médecins, les patients manitobains doivent actuellement être dirigés vers l'Alberta pour recevoir ce traitement. Dans leur lettre, les signataires affirment que malgré plusieurs demandes et années de démarches, rien n'indique encore que ce service sera offert prochainement au Manitoba.
Ils craignent que cette situation nuise à l'accès aux soins pour les patients atteints de cancers hépatiques.
Un défi de rétention plus large
Le départ de la Dre Cassano-Bailey met également en lumière les difficultés du Manitoba à conserver ses spécialistes. Selon Docteurs Manitoba, la province affichait en 2024 le deuxième pire taux de rétention des médecins au pays.
L'organisme soutient aussi que le Manitoba compte le plus faible nombre de radiologues par habitant au Canada et qu'il lui manquerait une dizaine de spécialistes supplémentaires pour atteindre la moyenne nationale.
Nous devons former nos médecins ici et retenir ceux que nous avons, souligne le Dr Kaita.
Je peux vous dire par expérience qu'essayer de recruter des médecins hautement spécialisés au Manitoba est une tâche difficile.
Originaire du Manitoba et diplômée de l'Université du Manitoba, la Dre Cassano-Bailey représentait pourtant le type même de spécialiste que la province espère conserver à long terme. Son départ ravive aujourd'hui les questions sur la capacité du système de santé à retenir les talents qu'il forme.
Avec les informations d'Arturo Chang


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