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Une des dernières familles avec des enfants d'âge scolaire prévoit quitter Godbout cet automne. Inquiet pour la survie du village, le maire réclame une fois de plus la réouverture de l’école primaire afin de freiner la dévitalisation.
C’est une des raisons pour lesquelles la famille a décidé de plier bagage, en plus du manque de vie sociale et d’accès aux sports. Après son départ, ajoute le maire Guy Côté, il ne restera plus qu’un enfant d’âge scolaire dans la municipalité.
Cet enfant doit parcourir environ 50 minutes de route, matin et soir, pour rejoindre l’école la plus proche, située à Baie-Comeau. Des parents nous disent que tant que l'école ne sera pas ouverte, ils ne viendront pas s'installer ici parce qu'ils ne veulent pas que leurs enfants voyagent, déplore l'élu.

Godbout se situe à une soixantaine de kilomètres de Baie-Comeau.
Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau
Ce combat ne date pas d’hier pour le maire. Déjà en 2023, Guy Côté se mobilise pour préserver l’établissement. Après deux ans de suspension des cours, l’école a officiellement fermé ses portes en mars dernier.
Entre maintien des services et viabilité
Guy Côté dénonce le manque de dialogue avec le Centre de services scolaire (CSS) de l’Estuaire. On veut revitaliser notre municipalité, puis d'un autre côté, nos organisations, comme [le CSS], font en sorte que nos petites municipalités se vident, estime-t-il.
C'est un non-sens pour la municipalité.
Le CSS de l’Estuaire défend sa décision en rappelant que le déclin du village était déjà bien entamé avant la fermeture de l’école. C'était le dernier service public : la caisse populaire était fermée, le bureau de poste était fermé, les commerces étaient fermés, remarque la directrice générale, Nadine Desrosiers.

Le bâtiment de l'école continue de servir la communauté en accueillant le CLSC, la bibliothèque et plusieurs activités du village.
Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin
Elle affirme qu’un seuil minimal de 15 élèves inscrits est nécessaire afin d’assurer des services de qualité. Selon elle, maintenir les services pour un seul élève ne serait pas viable sur le plan financier. Toutefois, une réouverture pourrait être envisageable si jamais la population augmente.
Sortir du cercle vicieux
Les services ferment parce qu’il n’y a plus assez de population, et les gens quittent parce qu’il n’y a plus de services. Un problème qui s’auto-alimente, déplore le préfet de la MRC de Manicouagan, Guillaume Tremblay. Il entend interpeller le nouveau gouvernement provincial au sujet des enjeux démographiques qui touchent la région dans son entièreté.
Que peut-on mettre en place pour être capables d'avoir plus de rétention et d'attraction, partout sur le territoire, mais notamment dans nos petites municipalités? demande-t-il.
Guillaume Tremblay espère que l’arrivée d’entreprises, comme Aquaboreal à Baie-Trinité, insufflera un nouveau dynamisme et encouragera de nouvelles familles à s’installer dans des localités voisines, comme Godbout.


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